Reference : Autour d’un thé
Diverses speeches and writings : Article for general public
Physical, chemical, mathematical & earth Sciences : Multidisciplinary, general & others
http://hdl.handle.net/2268/15658
Autour d’un thé
French
Ozer, Pierre mailto [Université de Liège - ULg > Département des sciences et gestion de l'environnement > Département des sciences et gestion de l'environnement >]
23-Sep-2005
LE MONDE
18
No
International
France
[en] natural disasters ; desertification ; Niger
[fr] catastrophes naturelles ; désertification ; Niger
[fr] Il y a peu, j'étais au Niger, un pays dont, pour une fois, on parlait abondamment car trois millions de personnes souffraient de malnutrition et risquaient d'y laisser la vie à cause d'une saison des pluies déficitaire dans un pays déjà gangrené par la désertification. Et, après des mois d'indifférence puis de tergiversations, les autres pays du grand village planétaire décidèrent de sauver ces moins nantis. In extremis.

Notre mission était d'organiser au mieux la distribution de l'aide alimentaire. Et nous voici déjà confrontés à un problème inattendu : l'insuffisance de véhicules pour transporter les vivres dans les villages les plus reculés et difficiles d'accès. Les quelques 4x4 rapidement réquisitionnés ne suffisaient pas.

Un soir de vent de sable, j'ai discuté avec les locaux autour du thé. Au détour de notre conversation, je leur ai appris que nous avions en Belgique de gros bolides aux quatre roues motrices appelés « Touareg ». Etonnés, les touaregs, ceux d'appellation d'origine contrôlée, ont observé le silence et m'ont longuement regardé droit dans les yeux. La lune était notre seule lumière, le vent était retombé, et ce silence n'était perturbé que par les pleurs de quelques enfants affamés ne trouvant pas le sommeil. Le plus vieux d'entre eux esquissa alors un large sourire et me dit : « c'est que vos routes sont en très mauvais état ».

Alors, je leur ai dissimulé que nous ne connaissions pas les pistes sinon via les images du Paris-Dakar. J'ai gardé pour moi que les routes ravagées par les ravines ou les nids d'autruches comblés par des immondices pour les rendre un temps soit peu carrossables n'existaient pas chez nous. Je ne leur ai pas dit non plus que Bruxelles comptait plus de véhicules tout-terrain que le Niger. Non, je n'ai rien dit de tout cela. J'ai ébauché à mon tour un large sourire et j'ai goûté au deuxième thé, légèrement sucré, le thé de l'amitié, comme ils disent...
General public
http://hdl.handle.net/2268/15658
http://pierreozer.blog4ever.com/blog/lirarticle-45705-110550.html

File(s) associated to this reference

Fulltext file(s):

FileCommentaryVersionSizeAccess
Open access
Autour d un thé.pdfAuthor preprint9.93 kBView/Open

Bookmark and Share SFX Query

All documents in ORBi are protected by a user license.