Reference : Le Paléolithique supérieur de la Moldavie. Essai de synthèse d'une évolution multi-cu...
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Arts & humanities : Archaeology
http://hdl.handle.net/2268/63065
Le Paléolithique supérieur de la Moldavie. Essai de synthèse d'une évolution multi-culturelle
French
[en] The Upper Palaeolithic in Moldova. A Tentative Synthesis of a Multi-Cultural Evolution
Noiret, Pierre mailto [Université de Liège - ULg > Département des sciences historiques > Archéologie préhistorique >]
2009
Service de Préhistoire de l'Université de Liège
Études et Recherches archéologiques de l'Université de Liège; 121
604
Liège
Belgique
[en] Les industries lithiques du Paléolithique supérieur en Moldavie sont fondées sur l’exploitation de roches locales et appartiennent principalement à des traditions culturelles connues en Europe (l’Aurignacien, le Gravettien, puis l’Épigravettien). Cependant, elles coexistent avec d’autres industries marquées par la présence d’outils aménagés par retouche bifaciale, dans des contextes réputés anciens (plus de 30.000 ans), mais se révélant à l’analyse mal datées et souvent peu homogènes. Ces industries appartiennent à trois ou quatre traditions culturelles supplémentaires, dont les définitions restent vagues.
Après avoir fouillé les sites de Mitoc–Malu Galben (Roumanie) et de Cosăuţi (République Moldave) en compagnie de leur responsable (V. Chirica et I.A. Borziac) et avec l’aide de nos collègues de l’Université de Liège (le Prof. Marcel Otte, I. López Bayón et V. Ancion) et de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (P. Haesaerts et Fr. Damblon), nous avons entrepris l’étude comparative des données chronologiques, stratigraphiques, fauniques et matérielles (outillages lithiques et osseux, témoins esthétiques) de 21 sites pour la période comprise entre 35.000 et 10.000 ans BP. Nous avons constitué ainsi un corpus d’une cinquantaine d’ensembles archéologiques.
Une lecture critique des informations publiées par les fouilleurs a permis une répartition de tous les ensembles étudiés (ou presque) dans un schéma chronostratigraphique régional bien assuré et bien daté, élargi en fin de travail à l’ensemble de l’Europe centrale et orientale. Ces ensembles appartiennent à l’Aurignacien typique (33.000-29.000 BP), au Gravettien (29.500-23.000 BP), à la Culture du Prut (27.000-26.000 BP), à l’Aurignacien tardif (vers 25.000 puis 20.000 BP), à l’Épigravettien ancien (20.000-17.000 BP) puis récent (13.500-11.000 BP).
Les vestiges de débitage, les outils domestiques et les armatures liées à la chasse ont été décrits et soumis à une analyse factorielle des. Si l’analyse technologique n’a porté que sur des indications de présence/absence de caractéristiques technologiques, l’analyse typologique a pu être menée sur des données plus complètes (les pourcentages de tous les outils lithiques, dans chaque ensemble étudié), permettant de mettre en évidence les particularités et l’évolution des traditions culturelles étudiées. Les industries lithiques caractérisées par la présence de pièces bifaciales ne semblent désormais plus pouvoir être décrites en tant que plusieurs entités culturelles distinctes ; au contraire, les analyses ont montré leur relative homogénéité technologique et typologique. Il est probable qu’elles représentent une expression culturelle unique, coexistant avec les autres traditions et localisée dans une zone géographique restreinte ; cela justifie l’emploi de la dénomination de « Culture du Prut ». Cette culture est marquée par la production prédominante d’éclats, employés comme supports à l’outillage, et dans une moindre mesure de lames à partir de nucléus peu préparés et encore assez « plats », alors que dans l’Aurignacien et surtout dans le Gravettien les lames sont les supports principaux, obtenus à partir de nucléus volumétriques, bien préparés et entretenus.
L’étude des restes fauniques a permis de mettre en évidence des différences marquées entre traditions culturelles : les Aurignaciens ont chassé le cheval et le bison ; les Gravettiens, le cheval et le renne, puis le bison et peut-être le mammouth. C’est après l’hiatus de 23.000-20.000 BP que l’analyse faunique est la plus significative : les Épigravettiens se sont alors véritablement spécialisés dans la chasse au renne ; dans la plupart des sites, les restes de ces animaux atteignent souvent 70 à 80 % de tous les restes identifiables, devant le cheval et  plus rarement  le bison (ou l’aurochs) et le mammouth. En outre, des petits animaux étaient piégés pour leur fourrure (lièvres, renards) et des poissons et des oiseaux complétaient l’alimentation, ainsi sans doute que des aliments végétaux. À cette spécialisation épigravettienne correspond une entité ethnique homogène, entre 20.000 et 17.000 BP. Des sites à fonction limitée existent alors, à côté de grandes installations occupées peut-être plus longtemps mais surtout plus souvent qu’auparavant. Toutes les installations sont saisonnières. Comme dans les traditions culturelles antérieures, les contacts extra-régionaux semblent limités et les roches locales continuent d’être exploitées.
Des comparaisons avec l’Europe centrale et orientale ont permis de lier ce Paléolithique supérieur moldave à quelques phénomènes culturels plus larges : l’exploration par les Aurignaciens d’un territoire s’étendant jusqu’au centre de la Plaine russe et jusqu’aux contreforts septentrionaux de l’Oural (dès 33.000 BP), les origines géographiques multiples du Gravettien (vers 30.000 BP), la présence d’industries lithiques non-aurignaciennes et non-gravettiennes (à pièces bifaciales, sans doute autour de 27.000-26.000 BP), la résurgence de traits techniques d’allure « aurignacoïde » (dès 21.000 BP), et le retour massif de la tradition des outils à dos (à partir de 20.000 BP). Ainsi, les données moldaves s’inscrivent-elles logiquement dans une paléo-histoire large, à l’échelle de l’ensemble du continent.
http://hdl.handle.net/2268/63065

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