| Reference : Des Châtelperroniens en rouge et noir : l'exploitation des matériaux colorants dans la g... |
| Scientific congresses and symposiums : Unpublished conference | |||
| Arts & humanities : Archaeology | |||
| http://hdl.handle.net/2268/108354 | |||
| Des Châtelperroniens en rouge et noir : l'exploitation des matériaux colorants dans la grotte du Renne à Arcy-sur-Cure, Yonne | |
| French | |
Salomon, Hélène [Université de Liège - ULg > Département de physique > Physique nucléaire, atomique et spectroscopie >] | |
| Coquinot, Yvan [ > > ] | |
| Vignaud, Colette [ > > ] | |
| Julien, Michèle [ > > ] | |
| 2011 | |
| Yes | |
| National | |
| Colloque MADAPCA | |
| du 16 novembre 2011 au 18 novembre 2011 | |
| CNRS - Muséum National d'Histoire Naturelle | |
| Paris | |
| France | |
| [fr] Depuis une décennie, les découvertes de matériaux colorants se multiplient parmi les sites dont les
occupations remontent au Paléolithique moyen et au Paléolithique supérieur ancien. L’intérêt qu’elles suscitent tient à ce qu’elles sont susceptibles de révéler des pratiques techniques diverses et complexes, mais il tient aussi à leur forte potentialité à traduire des pratiques symboliques du fait de leur pouvoir colorant intense et des couleurs exploitées : le rouge et le noir. C’est sur le gisement châtelperronien de la grotte du Renne à Arcy-sur-Cure (Yonne), fouillé de 1949 à 1963 par André Leroi-Gourhan, qu'environ 2000 matières colorantes découvertes ont conduit à échafauder des théories concernant leurs transformations et leurs utilisations qui méritaient d’être éprouvées. Il est supposé, depuis leur découverte, qu’elles ont fait l’objet d’un chauffage contrôlé qui visait à en modifier la couleur, le chauffage permettant de transformer les matières colorantes jaunes (hydroxydes de fer) en orangé, en rouge et en violacé (oxydes de fer). De cette hypothèse découle la théorie selon laquelle les Néandertaliens ont exploité les matières colorantes en tant que pigment pour des réalisations symboliques, voire d’ordre esthétique, ce qui n’a pas encore pu être prouvé. La présente étude, fondée sur le croisement des données issues des analyses de la nature physico-chimique et pétrographique des assemblages de matières colorantes, mais aussi sur leur intégration dans le gisement, en association avec des structures d’habitat dont la conservation est exceptionnelle, et sur une série d’expérimentations visant à caractériser les poudres obtenues par différents moyens a permis de définir les choix techniques qui ont présidé à l’approvisionnement en matières colorantes dans tous les niveaux d’occupation châtelperroniens de la grotte du Renne. Il a ainsi été possible de démontrer qu’aucune des matières colorantes, rouges ou noires, n’a fait l’objet d’un chauffage préalablement à son utilisation, bien au contraire de ce qui avait été supposé jusqu’ici. Ces matières colorantes ont fait l’objet d’un approvisionnement raisonné auprès de formations géologiques affleurant ponctuellement. L’exploitation de ces gîtes de matières premières colorantes a été la même durant toute la séquence châtelperronienne et s’est orientée préférentiellement vers des matériaux que l’on peut aisément réduire en poudre. L’assemblage des matières colorantes de la grotte du Renne révèle à la fois une permanence des pratiques techniques et culturelles qui ont trait à l’emploi de matières colorantes et un profond ancrage des connaissances et de la compréhension des multiples propriétés et qualités de ces matériaux intensément mises à profit dans des activités diverses, domestiques, artisanales et manifestement aussi d’ordre symbolique, de telle sorte que le gisement châtelperronien était tout de rouge et noir. | |
| http://hdl.handle.net/2268/108354 |
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