Reference : La face cachée des intrigues de cour. Prolégomènes à une étude du rôle des femmes royale...
Scientific journals : Article
Arts & humanities : Classical & oriental studies
http://hdl.handle.net/2268/111683
La face cachée des intrigues de cour. Prolégomènes à une étude du rôle des femmes royales dans les royaumes hellénistiques
French
Caneva, Stefano mailto [Université de Liège - ULg > Département des sciences de l'antiquité > Département des sciences de l'antiquité >]
May-2013
Mètis : Revue d’Anthropologie du Monde Grec Ancien : Philologie, Histoire, Archéologie
Edition EHESS
V. SEBILLOTTE CUCHET et S. BOEHRINGER (éds), Des femmes en action. L'individu et la fonction en Grèce antique.
133-151
Yes
International
1105-2201
Paris - Athènes
France - Grèce
[en] Hellenistic Queenship ; Arsinoe ; Laodice ; Artemisia ; euergetism ; ruler cults
[fr] Dans mon intervention je me propose de partir des représentations du rôle des femmes dans les récits stéréotypés sur la dégénération des cours hellénistiques pour réfléchir sur les « dessous » politiques (institutionnels et idéologiques) que ces récits ne sont pas à même, ou ne veulent pas, révéler. J’articulerai mon discours suivant quatre mots-clés : complot ; basilissa ; Aphrodite ; euergétisme.
Le complot, la première activité qui caractérise les reines hellénistiques dans l’historiographie, dépend en fait souvent de l’incapacité des auteurs grecs de comprendre en sens politique le rôle des femmes dans une tradition, celle de la Macédoine, qui est différente de celle qu’ont développée les poleis de la Grèce péninsulaire. Par conséquent, les intrigues amoureuses dont les reines sont protagonistes peuvent être lues, dans la plupart des cas, comme une ressource narrative topique, employée pour palier à un déficit d’interprétation politique. Pourtant, l’insuffisance du récit historiographique n’est pas toujours un symptôme de naïveté : l’analyse de certains cas spécifiques montre que la topique de la femme qui utilise la séduction pour tramer des complots à l’intérieur de la cour fonctionne parfois comme un instrument de propagande, visant à effacer les vraies motivations politiques des guerres et des conspirations.
Mais propagande diffamatoire mise à part, où faut-il chercher les vrais enjeux du rôle politique des reines hellénistiques ? Un premier problème se pose parce que, dans le vocabulaire politique de l’hellénisme, le féminin basilissa n’a pas une fonction équivalente au masculin basileus. Alors que celui-ci renvoie à l’unicité institutionnelle du roi, basilissa peut être la reine, en tant que femme du roi (terme qui se révèle déjà ambigu dans le système de polygamie traditionnelle argéade), aussi bien que d’autres femmes royales, à partir des princesses jusqu’aux hetairai royales. A l’unicité institutionnelle du basileus, s’oppose donc la pluralité, ouverte à plusieurs types de relations familiales, des basilissai. Ce décalage linguistique et politique a notamment des conséquences sur notre compréhension des sources, d’autant plus quand il s’agit de la traduction regina dans l’historiographie romaine sur l’hellénisme.
Les reines hellénistiques sont presque toujours associées à Aphrodite. Pourquoi ? Une comparaison entre Theocr. XVII et le dossier épigraphique sur Laodike III montrera les liens entre cette identification avec la déesse de la séduction, évoquant aussi bien la fécondité des nouvelles épouses, et la ratification idéologique d’un modèle de légitimité de la reine à l’intérieur de la cour et de la société.
Ce modèle s’appuie sur une relation entre l’ euérgetisme de la reine, c’est à dire son intervention résolutive à la fois dans la vie de la cour et dans les relations politiques avec les poleis et les temples, et la diffusion des cultes en son honneur. Mais, comme pour les rois, l’euergétisme n’a pas seulement un côté idéologique. Les reines hellénistiques peuvent agir comme des bienfaiteurs parce qu’elles peuvent disposer de rentes et d’un certain niveau d’indépendance économique et politique, selon un statut dont les modèles seront à distinguer suivant plusieurs traditions, de celle de la Macédoine à celles de la Perse et de l’Égypte, en passant par des cultures de contact, comme celles qu’a développées l’histoire séculaire des dynasties de l’Asie Mineure.
http://hdl.handle.net/2268/111683

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