[fr] Ce travail analyse la relation entre le jugement esthétique qui catégorise quelque chose comme Kitsch et l’authenticité et/ou la reproductibilité des objets, c’est-à-dire leur histoire de production. J’ai analysé les procédures de « Kitschification » et les conditions à travers lesquelles se forment et se justifient certains jugements de goût à une certaine période et dans une certaine culture. En partant de la distinction du philosophe Nelson Goodman entre « arts autographiques » et « arts allographiques » j’ai pris en considération le cas du Parthénon de Nashville, monument qui se présente comme la reconstruction du Parthénon d’Athènes, et qui apparaît comme une œuvre plus parfaite et donc plus « originale » de l’original lui-même. Cette analyse démontre que le jugement de goût ne peut pas renvoyer à la simple configuration textuelle d’un objet et donc à ses caractéristiques morphologiques, et que le jugement de goût dépend par contre de l’insertion spatio-temporelle (intertextuelle et interculturelle) de l’objet pris en considération. Dans cet article j’ai également analysé les notions d’aura (Benjamin), de patine, outre celles d’autographie et d’allographie par rapport aux arts architectural et pictural.
Centre de Recherches Sémiotiques (CeReS) Université de Limoges