Reference : Espace urbain et lieux de culte. Le projet de mosquée à Glain, "objet de négociation ...
Scientific journals : Article
Law, criminology & political science : Political science, public administration & international relations
http://hdl.handle.net/2268/107036
Espace urbain et lieux de culte. Le projet de mosquée à Glain, "objet de négociation et de controverse"
French
Piet, Grégory mailto [Université de Liège - ULg > Département de science politique > Gouvernance et société >]
Brunet, Sébastien mailto [Université de Liège - ULg > Département de science politique > Gouvernance et société >]
Dec-2011
Cahiers de Sciences Politiques de l'ULg
Université de Liège. Département de Science Politique
20
Yes
International
1784-6390
Liège
Belgium
[fr] espace urbain ; lieu de culte ; controverse ; Liège ; mosquée
[fr] Si « la ville, communauté humaine élargie, est à la fois un système d’individus et d’institutions en interdépendance, et un ordre spatial » (Grafmeyer, et al., 2004 : 23), il n’en reste pas moins que cette organisation de l’espace urbain est confronté à une recomposition constantes en fonction du jeu des acteurs en présence. Ainsi, dans cette contribution nous nous intéresserons plus particulièrement à l’intégration du facteur religieux dans l'espace urbain en prenant comme étude de cas le projet de construction d’une mosquée et d’un centre culturel turc dans le quartier de Glain à Liège (Belgique).

Si l’héritage chrétien est présent depuis des siècles dans nos villes, quartiers et rues, voire fondu dans le paysage urbain, il n’en va pas de même de l’architecture orientale qui peut se manifester au travers de lieux de culte propres aux communautés musulmanes. Certes la géographie des religions n’est pas neuve, des auteurs comme P. Deffontaines (1948) ou X. de Planhol (1957) avaient entrevu les enjeux et controverses que pourrait générer la présence musulmane sur le plan urbanistique. Cependant, la visibilité du religieux, due notamment à la mondialisation du fait religieux (Geoffroy, et al., 2007) ou la remise en cause de nos sociétés suite aux conséquences de la modernité (Giddens, 2000) et de ses valeurs, par exemple, particulièrement à un niveau local, tendent à mettre sous tension la question de la place de ces projets particuliers. De manière générale, la déterritorialisation des religions (Willaime, 2004) – autrement dit, la distanciation qui s’opère entre le principe cujus regio, ejus religio et la réalité effective que vivent les acteurs et habitants de nos quartiers – conduit à de nouvelles configurations territoriales (Piet, 2010) qui rendent, d’une part, obsolète ce principe et, d’autre part, influencent considérablement la prise en compte des recompositions urbaines au regard de l’existence sociale des communautés musulmanes.

Cette contribution met donc en perspective une controverse liée directement à la visibilité de l’islam au départ du projet de construction d’un lieu de culte dans l’espace urbain. Ce type de controverses revêt un enjeu culturel et identitaire clairement identifiable et permet « de préciser la nature des déplacements à l’œuvre dans les systèmes de représentations et de pratiques » (Despoix, 2005 : 13). La controverse qui nous occupe a cependant cela de spécifique qu’elle renvoie à un imaginaire et à une « production de l’espace » (Lefèbvre, 2001) que construisent les acteurs. Il conviendra, dans ce cas précis, de se replonger dans les méandres de cette combinaison entre l’espace urbain et la construction de nouveaux lieux de culte associés aux religions minoritaires, comme le cas de l’islam en Belgique, et ce, pour comprendre ce qui produit la situation aujourd’hui controversée d’une urbanisation envisagée plus de quatre ans avant la polémique. La question initiale tente d’identifier, dans un premier temps, le caractère négociable des lieux de cultes (« sont-ils toujours des espaces négociés ? ») et, dans un second temps, sur quoi porte la négociation (« restons-nous dans des considérations à prédominance religieuse ou est-ce, principalement, une négociation sur l’espace urbain et l’aménagement du territoire d’un quartier ou d’une ville ? »). Enfin, il s’agira de comprendre comment se combinent ces considérations religieuses et l’espace urbain.

Afin de répondre au mieux à cette interrogation, l’orientation méthodologique s’inscrit dans la lignée des études sur les controverses proposées par B. Latour (2005 ; 2007) qui, à partir d’un objet, dresse toute une série d’associations « sociales » au départ d’un acteur-réseau qui tisse sa toile. La méthodologie mêle une analyse médiatique (une vingtaine d’articles de presse ont pu être identifiés ou même titre qu’une dizaine de reportages et interviews audio-visuels), des entretiens semi-directifs réalisés auprès des acteurs locaux impliqués dans la controverse et une analyse des débats d’un groupe créé au sein du réseau social Facebook (plus de quarante pages de débat ont pu être exploitées avant mars 2010 ; date à laquelle les débats n’ont plus été publics), et ce, au départ d’une approche inductive, en s’appuyant sur la théorie ancrée (Glaser et Strauss, 2010). Les entretiens nous ont essentiellement permis de comprendre l’historique de la controverse, d’identifier les rapports de forces entre les acteurs et les relations particulières qui ont pu naître entre ces derniers. À cela s’ajoute une analyse des discours des différents acteurs et groupes d’acteurs afin de comprendre leur représentation de la controverse.
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Researchers ; Professionals
http://hdl.handle.net/2268/107036
http://popups.ulg.ac.be/csp/document.php?id=516

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