Reference : Production subjective de rêve en milieu carcéral : une hypothèse adaptative
Scientific congresses and symposiums : Poster
Social & behavioral sciences, psychology : Treatment & clinical psychology
http://hdl.handle.net/2268/79713
Production subjective de rêve en milieu carcéral : une hypothèse adaptative
French
Englebert, Jérôme mailto [Université de Liège - ULg > Département de personne et société > > >]
Gauthier, Jean-Marie mailto [Université de Liège - ULg > Département de personne et société > > >]
Jacquemart, Catherine [ > > ]
2011
No
International
9ème Congrès de l'Encéphale
du 19 janvier au 21 janvier 2011
Paris
France
[fr] Une étude sur le rêve n’est pas sans poser plusieurs questions épistémologiques et méthodologiques majeures. La première d’entre elles tient à l’essence même du rêve qui est un objet d’étude particulier, étant strictement subjectif et difficilement objectivable. Le rêve n’existe dans la vie consciente qu’au passé ; il a une conscience uniquement rétrospective. Il existe donc un décalage temporel entre l’activité onirique et le discours sur le rêve. Ce hiatus temporel condamne donc le rêve à nous échapper dans sa finitude et pousse le chercheur à capituler face à la connaissance ultime et globale du monde imaginaire de l’individu.

L’étude que nous avons réalisée se veut d’inspiration phénoménologique. Nous avons administré un questionnaire (questionnaire élaboré sous la supervision d’un collège d’experts travaillant en milieu carcéral) à une population de 48 détenus (43 hommes et 5 femmes) et à une population contrôle (appariée pour l’âge et le niveau d’étude). Le questionnaire était scindé en deux parties pour les détenus (rapport aux rêves avant l’enfermement [Gd.0] / rapport aux rêves maintenant [Gd.1]) et celui pour la population contrôle ne comprenait qu’une partie (rapport aux rêves maintenant [Gc]). Enfin, nous avons isolé trois groupes au sein de la population carcérale : Cp : Courte peine effectuée (maximum 90 jours), MP : Moyenne peine effectuée (plus de 90 jours et maximum 2 ans), LP : Longue peine effectuée (plus de 2 ans).

Les résultats, qu’il conviendra de discuter dans le détail, mettent en évidence que l’activité onirique serait un mécanisme que le détenu utilise pour s’adapter à l’univers carcéral (la fréquence subjective de rêve et l’intérêt porté à ses rêves sont significativement plus importants pour le Gd.1 que le Gd.0 et le Gc). Mais ce constat tend à diminuer en fonction de la durée de la peine (au-delà de 2 ans d’enfermement [LP]). Nous pouvons expliquer cette diminution significative par un effet d’habituation (le rêve aurait permis un retour à une homéostasie psychique suffisante) ou par une abrasion du mécanisme. En effet, le rêve ne procurerait aucune modification dans le réel puisque le quotidien de l’enfermement reste le même. Privée de boucle de rétroaction, la fonction adaptative du rêve s’essoufflerait.
http://hdl.handle.net/2268/79713

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