La Voie Verte avant tout !
26/10/2012

L’ULg soutient activement la Voie Verte de l’Open Access, au niveau institutionnel bien sûr avec ORBi, mais également sur le plan belge et européen. La Voie verte permet aux scientifiques de publier où ils le désirent tout en rendant une copie de leurs publications accessibles à tous via des répertoires ou archives ouvertes.

Pourquoi cet engagement dans la Voie Verte ?

  • Elle permet une meilleure visibilité des structures de recherches, des chercheurs et surtout, de la recherche francophone.
  • Elle est la seule qui soit financièrement viable à long terme pour les institutions.
  • C’est le modèle le plus juste pour favoriser une large diffusion des publications scientifiques, sans qu’un fossé ne se creuse entre les différents domaines de recherche, laboratoires ou universités.
  • Elle permet aux universités et autres institutions mettant au point des systèmes de dépôt de développer des outils et services à forte valeur ajoutée autour de ceux-ci, ainsi que de nouveaux indices de mesure d’impact pour leurs chercheurs.
  • Grâce à elle, les chercheurs et les institutions ont la possibilité de conserver les publications issues de leurs recherches de manière pérenne.
  • Les chercheurs peuvent, grâce à la Voie verte, être eux-mêmes actifs dans la diffusion de leurs publications.


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Et la Voie d’Or ? L’ULg considère que la Voie d’or, qui consiste à publier directement dans des revues en Open Access, n’est que complémentaire à la Voie verte. Très séduisante lorsque ces périodiques sont portés par de véritables défenseurs de l’Open Access qui ne demandent aux auteurs que des frais de publication limités ou même nuls (cf les revues hébergées par PoPuPS), cette voie peut vite devenir une arme à double tranchant lorsqu’elle est reprise par des acteurs cherchant à réaliser du profit.

Ainsi, elle est malheureusement de plus en plus assimilée au modèle « auteur-payeur » avec des coûts par article demandés aux auteurs devenant véritablement prohibitifs (entre 1000 et plus de 3000€/article !). Une véritable aubaine financière pour les éditeurs commerciaux mais aussi pour de nouveaux acteurs peu scrupuleux qui profitent de cette opportunité pour développer un business très lucratif … au détriment des chercheurs et des institutions ! Si des limites ne sont pas posées, cette solution pourrait rapidement s’avérer plus coûteuse encore pour les institutions que le modèle commercial. Tout bénéfice pour d’autres ! Certains éditeurs commerciaux n’hésitent donc pas à faire du lobbying actif afin que les modèles les plus rentables pour eux soient largement favorisés.

Ces actions mettent donc en danger la véritable philosophie de l’Open Access :

  • Aux Etats-Unis, le Research Work Act, soutenu par l’association des éditeurs américain, l’AAP, et la Copyright Alliance, visait à restreindre l'accès gratuit aux publications scientifiques en laissant ce choix aux seuls éditeurs. (voir « Le Research Works Act: une menace pour l’Open Access »).
  • Au Royaume-Uni, suite à la publication du rapport Finch, le gouvernement britannique a affirmé son soutien à l’Open Access pour la publication de recherches financées par des fonds publics… mais via la Voie d’Or. Ce qui pourrait entraîner in fine, pour certaines universités, une augmentation des dépenses !
  • En Allemagne, l’agence principale de financement de la recherche (la Deutsche Forschungsgemeinschaft, DFG), dans un rapport publié en juillet 2012, fait également le choix de privilégier la Voie d’or !


Pour toutes ces raisons, L’Université de Liège considère qu’un nouveau concept doit être développé pour assurer à la Voie d’or un véritable rôle complémentaire à la Voie verte : le concept de « Fair gold ». Il s’agit d’établir un modèle permettant de définir les coûts raisonnables liés au « peer reviewing » et à la publication en OA qu’une revue peut faire supporter par l’auteur sans en tirer de bénéfice plantureux.

L’Université de Liège n’est pas la seule à privilégier la Voie verte. Par exemple :

  • Position de l’ADBU (Association française des directeurs de bibliothèques)
    Le 24 octobre 2012, l’ADBU prenait une position claire et forte en faveur de la Voie verte

  • Position de l’Union Européenne
    L’UE privilégie la Voie verte comme moyen de dissémination des recherches qu’elle finance, la Voie d’or n’étant acceptable que dans certaines conditions. En ce qui concerne le modèle hybride, ou Open choice, il ne sera soutenu en aucun cas.

    La recommandation de l’UE « Pour un meilleur accès aux informations scientifiques » définit les objectifs en matière de libre accès pour « l’Horizon 2020 », le programme de financement de la recherche et de l’innovation de l’UE:

    • 2014 : des politiques de libre accès aux articles et données scientifiques devront avoir été établies dans tous les États membres à tous les niveaux pertinents.
    • 2016 : le pourcentage d'articles scientifiques sur des travaux financés par des fonds publics disponibles en libre accès dans l’UE devra être passé de 20 % à 60 %.
    • 2020 : 100 % des publications scientifiques issues d’Horizon 2020, devront être disponibles en libre accès.
  • Des objectifs ambitieux rendus possibles par différentes mesures, notamment la mise en place d’une archive ouverte Européenne OpenAIRE avec laquelle ORBi est compatible.