Reference : Stratégies spécialisées d’acquisition de pigments rouges durant le Châtelperronien de...
Scientific congresses and symposiums : Paper published in a journal
Arts & humanities : Archaeology
http://hdl.handle.net/2268/108354
Stratégies spécialisées d’acquisition de pigments rouges durant le Châtelperronien de la grotte du Renne à Arcy-sur-Cure (Yonne, France)
French
Salomon, Hélène mailto [Université de Liège - ULg > Département de physique > Physique nucléaire, atomique et spectroscopie >]
Coquinot, Yvan [> >]
Beck, Lucile [> >]
Vignaud, Colette [> >]
Lebon, Matthieu [> >]
Odin, Giliane P. [> >]
Mathis, François mailto [Université de Liège > > Centre européen en archéométrie >]
Julien, Michèle [> >]
2014
Paléo
Special issue
125-133
Yes
Yes
National
1145-3370
2101-0420
Colloque Micro-Analyses et Datations de l’Art Préhistorique dans son Contexte Archéologique (MADAPCA)
from 16 to 18-11-2011
CNRS - Muséum National d'Histoire Naturelle
Paris
France
[fr] Depuis une décennie, les découvertes de matériaux colorants se multiplient parmi les sites dont les
occupations remontent au Paléolithique moyen et au Paléolithique supérieur ancien. L’intérêt
qu’elles suscitent tient à ce qu’elles sont susceptibles de révéler des pratiques techniques diverses et
complexes, mais il tient aussi à leur forte potentialité à traduire des pratiques symboliques du fait de
leur pouvoir colorant intense et des couleurs exploitées : le rouge et le noir. C’est sur le gisement
châtelperronien de la grotte du Renne à Arcy-sur-Cure (Yonne), fouillé de 1949 à 1963 par André
Leroi-Gourhan, qu'environ 2000 matières colorantes découvertes ont conduit à échafauder des
théories concernant leurs transformations et leurs utilisations qui méritaient d’être éprouvées. Il est
supposé, depuis leur découverte, qu’elles ont fait l’objet d’un chauffage contrôlé qui visait à en
modifier la couleur, le chauffage permettant de transformer les matières colorantes jaunes
(hydroxydes de fer) en orangé, en rouge et en violacé (oxydes de fer). De cette hypothèse découle la
théorie selon laquelle les Néandertaliens ont exploité les matières colorantes en tant que pigment
pour des réalisations symboliques, voire d’ordre esthétique, ce qui n’a pas encore pu être prouvé.
La présente étude, fondée sur le croisement des données issues des analyses de la nature
physico-chimique et pétrographique des assemblages de matières colorantes, mais aussi sur leur
intégration dans le gisement, en association avec des structures d’habitat dont la conservation est
exceptionnelle, et sur une série d’expérimentations visant à caractériser les poudres obtenues par
différents moyens a permis de définir les choix techniques qui ont présidé à l’approvisionnement en
matières colorantes dans tous les niveaux d’occupation châtelperroniens de la grotte du Renne. Il a
ainsi été possible de démontrer qu’aucune des matières colorantes, rouges ou noires, n’a fait l’objet
d’un chauffage préalablement à son utilisation, bien au contraire de ce qui avait été supposé
jusqu’ici. Ces matières colorantes ont fait l’objet d’un approvisionnement raisonné auprès de
formations géologiques affleurant ponctuellement. L’exploitation de ces gîtes de matières premières
colorantes a été la même durant toute la séquence châtelperronienne et s’est orientée
préférentiellement vers des matériaux que l’on peut aisément réduire en poudre.
L’assemblage des matières colorantes de la grotte du Renne révèle à la fois une permanence
des pratiques techniques et culturelles qui ont trait à l’emploi de matières colorantes et un profond
ancrage des connaissances et de la compréhension des multiples propriétés et qualités de ces
matériaux intensément mises à profit dans des activités diverses, domestiques, artisanales et
manifestement aussi d’ordre symbolique, de telle sorte que le gisement châtelperronien était tout de
rouge et noir.
http://hdl.handle.net/2268/108354

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