Reference : Valorisation du savoir local pour une cogestion conservatoire de l'arganeraie marocaine
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Social & behavioral sciences, psychology : Sociology & social sciences
http://hdl.handle.net/2268/133400
Valorisation du savoir local pour une cogestion conservatoire de l'arganeraie marocaine
French
[en] Valuation of the local knowledge for a comanagement of the Moroccan arganeraie
Aziz, Larbi mailto [Université de Liège - ULg > > > Form. doct. sc. (sc. & gest. env. - Bologne)]
7-Nov-2012
Université de Liège, ​Arlon, ​​Belgique
Docteur en Sciences
267
MORMONT, Marc mailto
ALLALI, Khallil mailto
STRIVAY, Lucienne mailto
PONETTE, Quentin mailto
BILLEN, Claire mailto
AUBERT, Pierre-Marie mailto
[fr] Arganier ; savoir local ; cogestion ; conservation ; Arganeraie ; Essaouira ; stratégie
[en] L’arganeraie est un écosystème particulier disposant d’une biodiversité animale et végétale spécifique dont l’élément central est l’arganier. C’est un arbre multifonctionnel du fait des usages multiples qu’en font les populations locales. Il constitue l’élément central du système agraire local car il a configuré et rythmé la vie et les activités des populations. Celles-ci, disposant de nombreux droits de jouissance au niveau de la forêt d’arganier, ont mis au point une gestion communautaire régulant l’accès et le contrôle aux ressources. Cette gestion et le fonctionnement du système agraire témoignent de la possession par ces populations de savoirs et savoirs faire locaux qui perdurent de génération en génération. Toutefois, ces savoirs n’ont pas été assez étudiés pour pouvoir les valoriser. Or, depuis des décennies, les savoirs locaux font l’objet d’intérêt croissant à l’échelle internationale, tant au sein de la communauté scientifique que des ONG internationales. C’est ainsi que cette recherche vise à identifier et à valoriser ces savoirs dans le cadre d’une stratégie de cogestion conservatoire, intégrée et participative de l’arganeraie.
Comme outils d’investigation, nous avons eu recours à l’observation et à l’entretien semi directif. Ainsi, nous avons interrogé une centaine de personnes (hommes et femmes) relevant des communes rurales d’Aguerd et de Tidzi (région d’Essaouira). Nous avons aussi interrogé des acteurs institutionnels (agriculture, eaux et forêts, agences, recherche et ONG) en vue de dégager leurs points de vue. Pour l’analyse des données, nous avons utilisé trois méthodes complémentaires: l’analyse descriptive, l’analyse du contenu et l’analyse comparative. Les savoirs locaux identifiés ont été analysés notamment au regard du savoir scientifique. Les résultats ont été comparés entre les deux communes, et au sein de chaque commune ces savoirs sont différenciés selon le genre. Par ailleurs, nous nous sommes basés sur le cadre analytique de Berkes (1999) et sur le modèle IAD Framework d’Orstom (1994) pour pouvoir comprendre la problématique traitée dans toutes ses facettes.
Ainsi, nous avons identifié des savoirs relatifs aux trois éléments du système agraire local et à leurs interactions ainsi que ceux relatifs au mode de gestion de la forêt d’arganier et la vie culturelle de la population enquêtée (rites, recettes cosmétiques et de la pharmacopée traditionnelle,..). Il en ressort que l’ensemble de ces savoirs renvoie à une meilleure adaptation de la population à son milieu, à une fine connaissance de l’écosystème et de son fonctionnement. D’autre part, ces savoirs, différenciés selon le genre, montrent que les paysans ne raisonnent pas l’écosystème de manière sectorielle mais dans sa globalité. Par ailleurs, les modes de transmission de ces savoirs sont l’observation, la participation et l’imitation. Cependant, certains de ces savoirs sont en train de disparaître suite aux changements que connaît la zone. Ils doivent donc être requalifiés comme patrimoine culturel à respecter, à conserver, à en contrôler l’accès et à valoriser.
D’un autre côté, nos résultats ont montré que l’engouement pour les produits de l’arganier et la flambée de leurs prix à partir de la fin des années 1990, ont entrainé des conséquence socio-économiques au niveau de la zone : changements au niveau des représentations et des comportements des locaux vis-à-vis de l’arbre, apparition de nouveaux acteurs s’enroulant dans des collectifs qui ont beaucoup évolué, mis en place d’un marché peu structuré et pas assez profitable aux locaux, érosion du savoir local, apparition de nouveaux modes d’alimentation, disparition de coutumes et de traditions, etc. ce qui nous a poussé à plaider pour la conception d’une stratégie de conservation de l’arganeraie. Or, de nombreuses actions ont été menées par certains acteurs dans ce sens. Malheureusement, ces efforts sont restés sectoriels, éparpillés, non intégrés et ne prenant pas en compte les nouvelles dynamiques en place. C’est ainsi que nous avons élaboré une proposition de stratégie de cogestion conservatoire de l’arganeraie faisant participer l’ensemble des acteurs, particulièrement les populations locales en valorisant leurs savoirs. Elle se veut cohérente, intégrée et reposant sur les axes suivants : la participation et la concertation entre les différents acteurs, l’assurance d’une bonne gouvernance locale (au sein des structures et entre les partenaires), l’appropriation de l’aménagement de l’arganeraie en valorisant les savoirs locaux identifiés et en appuyant la structure de l’agdal, la structuration du marché et la relocalisation de la plus-value (IGP argane), la promotion du tourisme rural, la réalisation d’actions d’accompagnement. Par ailleurs, cette stratégie doit s’inscrire dans le cadre d’un développement local plus global pour pouvoir prendre en compte l’aspect temporel dans les évolutions des dynamiques en cours.
Coopération Technique Belge
Researchers ; Professionals ; Students
http://hdl.handle.net/2268/133400

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