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See detailLe moment de l'illusion dans la déhiscence du sujet et de son monde. Perspectives anthropo-téléologiques depuis Kant et Winnicott.
Notturni, Loris ULg

Doctoral thesis (2017)

Quelle pourrait être la raison pour laquelle les philosophes, d'habitude si labiles et si doctes sur tous les sujets, sont si peu enclins à se pencher sur un berceau ? Pourquoi, la plupart du temps, les ... [more ▼]

Quelle pourrait être la raison pour laquelle les philosophes, d'habitude si labiles et si doctes sur tous les sujets, sont si peu enclins à se pencher sur un berceau ? Pourquoi, la plupart du temps, les philosophes éludent-ils dans leur discours sur la subjectivité humaine ses débuts et sa fin, c'est-à-dire son histoire réelle ? Le présent travail n'a pas l'ambition de répondre à ces questions mais de pallier ce manque : élucider de manière originale l'histoire de la subjectivité humaine vivante et fournir les moyens pour en rendre compte de manière consistante. En philosophie contemporaine, et plus particulièrement en phénoménologie, tout se passe souvent comme si la notion de subjectivité constituait, à l'instar de l'objectivité, autant une évidence souveraine qu'un simple concept opératoire. Mais, paradoxalement, lorsque le philosophe prononce le mot : « subjectivité », il ne nous met rien sous les yeux, et l'on pourrait aller jusqu'à se demander si la réalité de ce concept a d'autres conditions formelles et matérielles que sa propre énonciation. Pour notre part, nous suspecterions bien plutôt que l'opérativité technique et la « souveraineté » ontologique de cette notion de subjectivité s'appuient toutes deux et en secret sur un réalisme métaphysique implicite du sujet, caractéristique de la Modernité et dont nous sommes toujours tributaires, réalisme alimenté en sous-main par d'incessants réaménagements sémantiques et d'innombrables effets de polysémie. Lorsque l'on emploie le mot « subjectivité », de quoi parle-t-on exactement ? Nous tenterons de clarifier cette question afin de pouvoir y répondre. Notre travail de recherche vise à réinterroger ce réalisme chronique de la subjectivité humaine en redéfinissant cette notion à la lumière de sa propre histoire. En ce qui nous concerne, le ressort initial de ce projet philosophique fut la coïncidence heureuse entre, d'une part, les interrogations cliniques issues de l'observation empirique des débuts de l'invidualité subjective humaine par un pédiatre anglais, Donald Woods Winnicott (1896-1971) et, d'autre part, la redéfinition radicale que la pensée critique d'Emmanuel Kant (1724-1804) a infligée à cette notion de subjectivité. Cette simple coïncidence thématique ne justifie pas à elle seule une recherche doctorale. Le motif essentiel légitimant la convocation d'auteurs aussi étrangers l'un à l'autre tient, avant toute chose, dans la nécessité des problèmes qu'ils ont dégagés dans leurs champs disciplinaires respectifs à propos de la subjectivité humaine. Pour résumer de manière générale, nous dirions à ce stade que la nécessité problématique principale qui, selon nous, croise les trajectoires intellectuelles kantienne et winnicottienne est la redéfinition de la notion de subjectivité à partir d'une autre notion, elle-même redéfinie : celle d'illusion. Selon nous, cette révision se diffracte sur trois plans épistémologiques différents, de complexité différente et non réductibles l'un à l'autre : premièrement, la subjectivité entendue comme objet possible d'une science pure a priori serait une illusion ; deuxièmement, l'illusion serait un mode constitutif de l'esprit subjectif dans ses rapports à certains objets, la subjectivité se définissant ici par son activité judicatoire ; troisièmement, l'illusion serait constituante du rapport de la subjectivité à elle-même et à son monde, entendue comme subjectivité humaine vivante. Ces trois « thèses » ne sont recevables qu'à la condition de bien entendre que les notions de subjectivité et d'illusion ont, à chaque niveau, des acceptions différentes. Notre étude visera à redéfinir ces deux notions et rendre manifeste leur intimité épistémologique, phénoménologique et génétique. Enfin, notre contribution personnelle permettra de montrer, preuves à l'appui, qu'il y a une filiation méthodologique, implicite et souterraine, jusqu'ici passée totalement inaperçue, entre Kant et Winnicott. En bref, nous affirmons que la pensée clinique de Winnicott et, plus particulièrement, son approche clinique de la genèse empirique de l'individualité subjective humaine dans le temps, se présente comme une réactualisation inaperçue et originale (à l'insu de l'auteur lui-même) des opérateurs épistémologiques et phénoménologiques et, d'une manière générale, du mode de pensée que Kant déploie dans la Critique de la faculté de juger. Enfin, nous montrerons que le concept d'illusion chez Winnicott, dont l'opérativité épistémologique et phénoménologique s'inscrit dans le droit fil de la pensée critique kantienne et de l'anthropologie hégélienne, réverbère un mode légitime d'appréciation de la subjectivité humaine vivante qui pourrait être d'une utilité précieuse pour l'anthropologie philosophique. En résumé, notre travail personnel s'est développé à partir de deux sources principales : la pensée clinique winnicottienne, entendue comme structure élective de phénomènes et de problèmes nécessaires, et la pensée critique kantienne, entendue comme garant épistémologique mettant à notre disposition une méthodologie fiable et puissante. Il ne s'agit ni d'une thèse « sur » Kant, ni d'une thèse « sur » Winnicott, mais d'un travail philosophique personnel réalisé à partir de l'intérêt suscité par ces auteurs et leurs démarches respectives. La première partie consistera en un préambule historique, guidé par une question capitale : par quels processus historiques et idéologiques la notion d'illusion, lourdement marquée par son passé métaphysique et diverses acceptions péjoratives remontant à l'Antiquité, en est-elle arrivée à être assumée au dix-huitième siècle chez Kant comme un opérateur épistémologique de premier plan, à savoir une disposition transcendantale de notre esprit (entendu comme faculté de connaissance) ? Dans la deuxième partie, nous développerons deux questions. La première, d'ordre épistémologique, pourrait être résumée comme suit : à quelle consistance épistémologique peut prétendre une description de la subjectivité humaine vivante ? La seconde question, dont la teneur sera essentiellement phénoménologique, sera la suivante : à partir de quand, comment et à quelles occasions la subjectivité humaine en vient-elle à prendre conscience d'elle-même en tant que subjectivité vivante et singulière dans les relations qu'elle entretient avec le monde, d'une part, auquel elle appartient et, d'autre part, duquel elle se différencie ? Une fois le cadre posé dans les termes de la méthodologie kantienne de la Critique de la faculté de juger, nous réactualiserons notre interrogation de la subjectivité humaine vivante et de son histoire à partir de la pensée clinique de Winnicott, tout en prenant la mesure de la consistance de son propos, grâce et par-delà Kant. La double question qui guidera la troisième partie se présentera comme suit : d'une part, quelles sont les questions épistémologiques qui émergent de la pratique pédopsychanalytique de Winnicott et, d'autre part, à quel point cette pratique, co-extensive à un champ disciplinaire spécifique, permet-elle de renouveler en profondeur, par son approche théorico-expérimentale et les questions nécessaires qui en émergent, la réflexion philosophique sur la subjectivité, son émergence et sa réalité ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 65 (10 ULg)
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See detailOn Psychologizing School
Notturni, Loris ULg

in Petrov, Vesselin (Ed.) Applied and Experimental Philosophy in the Knowledge Based Society East and West. Proceedings of XXVI Varna International Philosophical School (2012)

What is school ? Though this question is philosophical – if we keep in mind the historical tight bind between philosophy and teaching – it is nowadays considered exclusively as psycho-sociological matter ... [more ▼]

What is school ? Though this question is philosophical – if we keep in mind the historical tight bind between philosophy and teaching – it is nowadays considered exclusively as psycho-sociological matter. In educational relations (e.g. between children and their teacher), psychology is the vantage point : then pedagogy is above all psycho-pedagogy. At the same time we cannot today in Belgium deny a heavy, deep crisis in fundamental education any more. This situation may sanction pessimistic behaviors which often lead to inactivity and passivity. For my part, I would say this crisis is characterized by a current psychological aporia. So I must ask a new question : What should school be ? From the Kantian interrogation about the requirements of education – which is an art, not a science - I will draw some philosophical and pragmatic ways to overcome this psychological puzzle. [less ▲]

Detailed reference viewed: 67 (4 ULg)
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Peer Reviewed
See detailОнтология и трансцендентална критика. Историческо разглеждане на въпроса.
Notturni, Loris ULg; Dimitrov, Stefan

in Philosophical Alternatives (2011), XX(5/2011), 5-19

In this paper I shall draw a historical enquiry of the question of ontology's necessity in the Kantian precritical works. In this purpose, I shall first collect some precritical moments which heavily ... [more ▼]

In this paper I shall draw a historical enquiry of the question of ontology's necessity in the Kantian precritical works. In this purpose, I shall first collect some precritical moments which heavily suggest Kant's own concerns in evaluating Baumgarten's ontology and Wolffian metaphysics. Then I would enlight what might become tasks of ontology from 1781 into the Kant's architectonical, critical standpoint. [less ▲]

Detailed reference viewed: 33 (5 ULg)