Reference : Le corps du détenu : Études psychopathologiques de l’homme en situation
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Social & behavioral sciences, psychology : Treatment & clinical psychology
http://hdl.handle.net/2268/123356
Le corps du détenu : Études psychopathologiques de l’homme en situation
French
Englebert, Jérôme mailto [Université de Liège - ULg > Département Psychologies et cliniques des systèmes humains > > >]
1-Jun-2012
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Doctorat en Psychologie
399
Gauthier, Jean-Marie mailto
Mormont, Christian mailto
Andronikof, Anne
Stanghellini, Giovanni
Cormann, Grégory mailto
[fr] Psychologie clinique ; Psychopathologie ; Psychologie de la délinquance ; Espace ; Corps ; Temps ; Phénoménologie ; Territoire ; Rythme
[en] Clinical psychology ; Psychopathology ; Psychology of delinquency ; Space ; Body ; Time ; Phenomenology ; Territory ; Rythm
[en] Cette thèse de doctorat a pour premier objet d’étude la psychopathologie. Et nous estimons qu’une telle entreprise ne peut se concevoir qu’en situation (voici son second objet). Une prise en considération rigoureuse des « phénomènes psychiques anormaux » (Jaspers, 1913) implique une conception de l’homme en tant qu’être incarné, inscrit dans un espace et un temps, au risque, sinon, de se limiter à une simple nosographie ou à une clinique sans dimension pratique. Notre propos ne se limite pas à penser que l’environnement du sujet influence son trouble – cet élément est déjà, nous semble-t-il, bien acquis – ; nous estimons plutôt, d’un certain point de vue, que « La » psychopathologie, hypothétique science transcendantale, n’existe tout simplement pas. Le phénomène psychopathologique, par nature multiple et polymorphe, nécessite une réflexion épistémique approfondie et réclame l’émergence d’autres alternatives au paradigme empiriste afin de rompre « avec l'idolâtrie du sujet épistémologique anonyme sans situation » (Ricœur, 1957, p. 10).

Faire nôtre cette proposition d’études psychopathologiques de l’homme en situation nous permet de pouvoir écrire cette thèse et de l’inscrire dans une généalogie relative. Le « gage de sûreté » que représente le paradigme situationnel nous permet de ne pas nous « perdre » en tentant de répondre à ces questions de façon générale. Il s’agirait d’ailleurs d’une entreprise impossible que de définir la subjectivité, de lui donner une acception commune. Par contre, appréhender la subjectivité incarnée d’un sujet et la considérer comme objet d’étude à part entière, semblent constituer des objectifs dotés d’un intérêt majeur. La situation permet de « mettre au travail » la psychopathologie, véritable moment où elle prend forme et existe réellement. Le situationnel et l’événementiel sont également la possibilité qui s’offre à nous de ne pas répéter des choses que d’autres auraient mieux dites ; ce sont les garanties de l’intérêt à poursuivre la recherche en psychopathologie. Théoriser à la suite de ces nombreuses références n’aurait de sens s’il n’y avait ce prétexte de la situation, tant un sentiment de « déjà dit » pourrait anesthésier et rendre vaine toute tentative. Notre situation, c’est notre alibi.

Pour réaliser ce projet, nous avons séparé notre étude en deux livres. Le premier est consacré à différentes situations cliniques en milieu carcéral. Il contient huit chapitres. Tous sont la mise en application autant que la création d’une méthode, que nous qualifions de phénoménologique, appropriée à l’analyse de situations rencontrées dans notre pratique de psychologue clinicien en milieu carcéral. Le second livre est fait de deux chapitres construits chacun en trois parties. Cette seconde partie consiste en une formalisation anthropologique de ce qu’est un homme en prison. Nous avons étudié, entre autres, les dimensions de l’espace, du temps, du corps, de l’imaginaire pour parvenir à un essai de définition de ce que nous appelons l’univers carcéral et discuter du statut de l’identité carcérale. Ces différents points de repère nous ont permis d’aborder la question de la subjectivité et de la sensation qui sont des contrées d’une complexité fondamentale que le psychologue se refuse souvent d’affronter dans le domaine de la recherche, mais auxquelles il est pourtant confronté quotidiennement dans sa pratique clinique.

C’est avec l’esthétique, à travers les peintures de Bacon, les photographies de Nollet et Huis clos de Sartre que nous avons refermé cette thèse. Cet achèvement ouvre la réflexion vers la pratique clinique centrée sur le champ inépuisable, même en prison, de la liberté. Nous avons pu, à cet effet, constater le surgissement de la résistance, de l’agencement, et considérer le principe d’adaptation sous un jour nouveau. Enfin, nos dernières lignes ont permis l’émergence du concept oxymore de « liberté carcérale » qui caractérise l’homme en situation d’enfermement.
http://hdl.handle.net/2268/123356

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Le corps du détenu. Introduction+Conclusion+Bibliographie.pdfTable des matières, introduction, conclusion, bibliographieAuthor preprint667.15 kBView/Open

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