References of "Stienon, Valérie"
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See detailSociorama¸ édition scientifique en ligne de la littérature panoramique internationale du XIXe siècle
Stienon, Valérie ULg; Preiss, Nathalie

Textual, factual or bibliographical database (in press)

La littérature dite « panoramique », selon l’expression fameuse de Walter Benjamin (Paris, capitale du XIXe siècle), forme un ensemble complexe de textes et d’illustrations. Avec l’avènement de l’état ... [more ▼]

La littérature dite « panoramique », selon l’expression fameuse de Walter Benjamin (Paris, capitale du XIXe siècle), forme un ensemble complexe de textes et d’illustrations. Avec l’avènement de l’état social démocratique pensé par Tocqueville, la société aspire à se voir et à s’apprécier. Dans cette perspective se multiplient les recueils d’études de mœurs sous des formes diverses (galeries, magasins, musées) mettant à l’honneur des figures, des silhouettes, des types et des comportements sociaux. Pour autant, toutes ces productions ne relèvent pas de la littérature panoramique, concept problématique que le site vise précisément à interroger. Le site SOCIORAMA poursuit cinq objectifs. - La contextualisation historique, géographique et linguistique des textes, selon un double protocole de présentation générale introductive pour chaque pays et de notes explicatives pour chaque texte. - La diffusion en libre accès de ces textes rares et peu connus, numérisés à partir de collections particulières et de fonds personnels. - La conservation numérique de ces textes anciens qui n’ont pas fait l’objet d’une politique de conservation d’ensemble ni de coordination au niveau international. - La fédération des recherches scientifiques passées et actuelles sur le sujet, en offrant à la fois un bilan et une synthèse prospective. - L’information grâce à une veille bibliographique régulière sur les études parues ou à paraître en lien avec les corpus édités et la mise à jour des actualités culturelles et scientifiques. [less ▲]

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See detailRoland Barthes et les écritures de la chronique
Stienon, Valérie ULg

Conference (2016, July 14)

La plupart des textes de Roland Barthes sont le produit d’une commande – qu’elle soit amicale, événementielle, éditoriale. L’inscription dans un genre ou l’investissement d’un mode d’écriture s’appuie ... [more ▼]

La plupart des textes de Roland Barthes sont le produit d’une commande – qu’elle soit amicale, événementielle, éditoriale. L’inscription dans un genre ou l’investissement d’un mode d’écriture s’appuie donc sur une situation de communication dont les paramètres sont souvent bien déterminés et qui est elle-même guidée par une demande préalable, de sorte que dispositif générique et horizon d’attente s’entre-déterminent de manière cruciale. Plus encore, les commandes passées à Barthes, avant d’être des livres, prennent généralement la forme d’articles dans des périodiques. Il y a de la sorte une dimension intrinsèquement circonstancielle à l’écriture barthésienne, dimension propice à la relation d’actualité. Dès lors, dans quelle mesure la chronique peut-elle offrir une clé de lecture du cheminement d’écriture de Barthes et du parcours de sa pensée ? [less ▲]

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See detailLes genres du roman au XIXe siècle: introduction
Stienon, Valérie ULg; Pézard, Émilie

Conference (2016, April 13)

Le XIXe siècle a vu s’opérer le « sacre du roman » (Mona Ozouf). La promotion de ce genre anciennement déprécié est liée à l’entreprise de légitimation qu’ont menée, dans leurs œuvres, quelques grands ... [more ▼]

Le XIXe siècle a vu s’opérer le « sacre du roman » (Mona Ozouf). La promotion de ce genre anciennement déprécié est liée à l’entreprise de légitimation qu’ont menée, dans leurs œuvres, quelques grands romanciers du siècle, comme Balzac et Zola. Elle se manifeste aussi par l’augmentation quantitative des romans publiés, la diversification des supports éditoriaux (volumes, feuilletons, recueils) ainsi que celle des modes de diffusion (cabinets de lecture, collections, compilations). Ces différents facteurs induisent une « spécialisation du roman », c’est-à-dire une division du genre romanesque en de multiples sous-genres. Roman noir, personnel, sentimental, historique, d’aventures, de mœurs, de cape et d’épée, mondain, psychologique, scientifique ne sont que quelques-unes des catégories permettant aux contemporains de fragmenter un domaine romanesque devenu immense. Cette multiplication est facilitée par la possibilité de définir un genre à partir de nombreux critères, plus ou moins pertinents. D’autres genres ont été oubliés : qui se souvient du roman ecclésiastique ou du roman militaire ? Alors que de nombreux travaux ont déjà permis de préciser les connaissances sur un genre particulier, nous souhaiterions porter un regard englobant et transversal sur cette division du roman en de multiples genres, qui nous semble constituer un enjeu majeur pour l’étude de la production littéraire au XIXe siècle. [less ▲]

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See detailAnticipation et mondes parallèles. Entretien avec Benoît Peeters et François Schuiten
Stienon, Valérie ULg

in Textyles : Revue des Lettres Belges de Langue Française (2016), 48

Benoît Peeters et François Schuiten ont aimablement accepté l’invitation de l’entretien, qui a eu lieu le 12 janvier 2015 au café Le Wilson en face du Palais de Chaillot où se tient l’exposition Revoir ... [more ▼]

Benoît Peeters et François Schuiten ont aimablement accepté l’invitation de l’entretien, qui a eu lieu le 12 janvier 2015 au café Le Wilson en face du Palais de Chaillot où se tient l’exposition Revoir Paris. [less ▲]

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See detailUne école belge de l’anticipation ?
Stienon, Valérie ULg

in Textyles : Revue des Lettres Belges de Langue Française (2016), 48

Prolifique dans les littératures de l'imaginaire, la Belgique présente pourtant une inconnue s'agissant du récit d'anticipation. Il suffit pour en prendre la mesure de comparer les situations respectives ... [more ▼]

Prolifique dans les littératures de l'imaginaire, la Belgique présente pourtant une inconnue s'agissant du récit d'anticipation. Il suffit pour en prendre la mesure de comparer les situations respectives de ces deux « genres » réputés voisins que sont la science-fiction et le fantastique. Celui-ci a été érigé en emblème des terres du syncrétisme et de l'étrange, tandis que celle-là a souffert d'expressions isolées et de dénis compliquant sa réception. La situation de l'anticipation est plus complexe encore : souvent rattachée à la science-fiction, dont elle constituerait une étape archaïque ou protohistorique, elle ne se confond pas tout à fait avec elle. Ne se définissant pas exclusivement par les thématiques scientifiques ou extraterrestres, ni même par la seule dimension futuriste, l'anticipation se donne pour objet une exploration imaginaire des mondes possibles. Cette exploration s'est manifestée plus d'une fois avec succès dans l'histoire des lettres belges, des fictions de Rosny aîné (Les Xipéhuz, La Force mystérieuse, Les Navigateurs de l'infini) aux mondes parallèles créés par François Schuiten et Benoît Peeters, des aventures spatiales de Bob Morane aux technosciences de Gilbert Hottois. Mais quel dénominateur commun peut-on trouver à ce corpus disparate ? Et comment faire l'archéologie d'une production qui a trouvé des expressions variées et originales malgré une généricité hybride et l'absence de représentant majeur ? [less ▲]

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See detailUtopie et anticipation
Stienon, Valérie ULg

Book published by Revue Textyles - Éditions Samsa (2016)

Prolifique dans les littératures de l’imaginaire, la Belgique présente pourtant une inconnue à propos du récit d’anticipation. De la fin du monde de Rosny aîné à celle de Luc Dellisse, des aventures ... [more ▼]

Prolifique dans les littératures de l’imaginaire, la Belgique présente pourtant une inconnue à propos du récit d’anticipation. De la fin du monde de Rosny aîné à celle de Luc Dellisse, des aventures spatiales de Bob Morane à la découverte des Cités obscures, du roman scientifique de Henri-Jacques Proumen aux technosciences de Gilbert Hottois, l’anticipation excède les caractéristiques de la science-fiction, croise plus d’une fois l’utopie et redéfinit les rapports entre réel et fiction en une pluralité de mondes possibles. Elle pose des questions cruciales lorsqu’on prend la peine de considérer ses réalisations dans la littérature belge francophone : quels sont les auteurs, les éditeurs et les supports concernés ? existe-t-il des thèmes spécifiques ? quels imaginaires ces fictions privilégient-elles ? comment les genres investis interfèrent-ils avec le merveilleux scientifique, le surréalisme ou le réalisme magique ? En associant des études de cas à une réflexion d’ensemble, les contributions rassemblées dans ce numéro proposent le premier état des lieux d’une production hybride encore peu considérée. Il s’agit d’éclairer la diversité qui caractérise l’anticipation belge, mais aussi de mettre en évidence les raisons de sa faible reconnaissance esthétique et de poser les jalons d’une histoire littéraire capable de saisir des dynamiques multiples de légitimation. [less ▲]

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See detailLa littérature panoramique par ses éditeurs
Stienon, Valérie ULg

Conference (2016, February 13)

Phénomène de société et de mode, la littérature panoramique identifiée rétrospectivement par Walter Benjamin constitue surtout une entreprise éditoriale majeure. Elle mobilise un grand nombre d’acteurs ... [more ▼]

Phénomène de société et de mode, la littérature panoramique identifiée rétrospectivement par Walter Benjamin constitue surtout une entreprise éditoriale majeure. Elle mobilise un grand nombre d’acteurs (libraires, illustrateurs, graveurs, imprimeurs) à l’échelle européenne et prépare de nouveaux statuts pour la fonction même d’éditeur, qui voit naître un discours spécifique à son propos, dans une époque qui précède de peu sa professionnalisation et dans un contexte de circulation médiatique accrue de l’imprimé sous ses formes les plus variées. La communication se centrera sur deux éditeurs panoramiques français importants, Curmer et Aubert, pour mettre en évidence la nature de leurs projets, l’originalité de leurs méthodes et l’identité de leurs personnels. On reviendra sur le rôle de passeur culturel du premier et de rassembleur d’une équipe d’artistes du second, deux caractéristiques à l’origine du rayonnement de la littérature panoramique. On examinera aussi les particularités de certaines de leurs productions, entre texte et image, journal et livre, ouvrage de collection et fascicule éphémère, jouant sur les matériaux et les circuits de diffusion. [less ▲]

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See detailQui sont les auteurs « Aubert » ? La figure auctoriale en régime promotionnel
Stienon, Valérie ULg

Conference (2016, February 05)

La Maison Aubert et l’esprit d’entreprise de Charles Philipon sont sous la Monarchie de Juillet à l’origine d’un réseau éditorial fructueux et protéiforme fondé sur la diversification des supports (livres ... [more ▼]

La Maison Aubert et l’esprit d’entreprise de Charles Philipon sont sous la Monarchie de Juillet à l’origine d’un réseau éditorial fructueux et protéiforme fondé sur la diversification des supports (livres, journaux, volumes de pittoresques et petits formats de la littérature panoramique), sur le commerce du produit dérivé (« Muséums », caricatures à la pièce, papiers peints) et sur l’exploitation de l’image pour vendre le texte. On sait que Philipon a lancé les carrières de plusieurs dessinateurs importants comme Daumier et Doré. On sait également qu’il a su attirer des collaborateurs de premier choix dans les équipes rédactionnelles de la petite presse satirique de la Caricature et du Charivari. Ces démarches et la production qui en a résulté ont contribué à fonder autour d’une écurie éditoriale une véritable marque de fabrique, sinon une esthétique. Mais ont-elles pour autant participé à l’émergence de figures d’auteurs ? Louis Huart, Taxile Delord, Edmond Texier, Albert Cler, Arnould Frémy, Maurice Alhoy, James Rousseau et bien d’autres sont demeurés des « petits », attachés aux dépôts de pittoresques et aux panthéons comiques. À travers le cas des productions Aubert, il ne s’agira pas d’examiner comment une figure d’auteur identifiable (de son temps et/ou par la postérité) investit ou bénéficie de la publicité, mais d’envisager la problématique complémentaire et en quelque sorte inverse : les modalités de constitution de la figure auctoriale dans un contexte, un réseau et des supports qui jouent d’emblée et pleinement le jeu publicitaire sous ses formes les plus abouties, s’appuyant sur les stratégies économiques et promotionnelles rendues possibles par l’ère médiatique. L’individualité auctoriale peut-elle prendre forme et statut au sein d’une collectivité prépondérante et ouvertement spéculatrice, celle du commerce de la librairie et de la presse fondé sur la collaboration, le transfert et l’interchangeabilité des identités au profit des fonctions socioprofessionnelles ? En d’autres termes, si l’auteur ne peut se faire un nom sans publicité, (comment) peut-il exister lorsque tout n’est que publicité ? [less ▲]

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See detailLe livre au futur antérieur. Les ambiguïtés d’un motif d’anticipation
Stienon, Valérie ULg; Barel-Moisan, Claire

in Autour de Vallès : Revue de Lectures et d'Etudes Vallésiennes (2016), 45(2015), 147-168

Du tournant du XIXe siècle aux années 1940, le récit d’anticipation est enclin à articuler un imaginaire social et des extrapolations du présent qui le portent à considérer, parmi d’autres aspects ... [more ▼]

Du tournant du XIXe siècle aux années 1940, le récit d’anticipation est enclin à articuler un imaginaire social et des extrapolations du présent qui le portent à considérer, parmi d’autres aspects socioculturels, la situation de la littérature et de ce qu’on peut nommer le modèle culturel « lettré », avec son histoire, ses valeurs, ses acteurs et ses institutions. Sur ce point, on peut observer à la fois la perméabilité des fictions conjecturales aux discours et représentations liés à leur premier contexte, et les modulations originales qu’elles y apportent. [less ▲]

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See detailLe siècle de la dystopie ? Propositions pour une histoire littéraire
Stienon, Valérie ULg

Conference (2016, January 22)

Le XIXe siècle développe bon nombre de récits de communautés en danger, sur le déclin ou soumises à la destruction. Vecteurs réflexifs sur l’actualité socioculturelle et son avenir, ces récits sont aussi ... [more ▼]

Le XIXe siècle développe bon nombre de récits de communautés en danger, sur le déclin ou soumises à la destruction. Vecteurs réflexifs sur l’actualité socioculturelle et son avenir, ces récits sont aussi des fictions autonomes et créatives. Pourtant, la dystopie occupe une place mineure et peu visible dans l’histoire littéraire française. Sa genèse dans la filiation des anti-utopies classiques n’est pas clairement établie et elle apparaît plus volontiers comme un appendice tardif de la seconde moitié du XIXe siècle . Son appellation même a pour antécédent une forgerie d’origine anglo-saxonne et non spécifiquement littéraire (« dys-topians », Stuart Mill, 1868 ). Comment dès lors considérer cet imaginaire dystopique qui traverse le long XIXe siècle ? La démarche s’apparente pour une bonne part à l’exhumation d’œuvres usuellement classées dans d’autres genres et composant un corpus hétéroclite où intervient un important substrat journalistique et politique. Pour rendre compte de ces particularités, on peut s’intéresser à la question du point de vue porté sur les communautés représentées ou imaginées. C’est en effet le point de vue narratif qui fait basculer l’utopie dans son double négatif ou qui infléchit l’histoire racontée dans un sens déceptif. C’est lui également qui régit la portée futuriste, critique ou allégorique du récit dans son premier contexte de réception. C’est lui enfin qui exprime l’essentiel des enjeux idéologiques assumés par ces fictions. Esquisser une histoire littéraire de la dystopie nécessitera donc, comme souhaite le proposer cette communication, de réfléchir aux manières de combiner une approche narrative et une perspective pluri-médiatique, la première offrant des critères de modélisation du récit (degrés de présence, de crédibilité et d’autorité des narrateurs) et la seconde embrassant un large spectre de genres et de supports, depuis la prose poétique eschatologique (Cousin de Grainville) jusqu’aux récits sériels fin-de-siècle et Belle Époque de guerres futures (Danrit, Giffard), en passant par les éphémérides humoristiques de la presse (Robida), les contes conjecturaux (Nodier, Allais) et le roman illustré (Souvestre, Henriot). [less ▲]

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See detailLa modernité des petits : panoramas, physiologies et panthéons
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2016, January 19)

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See detailLa terre creuse, de la géologie à la fiction. Postérité d’un chronotope d’anticipation à partir de Jules Verne
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, December 18)

Le voyage au centre de la Terre a été magistralement imaginé par Jules Verne en 1864 avant de devenir un véritable topos de la littérature populaire et de jeunesse. Sa postérité s’illustre dans les ... [more ▼]

Le voyage au centre de la Terre a été magistralement imaginé par Jules Verne en 1864 avant de devenir un véritable topos de la littérature populaire et de jeunesse. Sa postérité s’illustre dans les multiples déclinaisons de la terre creuse, recensées notamment par Guy Costes et Joseph Altairac dans leur bibliographie commentée en 2006. En quoi ce motif plus communément associé à une atemporalité (monde perdu, histoire secrète) ou à une régression temporelle (monde sauvage, vie des cavernes) intervient-il aussi dans une écriture de l’anticipation ? Chez Verne lui-même, il s’agit à la fois d’un voyage à rebours dans le temps, chaque strate parcourue correspondant à un recul historique, et d’une expédition scientifique déployant une technologie et des connaissances novatrices. Ce motif topique semble donc porteur d’une ambiguïté temporelle féconde. La communication proposera un parcours transversal dans le corpus d’anticipation francophone allant d’Ignis (1883) de Didier de Chousy qui traite de l’exploitation d’une nouvelle énergie géothermique, le « feu central de la Terre », jusqu’à Régis Messac dont La Cité des Asphyxiés (1937) dépeint un monde intra-terrestre dystopique. Les reprises de la terre creuse permettent d’éclairer l’importance des filiations génériques, des supports partagés et des formules éditoriales à succès, mais elles mettent aussi en évidence des œuvres atypiques, traduisant de manière spécifique le discours social et scientifique de leur époque. Si Verne, ses épigones et d’autres auteurs d’anticipation ont pu être tentés de réinvestir la terre creuse en fiction à un moment où sa réalité n’est plus perçue comme crédible dans le champ scientifique, c’est sans doute en raison de l’intrication particulièrement dense des disciplines concernées (géographie, géologie, paléontologie, sciences naturelles) et de l’importance des idéologies qui ont pu les croiser et les dynamiser : positivisme, hygiénisme, colonialisme, craintes écologiques. Cette communication voudrait montrer comment le motif fécond de la terre creuse, dans son évolution complexe du plausible à l’irréel, passe d’une croyance à une théorie scientifique avant de se développer en chronotope littéraire. [less ▲]

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See detailType, classe et catégorie : les savoirs décalés du panorama
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, December 11)

Le classement comme démarche cognitive et esthétique traverse explicitement la littérature dite « panoramique » du mitan du XIXe siècle, particulièrement dans son sous-corpus des Physiologies. Le ... [more ▼]

Le classement comme démarche cognitive et esthétique traverse explicitement la littérature dite « panoramique » du mitan du XIXe siècle, particulièrement dans son sous-corpus des Physiologies. Le classement s’y exerce principalement sur trois « objets » : des lieux publics et de sociabilité (théâtres, cafés, bals, rues et passages), des accessoires privilégiés pour leur dimension symbolique (Physiologies du Gant, de la Poire ou du Parapluie ) ou leur lien au contexte de diffusion, comme la Physiologie du Bonbon distribuée chez les confiseurs parisiens, la Physiologie de l’Omnibus et celle des Diligences et des grandes routes disponibles dans les bureaux d’omnibus. Mais surtout, des catégories humaines y sont érigées en types sociaux ou professionnels (le bourgeois, l’étudiant, l’usurier, le médecin, la lorette, le bas-bleu, le musicien, le flâneur, etc.), en se centrant généralement de manière explicite sur l’un d’eux. Si la physiologie (scientifique) des Physiologies est à plus d'un titre un leurre, sauf à l’entendre comme « physionomie » ou dans une conception comtienne de « physique sociale », par contre, il y a une influence importante des sciences naturelles, en particulier de la zoologie et de la botanique, c’est-à-dire précisément les secteurs qui encouragent et formalisent la classification. Pourtant, les manipulations physiologiques du type produisent des savoirs pour le moins décalés, dans une poétique affichée de la taxinomie dysfonctionnelle. Les perspectives mêlées laissent entrevoir trois objectifs : montrer le social, décrypter le caché et contester. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailLa vie littéraire au kaléidoscope des Physiologies
Stienon, Valérie ULg

in Site de la Société des Études romantiques et dix-neuviémistes (SERD) (2015)

En mots et en vignettes, la Physiologie littéraire de la monarchie de Juillet élabore ses propres modalités de mise en fiction de la société. Selon un point de vue à la fois avisé et distancié, induit par ... [more ▼]

En mots et en vignettes, la Physiologie littéraire de la monarchie de Juillet élabore ses propres modalités de mise en fiction de la société. Selon un point de vue à la fois avisé et distancié, induit par l’association d’une centralité culturelle parisienne et d’une faible légitimité à l’ombre de la grande littérature, ces petites monographies réorganisent le système des valeurs à travers lesquelles est perçu le fait littéraire à leur époque. C’est l’occasion d’investiguer sur les à-côtés de la littérature, en interrogeant les manières de circonscrire le territoire des lettres et de le faire interagir avec d’autres domaines d’activités. Deux questions font plus particulièrement l’objet de cet article. D'une part, ces textes livrent-ils un traitement englobant et univoque du profil de l’homme de lettres ou s’attachent-ils au contraire à en souligner les nuances et les singularités en multipliant ses variétés, autour de la dichotomie bien connue des figures archétypales du poète et du journaliste ? D'autre part, dans quelle mesure ces textes reconduisent-ils le mythe du génie créateur et les valeurs romantiques du talent et de l’inspiration, compte tenu du fait que celles-ci sont difficilement compatibles avec les stratégies du parvenu et les expédients du jeune auteur pressé d’arriver, ruses que les Physiologies s’appliquent à débusquer, dans la foulée d’une abondante thématisation du macairisme et des fourberies du floueur ? [less ▲]

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See detailPrévoir/prévenir la contamination : récit d’anticipation et hygiénisme
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, November 07)

Au croisement de la médecine, de l’urbanisme et du réformisme social, les théories hygiénistes influencent profondément les conceptions du vivre-ensemble au XIXe siècle en France. Au même moment, les ... [more ▼]

Au croisement de la médecine, de l’urbanisme et du réformisme social, les théories hygiénistes influencent profondément les conceptions du vivre-ensemble au XIXe siècle en France. Au même moment, les romans d’anticipation développent des préoccupations similaires à travers leurs visions de la communauté : conditions fragiles de la santé publique, mesures prophylactiques contre l’épidémie, mises à l’épreuve du corps social et des infrastructures urbaines. Émile Souvestre envisage l’allaitement des enfants à la vapeur (Le Monde tel qu’il sera, 1846), Jules Verne conçoit France-Ville comme la « cité du bien-être » centrée sur la propreté (Les Cinq Cents Millions de la Bégum, 1879), Léon Daudet satirise une autocratie médicale devenue meurtrière par l’application outrancière des lois d’hygiène (Les Morticoles, 1894) et Paul Adam présente l’organisation des villes selon les cycles de la reproduction, favorisant la femme enceinte mais rendant stérile le soldat (Les Lettres de Malaisie, 1898). Les convergences entre les théories hygiénistes et les récits d’anticipation reposent non seulement sur un discours social et idéologique privilégiant certaines topiques comme la contamination, mais aussi sur des formes d’expression spécifiques, l’hygiénisme ayant généré nombre d’écrits – du traité à l’essai – caractérisés par leur propre poétique. Poser des principes, édicter des lois, recenser les composantes du corps social, réformer les mœurs, cartographier la ville et catégoriser ses habitants : ces démarches cognitives et les rhétoriques qui leur sont associées transitent aussi par la fiction romanesque, qui les fait siennes. On propose d’examiner ce double aspect : entre théorie et application, entre discours social et roman, comment la fiction d’anticipation s’approprie-t-elle l’hygiénisme pour en confirmer les principes, les critiquer ou les réinventer ? Quelles sont les modalités de ce dialogue à la fois prédictif et prescriptif (intégration, citation, transposition) ? Enfin, une évolution est-elle perceptible au long de la seconde moitié du siècle ? [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailLire entre les actes. Le théâtre mis en pièces par le récit d’anticipation
Stienon, Valérie ULg

in Tropics (2015), 2

Si les histoires de la littérature française font généralement peu de cas du roman d’anticipation, rendu invisible aux sélections de la postérité par la variété de ses désignations génériques, l’hybridité ... [more ▼]

Si les histoires de la littérature française font généralement peu de cas du roman d’anticipation, rendu invisible aux sélections de la postérité par la variété de ses désignations génériques, l’hybridité de ses formes et les discontinuités de son, ce dernier, en revanche, semble avoir des choses à dire au sujet de la littérature. Encore faut-il préciser de quel théâtre il est question dans ces anticipations, et dans quelle mesure il est possible de lire l’inscription d’un genre à travers la poétique d’un autre. Les thématisations du théâtre sont passibles d’une caractérisation multiforme impliquant des données d’ordre poétique, contextuel et historique. Plus qu’une définition de cette référence, la lecture transversale et diachronique de 1860 à 1930 qui suit entend formuler une interrogation sur les modalités de son traitement. Le théâtre participe-t-il, comme la poésie et le roman, et au même titre qu’eux, de la décadence anticipée des Lettres, signe d’un déclin général dont il prendrait acte à sa mesure ? Un genre ou un registre (drame, comédie, tragédie, boulevard, music-hall, vaudeville, opérette, etc.) est-il mis en évidence, ou ceux-ci sont-ils plutôt indifférenciés, voire présentés comme équivalents ? Ces considérations révèlent-elles une hybridation ou une remise en question des classements micro- et macro-génériques ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 26 (0 ULg)
See detailLes futurs discontinus de l’anticipation : strates, réversions et ruptures temporelles
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, July 03)

La qualité du récit d’anticipation est souvent estimée à la mesure de ses coïncidences avec les données du monde de référence. Cette lecture factuelle tend à prévaloir pour la réception des genres de ... [more ▼]

La qualité du récit d’anticipation est souvent estimée à la mesure de ses coïncidences avec les données du monde de référence. Cette lecture factuelle tend à prévaloir pour la réception des genres de l’imaginaire du futur, dans lesquels on décèle volontiers tantôt une fonction prédictive – cognitive ou de mise en garde –, tantôt un éloignement dépaysant avec les réalités connues. On a moins considéré les temporalités internes de ces récits, tout aussi intéressantes que leur mise en relation avec les données du monde. Les chronologies diégétiques et les visions de l’Histoire sur lesquelles ils reposent montrent que ces mondes fictifs entretiennent avec leur propre temporalité – passée, présente et future – des rapports pour le moins complexes, faits de nombreux décrochages et d’emboîtements divers. Comment le roman d’anticipation les aménage-t-il, les comble-t-il, voire les justifie-t-il dans le cadre de son dispositif narratif ? À partir d’exemples empruntés à une histoire littéraire de l’anticipation française encore peu connue pour la période 1840-1940 (Souvestre, Henriot, Messac, Paulin, etc), on examinera quelques manières romanesques de questionner le cours du temps et de remettre en question une chronologie linéaire téléologique. En particulier, les cas de figures suivants seront détaillés : • strates : rétrofuturisme convoquant une double temporalité future, dont l’une contient l’autre • réversions : vision cyclique de l’Histoire associée à une involution ou un déclin • ruptures : mondes possibles hors temps, sans passé ou à la temporalité bouclée [less ▲]

Detailed reference viewed: 34 (1 ULg)
Peer Reviewed
See detailLes genres médiatiques de l’anticipation : des usages comiques du futur
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, June 10)

La petite presse multiplie volontiers les usages comiques de la prédiction, tantôt en empruntant ses effets à l’almanach, tantôt en traitant au second degré les marronniers trop familiers, tantôt encore ... [more ▼]

La petite presse multiplie volontiers les usages comiques de la prédiction, tantôt en empruntant ses effets à l’almanach, tantôt en traitant au second degré les marronniers trop familiers, tantôt encore en infléchissant vers la prospective le principe de la revue de fin d’année. Ainsi, il est fréquent que les petits journaux satiriques feignent d’imaginer les événements à venir sous la forme de « prédictions pour l’année » et de « coups d’œil prophétiques ». Après certaines pages du Charivari dans les années 1830 et 1840, l’humour d’un Albert Robida dans la Caricature a contribué à populariser ces procédés dans les années 1880. Si de telles éphémérides parodiques ne bénéficient pas de la stabilité d’une rubrique spécifique, elles sont toutefois appelées, au siècle suivant, à prendre l’ampleur de numéros complets qui témoignent d’une postérité intéressante (Illustration, Lectures pour tous, VU, Sciences et voyages) et d’une créativité iconotextuelle qui peut aller jusqu’au faux reportage photographique d’anticipation. Aussi fréquentes que polymorphes et éparpillées, ces prédictions comiques composent une microforme médiatique inhérente à la modernité de la petite presse, et ce par deux aspects au moins. D’une part, leur discursivité porte sur des données socioculturelles présentées comme remarquables et novatrices, censées incarner la quintessence de leur époque tout entière tendue vers l’avenir, ce qu’appuie encore l’intertextualité avec le merveilleux scientifique issu des pages de vulgarisation scientifique. D’autre part, leur poétique affiche une temporalité méta-médiatique renvoyant aux fonctions rituelles et référentielles du périodique, occasion de déployer une fiction publicitaire qui fait double office de support fantasmatique de projection et de vecteur autopromotionnel du journal. Cette communication a proposé une première recension et des éléments de poétique historique pour mieux cerner dans sa variété un sous-genre médiatique encore peu considéré. On a examiné, outre les procédés privilégiés (numéro circonstanciel d’étrennes, éphéméride parodique, revue de fin d’année détournée, billet d’humeur, recension culturelle, déclinaison médiatique de la féérie, etc.) et les transformations discursives que leur applique le second degré de la petite presse, les réalités socioculturelles sur lesquelles porte principalement l’anticipation (mode, progrès techniques, avancées sociales, produits de l’industrie), afin de définir quels objets médiatiques sont ainsi construits en discours et en représentations par le journal dans un commentaire qui veut cerner les promesses de modernité dans l’actualité. [less ▲]

Detailed reference viewed: 30 (2 ULg)
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See detail(Bé)vues du futur. Les imaginaires visuels de la dystopie (1840-1940)
Stienon, Valérie ULg; Dessy, Clément

Book published by Presses Universitaires Septentrion (2015)

Aujourd’hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d’expression qui mêle projection dans le futur et vision ... [more ▼]

Aujourd’hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d’expression qui mêle projection dans le futur et vision critique d’une société révèle les enjeux majeurs des époques qu’elle a traversées. Explorer ses caractéristiques visuelles sur un siècle, de 1840 à la Seconde Guerre mondiale, permet d’observer les lignes de forces d’un imaginaire central dans la littérature et les arts. L’imaginaire dystopique ne touche pas seulement à l’iconographie. Il concerne aussi les ressources textuelles de la description, la circulation transmédiatique des fictions et la définition même d’un univers souvent improprement qualifié par les étiquettes de fantastique et de science-fiction. Ce volume collectif abondamment illustré offre un aperçu chronologique empruntant ses approches à l’analyse de texte, à l’étude de l’image fixe ou animée, à la sociologie des auteurs et de l’édition, ainsi qu’à l’histoire des représentations. Il se centre sur les aires d’expression française, qui ont leurs propres spécificités, distinctes des réalisations anglo-saxonnes. Envisageant tant les œuvres paralittéraires que celles d’avant-garde, il met à l’honneur une production foisonnante, encore peu étudiée : de Souvestre à Bartosch, sans oublier Henriot et Robida, de l’eschatologie biblique à la poétique des ruines de la ville moderne, en passant par l’archéologie rétrofuturiste et l’imaginaire des fourmis. [less ▲]

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