Reference : L’épaule du sportif : évaluation fonctionnelle et réadaptation
Scientific congresses and symposiums : Paper published in a book
Human health sciences : Laboratory medicine & medical technology
Human health sciences : Orthopedics, rehabilitation & sports medicine
http://hdl.handle.net/2268/119104
L’épaule du sportif : évaluation fonctionnelle et réadaptation
French
Forthomme, Bénédicte mailto [Université de Liège - ULg > Département des sciences de la motricité > Rééducation du membre supérieur >]
25-Mar-2011
Abstract book Congrès de médecine du sport du CHU de Charleroi
No
Yes
National
Congrès de médecine du sport du CHU de Charleroi
25 mars 2011
CHU de Charleroi
Charleroi
Belgique
[en] L’épaule du sportif exige une balance équilibrée entre mobilité et stabilité articulaire, autorisant performance et risque limité de survenue lésionnelle. Cependant, la pratique sportive intensive s’accompagne de diverses adaptations, parfois préjudiciables, que le clinicien devra évaluer et compenser.

(1) Des adaptations spécifiques de la mobilité de l’articulation gléno-humérale côté dominant sont fréquemment rapportées chez les « overhead athletes ». Ces modifications se traduisent le plus souvent une rotation externe accrue, associée à une rotation interne réduite. Ce profil pourrait compromettre la stabilité articulaire. Des transformations osseuses et/ou des tissus mous, liées à la gestuelle du lancer, seraient à l’origine du profil de mobilité spécifique. La raideur postérieure, associée à l’hypermobilité en rotation externe, entraînerait des manifestations pathologiques secondaires chez l’athlète, tels que le conflit secondaire, les lésions du bourrelet supérieur (slap lesion) et le conflit interne intra-articulaire.

Il semble opportun, sur le plan clinique, de contrôler le pattern de mobilité. Des mesures précises de la raideur de la coiffe postérieure et de la rotation externe, le bras positionné à 90° d’abduction dans le plan frontal, permettent d’objectiver les modifications. Des exercices d’étirement des structures postérieures peuvent être facilement exécutés par le sportif éduqué, après ses entraînements. Le travail de la coiffe des rotateurs internes dans le mode excentrique, sous forme d’exercices de pliométrie par exemple, favorise le contrôle du bras dans les positions extrêmes de l’armer.


(2) La modification du pattern de mobilité de la scapula et la position asymétrique des scapulae sur le gril costal en condition de repos portent le nom de dyskinésie scapulaire. La dyskinésie scapulaire apparaît fréquente chez le sportif utilisant les membres supérieurs intensivement. Elle accompagne fréquemment la pathologie d’épaule sans en être une réponse spécifique. Les experts décrivent actuellement plusieurs types de dyskinésie scapulaire, correspondant à des perturbations de coordination et à une fatigabilité accrue des stabilisateurs de la scapula. Ces dyskinésies s’accompagnent souvent d’une raideur du petit pectoral et des structures postérieures (coiffe, capsule). L’observation du sportif au repos ou lors des mouvements du bras, des tests cliniques spécifiques adaptés aux troubles scapulaires et parfois des mesures de force maximale en chaîne fermée ou d’activité myoélectrique des muscles adjacents contribuent à objectiver ces dysfonctions scapulaires. Un traitement ciblé sur le renforcement des muscles essentiels à la stabilité et à la mobilité de la scapula lors des mouvements du bras permettra de restaurer la coordination et l’équilibre de ces groupes musculaires fixateurs. Des étirements spécifiques des structures capsulaires et musculaires postérieures ainsi que du petit pectoral rendront à la scapula sa mobilité et limiteront certaines positions vicieuses (antéprojection de l’épaule) accompagnant la dyskinésie.

(3) Le centrage huméral exige une balance équilibrée entre les muscles agonistes et antagonistes, plus précisément entre les muscles rotateurs internes (RI), frénateurs du bras lors de l’armer et effecteurs du lancer, et les rotateurs externes (RE), responsables de la rotation externe lors de l’armer et du contrôle du bras en fin de lancer. L’alternance de contractions concentriques et excentriques rapides, et le respect de l’équilibre des forces agonistes/antagonistes (RE/RI) assurent la performance lors du geste sportif et réduit le risque de survenue lésionnelle. Des perturbations de cet équilibre sont régulièrement décrites lors de l’évaluation isocinétique, réalisée selon un protocole spécifique à l’épaule sportive (position, modes de contraction, vitesses angulaires). Ces déséquilibres apparaissent liés à certaines lésions tendineuses de la coiffe des rotateurs, ce qui justifie leur dépistage par des tests en début de saison. Une prise en charge de qualité, sur les plans préventif et curatif, devra comporter un renforcement adéquat et un suivi longitudinal du profil musculaire de l’athlète.




Références

FORTHOMME B, CRIELAARD JM, CROISIER JL. (2006). Rééducation de l’épaule du sportif : Proposition d’une fiche d’évaluation fonctionnelle. J Traumatol Sport, 23, 193-202.

FORTHOMME B, CRIELAARD JM, CROISIER JL. (2008). Scapular positioning in athlete’s shoulder: particularities, clinical measurements and implications. Sports Med, 38(5), 369-386.

FORTHOMME B, CRIELAARD JM, FORTHOMME L, CROISIER JL. (2007). Field performance of javelin throwers: Relationship with isokinetic findings. Isokinet Exerc Sci, 15, 195-202.

FORTHOMME B, CROISIER JL, CICCARONE G, CRIELAARD JM, CLOES M. (2005). Factors correlated with volleyball spike velocity. Am J Sports Med, 33(10), 1513-1519.
Researchers ; Professionals ; Students
http://hdl.handle.net/2268/119104

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