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See detailLes représentations sociales en question : La critique ranciérienne des identités
Hagelstein, Maud ULiege; Darcis, Damien

Conference (2016)

Les démarches urbanistiques et architecturales aujourd’hui mises sur le devant de la scène incluent chaque fois un objectif d’intégration, d’inclusion ou de cohésion sociale. Nées en réaction contre le ... [more ▼]

Les démarches urbanistiques et architecturales aujourd’hui mises sur le devant de la scène incluent chaque fois un objectif d’intégration, d’inclusion ou de cohésion sociale. Nées en réaction contre le courant moderniste, accusé d’avoir délaissé les hommes concrets pour leur préférer un être abstrait à venir dans un mode nouveau et, de ce fait, d’avoir produit des espaces inhumains, vecteurs de mal-être et de ségrégation sociale, ces démarches inclusives se caractérisent par l’accent mis sur les habitants d'un lieu : il s’agit maintenant de cibler les attentes, les désirs ou les besoins de groupes sociaux spécifiques pour y répondre au mieux. Dans ce contexte où l'on ne cesse plus d'insister sur la nécessité de prendre en compte les spécificités des populations locales ou de s'adapter à des publics ciblés, les disciplines et les théories portant sur les identités sociales sont donc de plus en plus largement mobilisées. La sociologie urbaine a par exemple pris de plus en plus de place dans les cursus universitaires des sciences ou des arts de l'espace. Dans bien des cas axée sur la réalisation d'enquêtes empiriques, elle permet de dresser le portrait de groupes sociaux spécifiques et d'affiner, par exemple, la programmation d'un projet. À en croire les décideurs politiques autant que les porteurs de projet, ces trente dernières années auraient vu l'avènement de politiques urbanistiques et architecturales enfin axées sur « l'Humain », même si, malgré l'emploi récurrent de ce terme générique, cela implique paradoxalement, en matière d’aménagement, de créer des espaces adaptés à des groupes sociaux spécifiques. Pour être proche de « l’Humain », il faut donc d’abord apprendre à distinguer parmi les hommes des groupes ayant des comportements, des manières de penser et de vivre différents ou, en somme, une identité sociale bien à eux. Pour de nombreux théoriciens, les identités sociales sont ainsi considérées, suivant la formule d’Emmanuel Renault, comme une forme « de reconnaissance sociale privilégiée, voire d'achèvement de la reconnaissance » y compris de certains groupes qui, jusque-là, étaient évincés de la scène politique. Pourtant quelques questions s'imposent. D'un côté, dans quelle mesure l'assignation d'un groupe à une identité sociale, c'est-à-dire à un ensemble de propriétés, de manières de vivre et de penser bien définies, ne lui ôte-t-elle pas la parole au bénéfice du discours de celui – le savant par exemple – qui l'aura identifiée ? De l'autre côté, dans quelle mesure la « reconnaissance » de l'identité sociale de certains groupes, puis l'adaptation d'un projet aux attentes ou aux désirs liés à ces identités, ne réduisent-t-elles pas ces groupes à « leur identité », jusqu’à les y enfermer ? Si l'identité sociale d'un groupe est indissociable de la place qu'il occupe au sein d'un ordre social hiérarchisé – avoir une identité, c'est avoir une place ou être à sa place par rapport ou en opposition à d'autres places –, dans quelle mesure la reconnaissance et l'adaptation de l'identité sociale des groupes, dans des projets d'aménagement urbain, ne contribuent-elles pas à figer la répartition et la hiérarchisation des places instituées au sein d'un ordre social particulier ? Avec Alain Badiou, dans Le siècle, il faut se demander si le fantasme à peine dissimulé de cette théorie des identités n'est pas au fond d'organiser l'espace humain comme un espace naturel, avec des milieux adaptés aux espèces, fussent-elles sociales, des devenirs, des transformations et des interactions soigneusement contrôlées ? Dans ce cas, les démarches urbanistiques et architecturales mobilisant les théories des identités sociales auraient des conséquences politiques inverses à celles qu’elles revendiquent : non pas l'inclusion sociale ou l'émancipation collective, mais la reproduction ou le renforcement, à même l'espace, d'un ordre social distribuant les places de dominants et de dominés. Dans notre proposition, on voudrait précisément interroger le statut de ces identités et de ces représentations sociales, quand elles sont mobilisées - par certains acteurs de la scène architecturale - dans le cadre d'une intervention dans l'espace urbain. Pour ce faire, nous analyserons l'approche du philosophe français contemporain Jacques Rancière. Pour le dire vite, ce dernier est aujourd'hui souvent présenté comme « le philosophe de l'égalité » s'étant opposé à l'idée marxiste, en particulier althussérienne, suivant laquelle l'émancipation politique des classes dominées passe d'abord par la prise de conscience des conditions et des mécanismes de la domination. L’émancipation passerait donc nécessairement par la figure du savant ou du maître disposant de cette science/connaissance des mécanismes de la domination. Contre ce modèle, Rancière a développé une pensée libertaire axée sur l'étude de certains cadres spécifiques, par exemple esthétiques, pour montrer comment, sous certaines conditions, on peut créer des écarts par rapport à l'ordre de la domination et amener les gens à penser de manière égalitaire. On s’intéressera ici prioritairement à la critique de la théorie des classes et des identités sociales (déjà très importante dans La nuit des prolétaires). Notre propos sera construit en trois temps. (1) Dans un premier temps, on reviendra sur la distinction qu'établit Jacques Rancière entre la police et le politique, distinction essentielle qui lui permet d’inscrire les événements sociaux dans deux grandes tendances : l'une visant le renforcement des rapports de domination, l'autre, l'émancipation de groupes de personnes jusque-là exclues des affaires communes – de la « chose politique ». (2) Dans un second temps, partant de sa critique de l'histoire sociale des mentalités, on verra comment Rancière lie le problème des identités sociales à celui de l'ordre policier de la domination. Il s'agira de montrer pourquoi la définition et l'assignation d'identités sociales à des groupes particuliers contribuent au renforcement de l'ordre de la domination. Puis, partant de sa thèse suivant lesquelles tout ordre a ses marges, ses « ratés », ses moments d'indétermination, on montrera comment et pourquoi l'émancipation politique implique selon lui de favoriser, contre la stigmatisation/assignation identitaire, l’émergence d'un sujet politique capable de brouiller, au moins pour une part, les identités sociales. (3) Dans un troisième temps, il s'agira alors de voir si cette possibilité de brouiller les identités est simplement virtuelle ou théorique, auquel cas il suffirait de ne plus prêter attention aux identités pour qu'elles s'effacent, ou si elle est au contraire factuelle, c'est-à-dire indissociable précisément d'une situation particulière qui tend à les compliquer, les suspendre ou les effacer ? Sans fermer trop brutalement le débat, on envisagera prioritairement le cas de l’expérience esthétique – comme condition d’émergence d’un rapport critique aux identités sociales. [less ▲]

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See detailIconic turn et critique du paradigme langagier
Hagelstein, Maud ULiege

in Bulletin d'Analyse Phénoménologique (2016), 12 (2016)(2),

Comment appréhender le problème de la légalité des significations dans le champ non verbal du visuel ? Tel est l’exercice auquel s’essaie le théoricien de l’image allemand Gottfried Boehm, soucieux de ... [more ▼]

Comment appréhender le problème de la légalité des significations dans le champ non verbal du visuel ? Tel est l’exercice auquel s’essaie le théoricien de l’image allemand Gottfried Boehm, soucieux de dégager les principes formels structurant l’émergence de significations dans le domaine du visuel, tout en tenant à distance l’usage de la grammaire prédicative pour la compréhension des images. Sa proposition s’inscrit dans le cadre des débats autour de ce que l’on appelle — dans le domaine de la théorie de l’image actuelle — l’iconic turn (le « tournant iconique » / ikonische Wendung). À bien des égards, l’iconic turn est lié à une réflexion large sur l’héritage de l’iconologie, cette discipline d’interprétation des images inaugurée en 1912 par le théoricien de l’art Aby Warburg (1866-1929), nourrie par la philosophie des formes symboliques de Ernst Cassirer (1874-1945), et systématisée par Erwin Panofsky (1892-1968) dans ses Essais d’iconologie (1939), notamment1. Visant l’interprétation du contenu symbolique des images, la méthode iconologique concevait l’art comme l’un des domaines essentiels de production de sens, une « forme symbolique » privilégiée, pour reprendre la terminologie cassirérienne2. Le célèbre tableau synthétique repris en introduction aux Essais d’iconologie montre comment procède l’iconologie, par dégagement progressif de couches de significations. S’il a construit sa méthode en dialogue avec la philosophie, Panofsky n’a pas pour autant intégré au cahier des charges de l’iconologie l’ambition de dégager systématiquement les principes formels conditionnant la possibilité même de la signification — raison pour laquelle cette discipline n’est pas à proprement parler philosophique. L’iconologie est exégétique ; elle offre les outils nécessaires à une interprétation précise du contenu des œuvres. Table des matières 1. Changement de paradigme : le tournant iconique 2. La différence iconique : une logique des contrastes 3. L’image montre la monstration 4. Un affranchissement relatif Conclusion [less ▲]

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See detailL'atlas à l'épreuve de l'image en mouvement (Warburg, Farocki, Didi-Huberman)
Hagelstein, Maud ULiege; Hamers, Jérémy ULiege

in MethIS : Méthodes et Interdisciplinarité en Sciences Humaines (2016)

Partant des travaux récents de Georges Didi-Huberman sur l’atlas d’images (A. Warburg) comme outil et support d’une nouvelle heuristique du montage, ce texte confronte l’installation Histoires de fantômes ... [more ▼]

Partant des travaux récents de Georges Didi-Huberman sur l’atlas d’images (A. Warburg) comme outil et support d’une nouvelle heuristique du montage, ce texte confronte l’installation Histoires de fantômes pour grandes personnes (G. Didi-Huberman, A. Gisinger, 2012), composée pour partie d’images en mouvement, à la pensée de la table warburgienne comme lieu d’une perpétuelle reconfiguration et d’une nouvelle lisibilité du monde. Se pourrait-il en effet qu’une image en mouvement, prise d’ordinaire dans un continuum clos, se dote, à travers le montage, des mêmes potentialités critiques – c’est-à-dire d’un même pouvoir inquiétant – que l’image fixe offerte au déambulateur de l’atlas ? [less ▲]

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See detailUsages du montage cinématographique : entre renfort de l'idéologie et résistance critique (sur Siegfried Kracauer)
Hagelstein, Maud ULiege

Scientific conference (2015, December 14)

Je voudrais commencer par sonder/éprouver – à partir des textes de S. Kracauer – la possibilité d’un usage politiquement émancipateur de l’image à travers le montage. À larges traits, ma proposition ... [more ▼]

Je voudrais commencer par sonder/éprouver – à partir des textes de S. Kracauer – la possibilité d’un usage politiquement émancipateur de l’image à travers le montage. À larges traits, ma proposition consiste à tester l’hypothèse selon laquelle le montage cinématographique n’a peut-être pas (ou n’avait peut-être pas dans les années 1920-1930) toutes les vertus « ouvrantes », « critiques » et « libératrices » que plusieurs auteurs actuels lui prêtent. Ou plutôt que le montage cinématographique, en soi et par nature, est loin de ces effets émancipateurs. Pour le dire encore autrement : seul un usage singulier (et en fait très détourné) du montage – usage qu’il faudrait essayer de définir avec précision – peut prétendre déstabiliser les idéologies les plus fermes, plutôt que de les conforter, au minimum, ou de les renforcer, au pire. En réalité, Kracauer ne semble pas au premier abord voir positivement les effets du montage au cinéma. Il commence en effet par penser le montage comme force déréalisante dans son opposition au principe de réalité. [less ▲]

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See detailL'Atelier, un site pour revitaliser l'iconologie (à partir de J.-C. Bailly)
Hagelstein, Maud ULiege

Scientific conference (2015, December 04)

Dans cette proposition, je voudrais me concentrer sur la question du rapport image/langage. Tension au cœur de l’iconologie. Quid du thème (désormais bien connu) de la prédominance du paradigme langagier ... [more ▼]

Dans cette proposition, je voudrais me concentrer sur la question du rapport image/langage. Tension au cœur de l’iconologie. Quid du thème (désormais bien connu) de la prédominance du paradigme langagier sur l’analyse des éléments visuels de la culture ? Quid des nombreux tournants (linguistique, iconique, anthropologique) ? Qu’en est-il de ces multiples changements de paradigmes ? Et surtout : Quid des débats parfois absurdes sur la préséance absolue du visuel sur le verbal (et vice-versa) ? Dans les jalons conclusifs de Le champ mimétique (2005), le problème est mis sur le tapis. Tout en prenant la mesure d’une prolifération exponentielle des images (nous sommes en situation d’hyper-documentation : comme le dit le cinéaste H. Farocki : où qu’on aille aujourd’hui poser sa caméra, on trouve au sol les trous laissés par les trépieds de ceux qui nous ont précédés), les discours actuels portent également le thème d’une « sortie de la représentation ». Rendue à sa matérialité propre, l’image refuse alors son rôle de prestataire de services à l’égard d’un sens préexistant qu’elle ne ferait qu’illustrer/véhiculer. La critique massive énoncée de plus en plus régulièrement par les défenseurs d’une iconologie renouvelée (qui aurait éliminé l’influence néfaste de Panofsky) consiste à montrer que le modèle langagier manque inévitablement le caractère sensible de l’image. Contre la sémiotisation excessive des formes d’expression visuelle, il faudrait donc affirmer une fonction intransitive des images, c’est-à-dire redonner à l’image une épaisseur propre, qui ne renvoie qu’à elle-même . L’image revendique une densité, non langagière, et réclame qu’on la prenne en compte comme telle. Or, selon Bailly, vouloir à tout prix choisir/trancher entre deux manières de faire image (l’image représentative vs l’image non verbale, antéprédicative) nous prive d’une compréhension complexe des jeux qui l’animent. [less ▲]

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See detailLa performance artistique pose-t-elle des gestes universels ?
Hagelstein, Maud ULiege

Scientific conference (2015, October 22)

Pourquoi le geste est important ici ? S’il l’on s’en tient à une définition minimale de la performance, on peut commencer par dire que les performeurs proposent des gestes (au sens large) ou des actions ... [more ▼]

Pourquoi le geste est important ici ? S’il l’on s’en tient à une définition minimale de la performance, on peut commencer par dire que les performeurs proposent des gestes (au sens large) ou des actions qui peuvent être valorisées au rang de gestes ou d’actions artistiques. A partir de là, on peut déjà construire un premier problème : qu’est-ce qui fait alors qu’une action puisse être valorisée au rang d’action artistique ? Quelle est la différence entre un geste quotidien et un geste dans la performance ? Quels sont les opérateurs qui font basculer ce geste du côté de l’art ? Quelle intensité, quel décalage, quelle densité de présence, quel excès par rapport au quotidien (et aux usages habituels) ? Mais notre question sera plutôt : La performance artistique pose-t-elle des gestes universels ? Les artistes rassemblés pour cette quatrième édition appartiennent à des cultures symboliques différentes. Comment peut-on se comprendre malgré tout (et comment le spectateur peut-il se brancher sur des propositions artistiques émergeant de contextes dont il ne connaît parfois rien) ? La performance est-elle l’occasion d’un langage plus sensible, plus direct, moins dépendant des conjonctures où il s’inscrit (parce que basé sur une expérience de présence effective) ? Autrement dit : le langage des actions est-il transposable d’une culture à l’autre ? A qui s’adresse la performance artistique ? Et peut-on échanger en l’absence de codes communs ? Les actions présentées dans les performances font à l’occasion appel à des symboles, précisément parce qu’elles sont généralement plastiques, et que les matières utilisées (surtout lorsqu’il s’agit des éléments fondamentaux : eau, terre, air et feu) sont souvent suggestives. Or même si des constantes ne sont pas inimaginables, l’idée d’une symbolique universelle qui rassemblerait tous les individus autour de thèmes communs – évidents pour tous – semble, sinon impossible, à tout le moins fragile. Si tous les hommes possèdent un corps, il reste assez évident que les postures et les usages en sont infinis : les signes de salutation, les gestes rituels, le rapport du corps à l’espace, aux distances, les habitudes liées à la nourriture, aux objets, toutes ces choses sont culturellement conditionnées. La question de l’universalité des gestes de l’art (de l’art performance, en l’occurrence), est un problème philosophique énorme, un Everest de la réflexion sur l’art. Il ne s’agit pas pour nous de résoudre ce problème, loin de là. Simplement de proposer – de manière ludique – quelques développements, de tester des hypothèses – qui pourraient être des hypothèses de travail pour les performeurs et des hypothèses réflexives pour le spectateur. On voit bien ce qui pose problème : « universel » est évidemment un mot qui a quelque chose d’effrayant (=ce qui lisse les singularités, ce qui nie les différences en les rassemblant sous un ordre du Même, ce qui a trait à la vérité). En réalité, le mot nous met mal à l’aise – et nous oblige à détourner l’idée même d’universel, à en proposer des versions décalées. Il ne s’agira pas ici d’essayer de défendre l’idée (à mon avis absurde) d’une symbolique universelle ou naturelle. Ce qu’on voudrait surtout se demander : comment du commun est possible ? Comment se fait-il que malgré les singularités évidentes des approches, malgré la pluri-culturalité des artistes rassemblés pour ACTUS, quelque chose soit partageable ? [less ▲]

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See detailA qui parle la performance artistique ? Polysémie du geste et réception multiple
Hagelstein, Maud ULiege

Article for general public (2015)

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See detailSurgir dans le paysage urbain. Analyse sociocritique du projet Selfiecity
Hagelstein, Maud ULiege

Conference (2015, September 17)

Mon intérêt pour le selfie s’inscrit dans le cadre d’une réflexion plus large sur la photographie vernaculaire (ou commune – au double sens du terme), c’est-à-dire celle qui n’est ni professionnelle, ni ... [more ▼]

Mon intérêt pour le selfie s’inscrit dans le cadre d’une réflexion plus large sur la photographie vernaculaire (ou commune – au double sens du terme), c’est-à-dire celle qui n’est ni professionnelle, ni explicitement artistique. Le selfie est un outil visuel qui me semble pouvoir bien fonctionner avec la thématique de l’espace urbain : *le selfie travaille à la mise en scène d’un sujet dans un contexte au sein duquel il s’implique, le sujet ayant ceci de particulier qu’il se constitue à la fois comme observateur d’une scène, opérateur de l’image (= opérateur de la représentation de cette scène) et comme figurant de celle-ci (partie de son contenu). *En tant qu’il indique donc bien souvent une interaction entre un sujet et son environnement (spatial, social), le selfie pourrait être un bon indicateur du rapport de figuration, d’intégration, liant l’homme à son espace urbain (direct ou indirect). Il m’intéressera ici pour une seconde raison (dont les enjeux sont plus directement politiques) : puisque le dispositif est relativement nouveau, en développement, le selfie peut servir en quelque sorte de laboratoire dans lequel on pourrait observer la constitution de normes formelles. Autrement dit, la nouveauté de cette forme d’expression lui permet d’échapper relativement (et sans doute provisoirement) à l’inévitable institutionnalisation progressive que connaît généralement l’art urbain. [less ▲]

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See detailIconologies contemporaines : une compréhension symbolique de l’image est-elle toujours d’actualité ?
Hagelstein, Maud ULiege

Conference (2015, September)

Le problème que je voudrais envisager ici tient à la pertinence de la compréhension symbolique de l’image. Il me semble qu’à première vue, la théorie de l’image contemporaine met en défaut ... [more ▼]

Le problème que je voudrais envisager ici tient à la pertinence de la compréhension symbolique de l’image. Il me semble qu’à première vue, la théorie de l’image contemporaine met en défaut l’interprétation symbolique de l’image. Ce débat peut être rapporté au problème de l’héritage, par les nouvelles générations de spécialistes de l’image, de la discipline de l’ICONOLOGIE et à la réception des travaux des grands historiens/théoriciens de l’art qui l’ont fondée. Depuis la fin des années 1980, de nombreuses tentatives visent à donner au concept d’iconologie un sens actuel. Au point que l’on peut – sans dénaturer cet élan théorique nouveau – parler d’« iconologies contemporaines ». La méthode iconologique vise l’interprétation du contenu symbolique des images. Elle repose donc entièrement sur une compréhension symbolique du visuel, et s’est d’ailleurs nourrie du dialogue avec la philosophie des formes symboliques d’E. Cassirer. Dans le système décrit par Cassirer, l’art se définit en tant que fonction symbolique (ce qui revient à dire = l’art est un domaine de production de significations, dont la vocation principale serait de charger de sens des éléments sensibles/matériels). Cette fonction symbolique particulière serait en outre inscrite dans un devenir historique (puisque le « contenu » des œuvres, les éléments de sens associés aux éléments sensibles, dépend fortement du contexte socio-historique d’inscription et reflète/révèle une vision du monde historiquement déterminée). Depuis la fin des années 1980, cette méthode a commencé à générer chez les théoriciens de l’art et du visuel (en général), toutes sortes de réactions d’insatisfaction – voire même d’hostilité. Les différentes réactions (je vais en détailler trois aujourd’hui : T. Mitchell, G. Didi-Huberman et G. Boehm) s’accordent (ou en tout cas pourraient s’accorder) sur le fait que l’iconologie doit être complétée : l’approche symbolique des œuvres doit par ex. pouvoir s’appuyer sur une attention soutenue à leur matérialité (c’est à cet endroit que les outils « phénoménologiques », notamment, viennent au secours de l’analyse). [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailPerformance et expérience esthétique : le régime contemporain (Rancière)
Hagelstein, Maud ULiege

in Revue Philosophique de Louvain (2015), 113(3), 479-495

The theory of regimes of identification of art set up by the philosopher J. Rancière describes the transition from the former system of Fine Arts to the aesthetic regime of art. According to this ... [more ▼]

The theory of regimes of identification of art set up by the philosopher J. Rancière describes the transition from the former system of Fine Arts to the aesthetic regime of art. According to this contemporary regime the characteristic of the various arts no longer depends essentially on their technical skill (poiesis), but on the sensible experience they favour independently of their specific ways of doing things. Artistic performance fits in perfectly into this aesthetic regime of art having regard to its ideological project: (1) it aims at the enlargement of sense experience (aesthetic experience) beyond the mere production of an object, thus destabilising the frontiers between the artistic and the non-artistic; (2) it seeks to restore the links between art and ordinary experience in order to favour living art. We shall show that the ideas developed by the Anglo-Saxon pragmatist philosophy J. Dewey strongly contributed to the definition of this radical artistic project (transl. J. Dudley). [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailFor a Critical Iconology : the Meaning, Dynamics and Effectiveness of Images
Hagelstein, Maud ULiege

in Critique d'Art : Actualité Francophone et Internationale de la Littérature Critique sur l'Art Contemporain = The International Review of Contemporary Art Criticism (2015)

The present-day theory of image comes in the wake of iconology, by virtue of the explicit re-use of several problematic themes which are central to this method, and permit its critical redevelopment : 1 ... [more ▼]

The present-day theory of image comes in the wake of iconology, by virtue of the explicit re-use of several problematic themes which are central to this method, and permit its critical redevelopment : 1. Reflection about iconic representation, about its relation to language and its specific logic; 2. The investigation into the dynamics of the image (circulation, persistence and development); 3. The study of the effectiveness of images and the production of many different kinds ok knowledge under the effect of editing operations. [less ▲]

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See detailTable-ronde autour de l'ouvrage : M. Hagelstein, "Origine et survivances des symboles. Warburg, Cassirer, Panofsky"
Hagelstein, Maud ULiege

Scientific conference (2015, May 29)

Table-ronde - échange questions/réponses - avec la participation de : Muriel VAN VLIET, Raphaël GÉLY, Rudy STEINMETZ, Alievtina HERVY, Bruno LECLERCQ

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See detailIconic turn et critique du paradigme langagier
Hagelstein, Maud ULiege

Conference (2015, May 05)

Je voudrais envisager ici le problème de la légalité des significations dans le champ non-verbal du visuel, tel qu’il est envisagé par un théoricien de l’image allemand actuel (G. Boehm). On pourrait en ... [more ▼]

Je voudrais envisager ici le problème de la légalité des significations dans le champ non-verbal du visuel, tel qu’il est envisagé par un théoricien de l’image allemand actuel (G. Boehm). On pourrait en effet dégager – selon la proposition de Boehm – un principe formel (au moins) qui structure l’émergence de significations dans le domaine du visuel. Boehm ne parle de grammaire à proprement parler que pour s’en écarter (il rejette l’usage de la grammaire prédicative pour la compréhension des images). [less ▲]

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See detailIconologie critique : présentation de la méthode, initiation aux débats scientifiques contemporains, mise en pratique
Hagelstein, Maud ULiege

Scientific conference (2015, March 04)

Cadre problématique : Evocation brève des débats actuels sur la question de l’image. Warburg et Panofsky (modèle et repoussoir) sont souvent mis dos à dos : l’un est sauvé (et connaît d’ailleurs ... [more ▼]

Cadre problématique : Evocation brève des débats actuels sur la question de l’image. Warburg et Panofsky (modèle et repoussoir) sont souvent mis dos à dos : l’un est sauvé (et connaît d’ailleurs aujourd’hui un certain effet de mode) quand l’autre est désavoué. On a reproché à l’iconologie panofskienne d’étudier les contenus symboliques (le quoi visé par l’œuvre) sans se soucier suffisamment de la manière dont ces contenus sont amarrés au sensible (le comment). Or, ce qu’on cherche aujourd’hui, c’est de décrire ce qui fait la spécificité de l’image, à savoir : une expression symbolique non verbale dont la matérialité directement visible affecte la production du sens. Autrement dit : la forme de présentation choisie influence directement la signification des œuvres visuelles. Pour reprendre l’argument de certains, ce ne serait pas le cas du langage verbal : la frappe d’un texte n’affecte a priori pas son sens – changer la police ou la taille des caractères n’altère pas le message (on pourrait bien entendu déstabiliser cette idée, mais on comprend néanmoins la proposition). On reproche encore à cette méthode de se limiter excessivement au contenu intrinsèque de l’image sans voir qu’elle est toujours branchée sur son dehors. S’il y a (une avancée majeure) un acquis de la théorie de l’image actuelle, c’est celui-là : la signification de l’image serait moins dans l’image elle-même que dans le tissu de relations (intersubjectives, pragmatiques, institutionnelles ) qu’elle entretient avec l’extérieur. D’où l’intérêt grandissant pour les usages, pour l’efficacité de l’image et pour les perspectives anthropologiques. Si on veut saisir la logique de l’image (sa logique spécifique), il faut la comprendre sans l’isoler du réseau dans lequel elle s’inscrit (on va voir que cette exigence était déjà chez Warburg qui a travaillé à mettre en valeur l’efficacité politique, sociale et institutionnelle des œuvres). Aujourd’hui, plusieurs théoriciens de l’image réclament donc une critique renouvelée de l’iconologie, qui ne s’appuierait plus sur le paradigme langagier. Une image ne fonctionne pas comme un texte. On pourrait dire qu’elle est à la fois sous-déterminée et surdéterminée. Surdéterminée : L’image ne se laisse pas ramener à un ensemble fini de signifiants. En elle, toutes les dimensions sont susceptibles d’affecter le sens, d’intervenir dans la construction du sens : le tracé, l’épaisseur, les accidents de la matière, les contrastes, etc. L’image peut donc potentiellement être chargée de significations multiples (un ex. me permettra de l’évoquer). Sous-déterminée : il n’y a image au sens fort que lorsqu’un regard construit une représentation à partir d’elle et qu’elle rencontre une « conjoncture » (un ensemble de circonstances par rapport auxquelles elle se détermine). Il y aurait donc une « lacune » ou une « incomplétude » constitutive de l’image. Elle est toujours réarticulée, prise dans une construction. Voilà un peu le cadre problématique dans lequel on est aujourd’hui – et à partir duquel je pourrais décrire la méthode de Warburg. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailFarocki/ Didi-Huberman. Lisibilité des images et pédagogie critique
Hagelstein, Maud ULiege

in IMAGES, IMAGINI, IMAGES JOURNAL OF VISUAL AND CULTURAL STUDIES (2015), 5

How should one place oneself within the present iconosphere, at a time when everything seems to be hyper documented? What can be done with the plethora of images surrounding us? And is there anything left ... [more ▼]

How should one place oneself within the present iconosphere, at a time when everything seems to be hyper documented? What can be done with the plethora of images surrounding us? And is there anything left for us to read in these objects that have already been discussed over and over again? The filmmaker Harun Farocki hangs on to the belief that his documentaries can make images speak in new and different ways. Also, while traditional iconology sees the image as a crossword puzzle with only one possible interpretation, Georges Didi-Huberman argues for a critical montage aiming to restore the openness of the images in order to deploy their multiple meanings. What is at stake here is the very construction of "the eye of history," an alternative viewpoint allowing for a kind of reading that would free the document from the strictures of homogenizing interpretations. The montage as understood by Didi- Huberman restores the complexity of the visual, thus placing itself in stark opposition to traditional authoritarian ap- proaches. This paper explores the role of a "pedagogy of the document" in liberating knowledge from automatized modes of reading. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailDécloisonner l'art contemporain à partir des cultures vernaculaires
Hagelstein, Maud ULiege

Article for general public (2015)

Multipliant les formats et décloisonnant les genres, Nil Yalter revendique pour ses projets plastiques une dimension ethnographique. La démarche documentaire adoptée par l'artiste depuis les années 1970 ... [more ▼]

Multipliant les formats et décloisonnant les genres, Nil Yalter revendique pour ses projets plastiques une dimension ethnographique. La démarche documentaire adoptée par l'artiste depuis les années 1970 constitue pour elle l'occasion de transformer des éléments traditionnels vernaculaires et de les actualiser dans une perspective engagée - qui ouvre un régime de visibilité aux minorités. Pour un art contemporain branché sur des cultures populaires où le nomade, la femme, l'exilé, l'étranger, trouvent une voix nouvelle. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailAlexander Kluge / Gerhard Richter. L’art contre le hasard
Hagelstein, Maud ULiege; Letawe, Céline ULiege

in Cahiers d'Etudes Germaniques (2015), 69(2),

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See detailAppréhender l'art contemporain à partir des 5 sens
Hagelstein, Maud ULiege

Conference given outside the academic context (2015)

Trop souvent, l'art contemporain fait mauvaise figure auprès du grand public : trop froid, trop conceptuel, trop élitiste. Pour faire la peau à cette idée, on abordera ici les oeuvres contemporaines en ... [more ▼]

Trop souvent, l'art contemporain fait mauvaise figure auprès du grand public : trop froid, trop conceptuel, trop élitiste. Pour faire la peau à cette idée, on abordera ici les oeuvres contemporaines en repartant de l'expérience sensible (c'est-à-dire esthétique") qu'elles provoquent. Le premier cycle de rencontres s'attachera à appréhender l'art contemporain à partir des cinq sens (vue, ouïe, toucher, goût, odorat), sans oublier le sixième (celui de la perception "extra-sensorielle"). Premier gouter : la vue. À partir de : Carsten Höller, Karussell, 1999. On commence par le sens dominant, celui dont la privation semble rendre presque impossible la confrontation aux arts visuels. Mais on montrera que les sens travaillent rarement isolément; leur collaboration intensifie l'expérience sensible de l'oeuvre d'art [less ▲]

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Hagelstein, Maud ULiege; Roland, Barbara; Didier, Béatrice

Article for general public (2015)

Mise en place par l'asbl Ricochets (Béatrice Didier, Mathieu Richelle et Maud Hagelstein), ACTUS se définit comme une plateforme d'expérimentation, d'échange et de réflexion sur l'Art Performance. Trois ... [more ▼]

Mise en place par l'asbl Ricochets (Béatrice Didier, Mathieu Richelle et Maud Hagelstein), ACTUS se définit comme une plateforme d'expérimentation, d'échange et de réflexion sur l'Art Performance. Trois éditions d'Actus ont eu lieu depuis sa création en 2012, qui ont rassemblé des artistes performeurs internationaux en s'ouvrant à un public toujours plus large et diversifié. [less ▲]

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