Reference : Dynamique des transactions foncières et vulnérabilité rurale au Niger : cas des commu...
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Life sciences : Environmental sciences & ecology
http://hdl.handle.net/2268/98614
Dynamique des transactions foncières et vulnérabilité rurale au Niger : cas des communes rurales de Tchadoua et Yaouri
French
[en] Dynamics of the land transactions and rural vulnerability in Niger: case of the rural communes of Tchadoua and Yaouri
Lawali Mani, Sitou mailto [Université de Liège - ULg > > > Doct. sc. (sc. & gest. env. - Bologne)]
9-Sep-2011
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Doctorat en Sciences
252
Mormont, Marc mailto
YAMBA, Boubacar mailto
Stassart, Pierre M mailto
Wautelet, Jean Marie mailto
LAURENT, Pierre-Joseph mailto
Toudou, Adam mailto
[fr] foncier, transaction foncière, exploitation agricole, code rural, insécurité, conflits, vulnérabilité, Niger, Maradi, Zinder
[en] Land, farm, land transaction, rural code, insecurity, conflicts, vulnerability, Niger, Maradi, Zinder.
[en] Résumé
Au Niger, l’agriculture est la principale activité des populations rurales. Malheureusement, l’accès à la terre devient de plus en plus difficile aux agriculteurs dans le centre-sud du pays. Cette zone est confrontée à la saturation de l’espace et l’émergence des transactions foncières dont les causes, le processus et les impacts sur les ménages agricoles sont peu connus. L’étude menée dans les communes rurales de Tchadoua et Yaouri visait à analyser la dynamique des transactions en lien avec la vulnérabilité rurale en termes des enjeux d’accès et de gestion des terres, mais aussi de leur sécurisation.
La problématique a été étudiée suivant une approche pluridisciplinaire. Les analyses (quantitative et qualitative) ont été effectuées sur la base des données collectées dans les terroirs villageois de Maijanguero et Gomba à travers des fiches d’enquêtes et des entretiens semi-structurés sur un échantillon de 30% des ménages. Nous avons aussi procédé à l’observation participante des pratiques agricoles et la consultation de plusieurs sources de documentations. Les entretiens ont aussi concerné les autorités administratives et coutumières, les membres des commissions foncières, les intermédiaires des transactions.
Les résultats obtenus montrent que les problèmes d’accès et de gestion des terres dans ces zones agricoles sont au centre des préoccupations des producteurs ruraux. Le blocage foncier né de la forte pression démographique et l’accroissement des enjeux économiques influencent le morcellement excessif des terres et l’individualisation des exploitations agricoles. Cette individualisation favorise par conséquent, l’émergence des spéculations foncières marchandes au profit des opérateurs économiques installés désormais dans une logique d’accaparement de terres. L’achat, le gage et la location constituent les principaux modes d’accès à la terre en lieu et place d’anciennes formes de solidarité (don, prêt). Aussi, de nouvelles initiatives agraires paysannes apparaissent et participent à l’amélioration des conditions socio-économiques des ménages ruraux.
Les résultats ont également permis de mettre en évidence une diversité de trajectoires des exploitations. La monétarisation des terres a fortement influencé les modes de gestion foncière et a renforcé l’exclusion des groupes vulnérables. Aussi de fortes mutations de système de culture et des transformations techniques sont observées. Il a aussi été révélé que l’accumulation ou la décapitalisation foncière dépend du type d’exploitation, de ses sources de revenus et de ses stratégies. En effet, trois tendances se dégagent des trajectoires : de grandes unités de production à dominante commerciale qui accumulent des terres, utilisent le travail salarié et pratiquent des cultures de rente (souchet) ; une forte décapitalisation foncière chez les extrêmement vulnérables et sans stratégie d’adaptation viable à long terme. Enfin, de petites unités misant sur une diversification et une forte intensification pour résister aux multiples tentatives de spoliation des terres. Ces dernières constituent le modèle d’exploitation stable et durable dont la stratégie se base principalement sur l’intensification agricole à travers des pratiques agroforestières efficaces et moins coûteuses pour augmenter leur production et leur capital foncier.
Le caractère informel et discret des transactions foncières et les réseaux d’intermédiation par lesquels se négocient les ventes de terres accentuent l’insécurité foncière et contribuent à l’augmentation du prix des terres. L’analyse des pratiques de sécurisation des droits fonciers prouve que la formalisation légale quoique timide a considérablement réduit la fréquence des conflits ruraux et a amélioré les possibilités d’investissements agricoles. Cependant, les commissions foncières se heurtent à des difficultés qui freinent la généralisation de la formalisation légale des transactions. En somme, le problème foncier reste un enjeu central de développement, donc pour atteindre une sécurité alimentaire durable, la sécurisation des droits fonciers des ruraux pauvres doit être une priorité des priorités. Il est donc urgent de rendre les commissions foncières plus opérationnelles en leur donnant les moyens de fonctionnement afin d’assurer une large diffusion des procédures de formalisation pour plus d’impact et également inciter les producteurs à travers de petites subventions pour la pratique des mesures agri-environnementales paysannes porteuses.
[en] Summary
In Niger, agriculture is the principal activity of the rural populations. Unfortunately the access to the land becomes very difficult to the farmers in the center-south of the country. This area is confronted to the space saturation and the emergence of the land transactions whose causes, process and impacts on the agricultural households are little known. The study undertaken in the rural municipality of Tchadoua and Yaouri aimed at analyzing the dynamics of the land transactions in bond with the rural vulnerability in terms of the stakes of access and management of the grounds, but also their securisation.
The problems were studied with a multidisciplinary approach. The analyses (quantitative and qualitative) were carried out on the basis of the data collected in the village areas of Maijanguero and Gomba through cards of investigations and semi-structured interviews with a sample of 30% of the households. We also used participatory observations of agricultural practices and consultation of different sources of documentation. Administration and others authorities have been also interviewed aswel as members of the land commissions and the intermediaries of the transactions.
The results obtained show that the problem of access and management of the land in these agricultural areas is an important concern for rural producers. The land blocking due to the strong demographic pressure and the increase of economic stakes (crop rent) influence the excessive parceling out of the grounds and the individualization of the farms. This individualization supports consequently, the emergence of the commercial land speculations for the profit of the economic operators installed from now in logic of monopolization of grounds. The purchase, the pledge and the lease constitute the principal access modes to the ground instead of old forms of solidarity (gift, loan). Also, the new agrarian initiatives of assistance appear and take part in the improvement of the socio-economic conditions of the rural households.
The results also made it possible to highlight a diversity of trajectories of the exploitations. The land ‘’monetarisation’’ influenced strongly the land management and reinforced the exclusion of the vulnerable groups. The strong changes of technical transformation and farming system are observed. It as revealed as the land accumulation or ‘’décapitalisation’’ depends of the type of farm, its strategy and its revenue. Indeed, three tendencies become apparent from the trajectories: great manufacturing units with dominant commercial accumulate land, use the hired labor work and araw cash crop (souchet); a strong land ‘’decapitalisation’’ at the extremely vulnerable and without viable strategy of adaptation in the long term. Lastly, the small farm witch made a diversification and a strong intensification, and there resist to the multiple attempts of land spoliation. These last constitute a model of stable and durable farm whose strategy is based primarily on the agricultural intensification through effective and less expensive agroforestry practices to increase their production and their land capital.
The informel and discrete character of land transactions and the networks of intermediation by which are negotiated the land sales accentuate the land insecurity and contribute to increase the land prices. The analysis of the securisation practices of the land rights proves that legal formalization though timid, reduced considerably the frequency of the rural conflicts and offers agricultural opportunities of investments. However, the land commissions encounter difficulties which, slow down the generalization of the legal formalization of transactions. All things considered, the land problem remains a central stake of development thus, the securisation of the land rights of the rural poor must be a priority of the priorities to reach a durable food safety. It is thus urgent to make the land commissions more operational in their giving the means of operation in order to ensure a broad diffusion of the procedures of formalization for more impact and also encouraging the producers through small subsidies to practice the carrying agri-environmental measurements.
Researchers ; Professionals ; Students ; General public ; Others
http://hdl.handle.net/2268/98614

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