Reference : La représentation documentaire des années de plomb allemandes (1970-1979): de la contrin...
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Arts & humanities : Art & art history
Arts & humanities : Performing arts
http://hdl.handle.net/2268/88204
La représentation documentaire des années de plomb allemandes (1970-1979): de la contrinformation au mélancolique
French
Hamers, Jérémy mailto [Université de Liège - ULg > Département des Arts et Sciences de la communication > Cinéma et vidéo documentaires >]
18-Mar-2011
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
420
Van Cauwenberge, Geneviève mailto
Dubois, Philippe mailto
Mélon, Marc-Emmanuel mailto
Leblanc, Gérard mailto
Heller, Thomas mailto
Havelange, Carl mailto
[fr] documentaire ; Nouveau cinéma allemand ; terrorisme d'extrême gauche ; Fraction Armée Rouge (RAF) ; vidéo ; sphère publique d'opposition (Negt, Kluge) ; Alexander Kluge ; Gerd Conradt ; années septante ; terrorisme et médias ; A. Baader, G. Ensslin, U. Meinhof, H. Meins ; représentation et mélancolie
[en] documentary cinema ; New German Cinema ; radical left terrorism ; Red Army Fraction (RAF) ; video ; Alexander Kluge ; Gerd Conradt ; seventies ; terrorism and the media ; A. Baader, G. Ensslin, U. Meinhof, H. Meins ; representation and melancholia ; oppositional public sphere (Negt, Kluge)
[fr] Comment représenter un ensemble d’évènements affectés par leur inaccessibilité, la polarisation extrême du contexte qu’ils contribuent à mettre en place, et une censure à la fois morale et financière ? Telle était la question de départ de notre recherche doctorale, à laquelle nous avons soumis un corpus de films documentaires allemands traitant des événements de la crise terroriste des années septante, et réalisés entre 1970 et 1979. Un rappel chronologique de quelques évènements saillants des années de plomb allemandes nous a permis d’examiner d’abord les multiples liens et interactions entre terrorisme allemand et représentation. L’analyse de l’usage des médias par les terroristes et l’examen de quelques représentations produites par les médias, ont révélé un double lien symbiotique entre acte terroriste et discours médiatique : intrication de l’événement et de sa représentation en vertu de laquelle certaines images s’érigent d’abord en emblèmes des évènements avant de s’y substituer totalement ; chassé-croisé de représentations terroristes, étatiques et médiatiques, qui révèle que les productions audiovisuelles des terroristes et les représentations produites par l’Etat appartiennent en réalité à un seul et même grand réseau de représentations, sémantiquement violentes, dont les principaux moteurs sont la citation et le détournement ainsi que le remplissage de décors vides dans lesquels se sont déroulés des événements révolus. Cet état de fait compromet a priori toute approche documentaire indépendante des événements. La suite de notre étude a dès lors été consacrée à la recherche d’une forme documentaire qui serait en mesure d’échapper à ce grand réseau de représentations. Cette recherche a d’abord abouti à l’analyse de six documentaires – totalement ignorés par la littérature scientifique pour la plupart – issus d’écoles de cinéma et de groupes de vidéastes militants. Ces films ont été réunis au nom de leur capacité structurelle à échapper à la censure financière et morale de l’époque. L’analyse de ces œuvres nous a permis d’identifier quelques modes de représentation qui tous peuvent contribuer à l’élaboration d’un regard sur le réel, affranchi partiellement de l’irreprésentabilité de la crise terroriste et du réseau de représentations qu’elle contribue à mettre à place. Mais il est également apparu que ces œuvres reproduisent des logiques narratives et informationnelles héritées des médias, qui compromettent in fine l’existence d’un regard non polarisé sur les événements. La suite de notre étude s’est alors focalisée sur le film collectif L’Allemagne en automne. L’analyse de différentes formes de signatures auctoriales a révélé d’abord que si le film est à considérer comme une œuvre signée en groupe, sa signature « désindividualisante » entre aussi en concurrence directe avec un ensemble de marqueurs d’énonciation individuelle. En résulte l’oscillation d’un auteur, reconnaissable et anonyme, proposant de la sorte un nouveau lieu du discours. Enfin, nous nous sommes penchés sur les mises en scène des séquences du film. Notre analyse a mis en évidence que les évènements précis de l’automne '77 agissent seulement comme des rappels visuels d’un contexte particulier. Ce contexte anxiogène nous a amené à conclure provisoirement à l’échec de l’auteur : incapable de se libérer du camp qui lui est attribué a priori, il reproduit les comportements et regards de ses « adversaires » (point de vue du « policier embusqué, etc.). Conscient de cette paralysie, l’auteur est pourtant aussi le premier créateur de ces manifestations d’échec. En ce sens, il ne subit pas la crise dans laquelle le précipite l’Automne Allemand, mais il la (re)met en scène. Le produit de cette lucidité, de cette conscience est le mélancolique : une représentation ou un discours produits par un sujet conscient mettant en abyme le retournement contre soi, la perte de soi qui lui paraît inéluctable dans le contexte des années de plomb.
Researchers ; Professionals ; Students
http://hdl.handle.net/2268/88204

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