Reference : After Melancholia: A Reappraisal of Second-Generation Diasporic Subjectivity in the W...
Books : Book published as author, translator, etc.
Arts & humanities : Literature
http://hdl.handle.net/2268/110326
After Melancholia: A Reappraisal of Second-Generation Diasporic Subjectivity in the Work of Jhumpa Lahiri
English
Munos, Delphine mailto [Université de Liège - ULg > Département des langues et littératures modernes > Littérature anglaise moderne et littérature américaine >]
2013
Rodopi
Cross/Cultures Readings in Post/Colonial Literatures and Cultures in English; 169
237
9789042037403
Amsterdam / New York
The Netherlands/USA
[en] Lahiri ; Diaspora ; Melancholia
[en] Mindful of the tunnel vision sometimes created by the privileging of ‘hybridity talk’ and matters of culture in discussions of texts by minority writers, Delphine Munos in After Melancholia reads the work of the Bengali-American celebrity author Jhumpa Lahiri against the grain, by shifting the ground of analysis from the cultural to the literary. Via interdisciplinary incursions into the domains of literary and psychoanalytic criticism, as well as into those of trauma and diaspora studies, Munos takes up “Hema and Kaushik,” the triptych of short stories included in Unaccustomed Earth (2008), as exemplary texts in which Lahiri redefines notions of belonging and arrival regarding the Bengali-American second generation, not in terms of cultural assimilation – which would hardly make sense for characters born in the USA in the first place – but in terms of a resymbolization of the gaps in the parents’ migrant narratives. Calling for a re-assessment of Lahiri’s work in terms of a dialectical relationship between (transgenerational) mourning and melancholia, Munos provides a compelling reading grid by means of which underrepresented aspects of the rest of Lahiri’s work, especially her novel The Namesake (2003), gain new visibility.
[fr] L’œuvre de Jhumpa Lahiri a beau être citée comme une des plus représentatives du grand succès de la littérature diasporique indienne nord américaine aujourd’hui, il n’en reste pas moins que son hypervisibilité médiatique coïncide avec une troublante invisibilité critique. Non pas que la littérature secondaire sur les trois livres de Lahiri soit inexistante, surtout depuis que l’auteur a remporté le prix Pulitzer en 2000 pour son premier recueil de nouvelles, Interpreter of Maladies. Mais ces lectures critiques s’appuient dans leur grande majorité sur l’hypothèse que les notions d’assimilation et d’hybridité culturelles sont toujours d’actualité pour analyser des récits ayant trait à la seconde génération, celle qui se considère « indienne » principalement en rapport aux parents, et qui n’a jamais accès à l’expérience migratoire qu’indirectement. Faisant fi de la différence entre les différentes générations de la diaspora indienne aux Etats-Unis – notamment du fait que, contrairement à leurs aînés, les membres de la seconde génération n’ont d’autre choix que de se référer aux Etats-Unis comme espace identitaire – ce consensus critique masque des aspects importants de la complexité du parcours de Gogol dans le roman de Lahiri, The Namesake, et s’avère tout à fait insuffisant pour envisager le dernier recueil de nouvelles de l’auteur, Unaccustomed Earth, qui aborde l’installation de la seconde génération dans l’âge adulte en interrogeant les notions stéréotypées de transmission et d’héritage. Et si ce qui était transmis d’une génération à l’autre avait davantage à voir avec le négatif, qu’avec le positif, c'est-à-dire, avec les catégories du creux, de l’absence, et du non-dit ?
<br />Prenant appui sur le travail critique de Vijay Mishra qui place la thématique du deuil impossible au cœur de la subjectivité diasporique, ma dissertation s’intéresse à la façon dont Lahiri redéfinit la notion d’appartenance et d’arrivée quant à la seconde génération indo-américaine non pas en termes d’assimilation culturelle – ce qui ne fait plus vraiment sens pour des personnages nés aux Etats-Unis – mais en termes d’une resymbolisation des creux de l’histoire migratoire parentale, plus particulièrement d’une resymbolisation de la « perte fantôme » hantant les rapports intergénérationnels. Investiguant les figures du creux, du spectral et du message, ma recherche s’inspire principalement de la psychanalyse (Sigmund Freud, Julia Kristeva, Nicolas Abraham et Maria Torok, André Green, Jean Laplanche). Cette approche méthodologique est motivée par le souci de dégager la valeur éminemment « littéraire » de l’œuvre de Lahiri, dont la portée a été significativement réduite par un consensus critique privilégiant à outrance le champ du culturel.
<br />Même si j’aborde à certains moments l’ensemble de l’œuvre de l’auteur, la lecture rapprochée de trois textes que je considère exemplaires, les trois nouvelles entrelacées de « Hema and Kaushik » ou la seconde partie de Unaccustomed Earth, constitue la partie centrale de mon travail. C’est à travers ces trois nouvelles, en effet, et plus particulièrement à travers la métaphore de la mère morte, que Lahiri inscrit la problématique du deuil au cœur d’une nouvelle « arrivée » générationnelle. C’est aussi au travers d’ « Hema and Kaushik » que Lahiri révèle une facette plus sombre et moins idéalisante de l’expérience diasporique, qui induit une relecture des scénarios ayant construit la figures du migrant comme emblème d’un monde hypermobile, où le brouillage des relations entre corps, espace, et temps, est essentialisé comme gage ultime de liberté.
<br />Ma dissertation comporte quatre chapitres. Le premier analyse « Once in a Lifetime », la première nouvelle de la trilogie de Lahiri, avec pour objectif de montrer comment la figure de l’apostrophe ouvre ici un espace de deuil qui confond les frontières entre absence et présence, retour et arrivée, le « je » et le « tu », tout en positionnant Kaushik, pour Hema, comme une figure transitionnelle dont l’absence pourrait bien permettre l’émergence d’une nouvelle voix (voie ?) générationnelle. Le deuxième chapitre est consacré à « Year’s End », et s’intéresse à la façon dont Lahiri s’empare du gothique afin de mettre en lumière l’importance de la temporalité de l’« après-coup » (afterwardsness) dans sa représentation de la seconde génération indo-américaine. Les théories psychanalytiques de Nicolas Abraham et de Maria Torok, entre autres, m’aideront à montrer comment, dans la trilogie de Lahiri, la métaphore de la mère morte entremêle les notions d’héritage, de transmission et d’infiltration. Mettant en question l’unité du « je » dans le deuxième texte de « Hema and Kaushik », le troisième chapitre de ma dissertation investit les souterrains de la trilogie, pour ainsi dire, et s’attache non pas à tout ce qui est « dans les mots », mais « entre les mots », pour reprendre l’expression consacrée de Marcel Proust. Il sera notamment question de revisiter des aspects de « Once in a Lifetime » et de « Year’s End » qui prennent un sens nouveau en regard de l’interaction des trois nouvelles. Prenant appui sur le concept de « la mère morte » d’André Green, je proposerai alors une lecture alternative de la trilogie de Lahiri, en vertu de laquelle la romance entre Hema et Kaushik n’est qu’une intrigue de surface servant à donner corps au cœur d’indicible et d’impensable dans l’existence d’Hema. Dans le dernier chapitre, les théories de Jean Laplanche sur la formation du moi et de l’inconscient en rapport au « message de l’autre » me permettront de pénétrer l’envers du décor de la mélancolie intergénérationnelle, cet espace où la nostalgie sans fin est révélée en tant qu’elle s’organise moins autour d’une quelconque chose réelle qu’autour d’une entité fantôme dont l’idéalisation sert à masquer la nécessité d’en découdre avec une histoire de perte, qui comporte aussi sa part de culpabilité.
CEREP
Fonds de la Recherche Scientifique (Communauté française de Belgique) - F.R.S.-FNRS
Researchers ; Professionals ; Students
http://hdl.handle.net/2268/110326
also: http://hdl.handle.net/2268/156387
http://www.rodopi.nl/senj.asp?BookId=CC+169

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