Reference : Fonder ou représenter : de l'apriorisme et du constructivisme en sciences sociales.
Parts of books : Contribution to collective works
Social & behavioral sciences, psychology : Sociology & social sciences
http://hdl.handle.net/2268/17863
Fonder ou représenter : de l'apriorisme et du constructivisme en sciences sociales.
French
[en] To found or to represent : about apriorisme and constructivisme in social sciences
Frère, Bruno mailto [Université de Liège - ULg > Institut des sciences humaines et sociales > Sociologie des identités contemporaines >]
Jacquemain, Marc mailto [Université de Liège - ULg > Institut des sciences humaines et sociales > Sociologie des identités contemporaines >]
2008
Epistémologie de la sociologie
[en] Epistemology of sociology
Jacquemain, Frère, Marc, Bruno mailto
De boeck
11-28
978-2-8041-5708-1
[en] a priori, monde social, science, philosophie des sciences, Bourdieu, Boltanski, Thévenot, Latour, ethnométhdologie, Touraine
[fr] Cet article vise à proposer une grille de lecture pour les chapitres de l'ouvrage. Elle organise les paradigmes dont ils traitent sur un spectre, en l'occurrence épistémologique, jalonné de quelques grands courants qui ont marqué les sciences sociales au 20e Siècle. Tracer un tel spectre permet de suggérer une première porte d'entrée simplifiée dans ce champ vaste et toujours en friche des théories sociologiques sans pour autant résoudre des oppositions à l'évidence irréductibles. Il s'étend d'un pôle que nous qualifierons de «aprioriste» au pôle « constructiviste » qui égraine les « nouvelles sociologies », dont parle aussi P. Corcuff, sans pour autant regrouper sous ce dernier vocable les mêmes paradigmes. Dans une version totalement purifiée qui ne correspond pas en tant que telle à un paradigme donné, le premier pôle serait celui d'une sociologie cherchant à déterminer ce qui fonde le monde social comme étant un donné a priori, c'est à dire précédant et surtout conditionnant l'expérience que les acteurs sociaux ont du monde en général et les représentations qu'ils s'en font en déposant eu eux ses traces. Le second serait l'idéal-type d'une sociologie n'envisageant ce même monde que comme un lacis de représentations construites à partir de points de vue distincts au sujet desquels il importe peu de savoir si ce qui les a constitué en tant que point de vue résulte des influences de tel ou tel type de monde social. Ce qui importe est, pour ainsi dire, le sens a postériori que ces points de vue concèdent au monde, aux objets, aux personnes et au relations qui tentent de se stabiliser différentes entités.
On peut estimer que les paradigmes aprioristes s'inscrivent dans une reprise du projet métaphysique kantien lequel cherche à définir les conditions de possibilités de la connaissance et de la pensée humaine. Mais ils le font dans un cadre et avec des objectifs considérablement renouvelés par rapport à l'humanisme du XVIIIe siècle. Dans notre hypothèse, la tâche consistant à découvrir l'a priori qui conditionne ce que nous pensons et faisons serait depuis le XXe Siècle davantage assignable aux sciences sociales qu'à la philosophie. Les sociologies de l'a priori cherchent à fonder socialement les modes de connaissances nous permettant d'appréhender le monde et ses objets là où la philosophie moderne les fondait subjectivement. Leur but ultime est d'établir les formes et les catégories sociales qui sont au principe de l'action des acteurs et qui constitueraient d'une certaine manière la paire de lunette au travers de laquelle ils percoivent le monde. Ainsi, la sociologie critique de Bourdieu, la sociologie de l'action de Touraine ou encore la sociologie de l'action publique pourraient être envisagées comme relevant d'une démarche davantage aprioriste que les autres.
A l'autre bout du spectre sur lequel se placent les paradigmes abordés par cet ouvrage, se situent le pôle constructiviste et le relativisme qui en est la forme extrapolée. Les constructivistes, envisagent leur démarche comme un fine traduction de la manière dont les personnes et leurs bagages cognitifs (savoirs, stratégies, valeurs morales, etc.) s'y prennent pour construire et stabiliser un (ou des) monde(s) commun(s). Leur espace de problématisation évolue assez loin de la question de savoir quels sont les a priori sociaux qui nous conduisent à penser comme nous pensons et à agir comme nous agissons. En réalité, il s'agit de déplacer complètement le regard des conditions de l'action à l'action elle-même en la déployant sa multidimensionnalité.
service de sociologie des identités contemporaines (groupe de sociologie politique et morale EHESSParis)
Researchers ; Students
http://hdl.handle.net/2268/17863

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