[fr] Si le droit est un instrument au service de l’hégémonie des dominants, son utilisation subversive lui permet d’être une ressource pour produire des changements sociaux. Il est en même temps source de pouvoir et instrument de contestation de ce même pouvoir. C’est cette double dimension de l’activité juridique que je souhaite mettre en exergue ici afin de montrer comment peuvent s’articuler, dans l’activité quotidienne des professionnels du droit, la mobilisation de compétences juridiques appelées à être « neutres » et le recours à un lexique de l’engagement et du militantisme.
Les initiatives militantes telles que les « boutiques de droit » nées dans les années 1970 n’ont pas réussi à pérenniser leur activité en Belgique mais leur projet politique et démocratique ne s’est pas pour autant éteint. Certains juristes et avocats tentent aujourd’hui, dans leur pratique journalière, de mettre leurs compétences juridiques au service de causes politiques auxquelles ils croient. Ils se caractérisent par une volonté de remise en cause des conceptions traditionnelles de l’exercice de la profession et, notamment, de l’idée selon laquelle l’intervention d’un professionnel du droit est, par essence, apolitique. Se trouvent alors interrogés les rapports complexes entre droit et politique.
Researchers ; Professionals ; Students ; General public