Reference : La famine Ruzagayura (Rwanda, 1943-1944): causes, conséquences et réactions des autorités
Dissertations and theses : Master's dissertation
Arts & humanities : History
http://hdl.handle.net/2268/121677
La famine Ruzagayura (Rwanda, 1943-1944): causes, conséquences et réactions des autorités
French
Singiza, Dantès mailto [Université de Liège - ULg > > > Form. doct. hist., art & archéo.]
2011
Université de Liège, ​​Belgique
Master en histoire, finalité approfondie
132
Lanneau, Catherine mailto
[fr] Notre mémoire de Master en histoire à finalité approfondie, consacré à l’étude de la famine Ruzagayura (Rwanda, 1943-1944), a été soutenu à l’Université de Liège en septembre 2011. Dirigé par Catherine Lanneau, chargée de cours, il a également bénéficié des conseils et orientations de deux lecteurs, les Professeurs Francis Balace et Philippe Raxhon.
Nous avons tenté d’y répondre aux principales questions que pose cette famine : quelles en furent les causes, le domaine d’extension, la durée et les conséquences à court et moyen terme ? Quelles furent les réactions des différentes autorités, locales et mandataires, mais également des missionnaires face à cette situation d’urgence ?
Parmi les principales sources exploitées, mentionnons la correspondance et les rapports annuels conservés aux Archives africaines du Ministère des Affaires étrangères belge, la correspondance de l’ancien ministre des Colonies Albert de Vleeschauwer, conservée au KADOC mais aussi la correspondance et les diaires des missionnaires Pères Blancs et Sœurs Blanches, consultés à Rome. Enfin, des témoins ont pu être interrogés et ont contribué à enrichir ce mémoire de leurs souvenirs.
La famine Ruzagayura est imputable à divers facteurs : la sécheresse, les travaux de l’effort de guerre et les agents destructeurs, comme le mildiou et la rhizoctonie. Elle est aggravée par les réquisitions de vivres et du bétail. La famine commence vers le mois d’octobre 1943 et se répand sur presque toute l’étendue du pays. Les autorités apprennent son existence quelque temps après son éclatement. Certains fonctionnaires, tant belges que rwandais, dissimulent son existence. D’autres nient sa réalité, ce qui leur attire les reproches de la part du résident Jean Paradis. Quant à celui-ci, il ne relaie pas non plus les informations en sa possession au vice-gouverneur général Eugène Jungers. Plus que des reproches, ce comportement lui vaut d’être destitué et muté au Congo par le vice-gouverneur général. Celui-ci aurait en effet peu apprécié d’apprendre l’existence de la famine au Rwanda lors d’un voyage anodin dans ce pays. Il le reproche également au roi Mutara III Rudahigwa.
Une fois la famine reconnue, l’administration coloniale organise le ravitaillement en vivres. Elle confie leur distribution aux missionnaires qui encadrent en même temps les centres d’accueil d’affamés. Les chefs et les sous-chefs fournissent les vaches laitières et les vaches de boucherie pour nourrir la population. Celle-ci reçoit également des houes, de nouvelles semences de vivres et des boutures de manioc et de patates douces. De ce fait, elle reprend, sous la supervision des chefs rwandais, les cultures de champs et de marais en janvier 1944. La pluie tombant régulièrement, les récoltes augmentent et la situation vivrière se redresse. Les centres d’accueil ferment vers la deuxième moitié de 1944. La population restée démunie est convoyée dans les localités de Gishari et de Mokoto du territoire de Masisi, au Congo belge.
La famine Ruzagayura a entraîné in fine un nombre important de décès, évalué à plusieurs dizaines de milliers de personnes. Elle a également provoqué d’importants déplacements de population. Par ailleurs, elle a poussé certaines personnes à voler des vivres pour subsister et s’est donc soldée par un accroissement de la criminalité. Son intensité et son extension au pays, associées aux travaux de l’effort de guerre, aux réquisitions de vivres et aux autres travaux agricoles, ont contrarié la population rwandaise au point de la pousser à s’opposer à l’autorité de ses chefs, du roi Mutara, de l’administration mandataire et des missionnaires. Certains en seraient mêmes arrivés à rêver de l’émancipation du pays.
Researchers ; Professionals ; Students ; General public
http://hdl.handle.net/2268/121677
http://www.africamuseum.be/museum/research/publications/rmca/online/famineruzagayura_singa.pdf

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