Reference : La Guerre de Sécession et la « racialisation » des discours: Nominations et représent...
Scientific congresses and symposiums : Unpublished conference
Arts & humanities : Languages & linguistics
http://hdl.handle.net/2268/91301
La Guerre de Sécession et la « racialisation » des discours: Nominations et représentations linguistiques dans la presse francophone louisianaise de la fin du 19e siècle
French
Urbain, Emilie mailto [Université de Liège - ULg > > > Form. doct. langues & lettres]
11-May-2011
No
79e congrès annuel de l'ACFAS (Association francophone pour le savoir) - Colloque du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne, "Francophonie et économie. Mobilisations collectives et stratégies individuelles chez les francophones du Canada, hier et aujourd'hui"
ACFAS (Association francophone pour le savoir) - AUFC (Association des Universités de la francophonie canadienne) - RRFC (Réseau de recherche sur la francophonie canadienne)
Sherbrooke, QC
Canada
[en] La Guerre de Sécession a entrainé, dans les États du Sud, une reconfiguration des rapports sociaux, économiques et politiques. En Louisiane, la peur d’une insurrection des esclaves libérés par l’abolition, de même que leur intégration à la classe politique et à la dynamique économique louisianaise pendant la période de la Reconstruction (1867-1877), a conduit certains groupes à favoriser de nouvelles alliances basées sur la couleur de peau, occultant les anciennes rivalités. Ce fut le cas des Créoles de la Nouvelle-Orléans qui passèrent sous silence leurs querelles avec les “Américains” et se positionnèrent en faveur de l’exclusion des Créoles de couleur, jusque là pourtant tolérés. La distanciation établie dès ce moment par l’intermédiaire de la nomination entre Créoles blancs et Créoles de couleur est révélatrice de cette “racialisation” des rapports sociaux et des discours qui les entérinèrent.
Pour aborder ces mutations identitaires, nous envisageons l’étude de la presse francophone louisianaise de l’époque, et, en particulier, des représentations linguistiques qu’elle véhicule. La question de la place de la langue s’avère en effet centrale dans la redéfinition de l’identité francophone et créole. Notre étude s’inscrit dans le cadre de l’analyse du discours qui entend d’une part « rapporter les textes, à travers leurs dispositifs d’énonciation, aux lieux sociaux qui les rendent possibles » (Maingueneau 2009 : 19) et, d’autre part, montrer comment ces textes rendent ces lieux sociaux possibles en les construisant à leur tour.
Nous nous attachons plus spécifiquement à l’étude de la nomination, qui nous semble particulièrement pertinente dans un contexte où les dénominations font l’objet de polémiques qui illustrent bien la circulation des discours (dans la presse mais aussi dans les sphères socioéconomique, politique ou religieuse) et où « arguments linguistiques, politiques, idéologiques surdéterminent le sens d’un nom, le tirant, voire le déchirant, entre la prétendue précision d’une catégorie scientifique et l’imprécision émotionnelle de son invocation dans le discours politique ou idéologique » (Tabouret-Keller 1997 : 18). Le cas particulier de la communauté créole de la Nouvelle-Orléans montre bien que « it is only in the act of naming an identity, defining an identity, or stereotyping an identity that identity emerges as a concrete reality » (Dominguez 1986 : 266).
http://hdl.handle.net/2268/91301

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