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See detailSociorama¸ édition scientifique en ligne de la littérature panoramique internationale du XIXe siècle
Stienon, Valérie ULg; Preiss, Nathalie

Textual, factual or bibliographical database (in press)

La littérature dite « panoramique », selon l’expression fameuse de Walter Benjamin (Paris, capitale du XIXe siècle), forme un ensemble complexe de textes et d’illustrations. Avec l’avènement de l’état ... [more ▼]

La littérature dite « panoramique », selon l’expression fameuse de Walter Benjamin (Paris, capitale du XIXe siècle), forme un ensemble complexe de textes et d’illustrations. Avec l’avènement de l’état social démocratique pensé par Tocqueville, la société aspire à se voir et à s’apprécier. Dans cette perspective se multiplient les recueils d’études de mœurs sous des formes diverses (galeries, magasins, musées) mettant à l’honneur des figures, des silhouettes, des types et des comportements sociaux. Pour autant, toutes ces productions ne relèvent pas de la littérature panoramique, concept problématique que le site vise précisément à interroger. Le site SOCIORAMA poursuit cinq objectifs. - La contextualisation historique, géographique et linguistique des textes, selon un double protocole de présentation générale introductive pour chaque pays et de notes explicatives pour chaque texte. - La diffusion en libre accès de ces textes rares et peu connus, numérisés à partir de collections particulières et de fonds personnels. - La conservation numérique de ces textes anciens qui n’ont pas fait l’objet d’une politique de conservation d’ensemble ni de coordination au niveau international. - La fédération des recherches scientifiques passées et actuelles sur le sujet, en offrant à la fois un bilan et une synthèse prospective. - L’information grâce à une veille bibliographique régulière sur les études parues ou à paraître en lien avec les corpus édités et la mise à jour des actualités culturelles et scientifiques. [less ▲]

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See detailQui sont les auteurs « Aubert » ? La figure auctoriale en régime promotionnel
Stienon, Valérie ULg

Conference (2016, February 05)

La Maison Aubert et l’esprit d’entreprise de Charles Philipon sont sous la Monarchie de Juillet à l’origine d’un réseau éditorial fructueux et protéiforme fondé sur la diversification des supports (livres ... [more ▼]

La Maison Aubert et l’esprit d’entreprise de Charles Philipon sont sous la Monarchie de Juillet à l’origine d’un réseau éditorial fructueux et protéiforme fondé sur la diversification des supports (livres, journaux, volumes de pittoresques et petits formats de la littérature panoramique), sur le commerce du produit dérivé (« Muséums », caricatures à la pièce, papiers peints) et sur l’exploitation de l’image pour vendre le texte. On sait que Philipon a lancé les carrières de plusieurs dessinateurs importants comme Daumier et Doré. On sait également qu’il a su attirer des collaborateurs de premier choix dans les équipes rédactionnelles de la petite presse satirique de la Caricature et du Charivari. Ces démarches et la production qui en a résulté ont contribué à fonder autour d’une écurie éditoriale une véritable marque de fabrique, sinon une esthétique. Mais ont-elles pour autant participé à l’émergence de figures d’auteurs ? Louis Huart, Taxile Delord, Edmond Texier, Albert Cler, Arnould Frémy, Maurice Alhoy, James Rousseau et bien d’autres sont demeurés des « petits », attachés aux dépôts de pittoresques et aux panthéons comiques. À travers le cas des productions Aubert, il ne s’agira pas d’examiner comment une figure d’auteur identifiable (de son temps et/ou par la postérité) investit ou bénéficie de la publicité, mais d’envisager la problématique complémentaire et en quelque sorte inverse : les modalités de constitution de la figure auctoriale dans un contexte, un réseau et des supports qui jouent d’emblée et pleinement le jeu publicitaire sous ses formes les plus abouties, s’appuyant sur les stratégies économiques et promotionnelles rendues possibles par l’ère médiatique. L’individualité auctoriale peut-elle prendre forme et statut au sein d’une collectivité prépondérante et ouvertement spéculatrice, celle du commerce de la librairie et de la presse fondé sur la collaboration, le transfert et l’interchangeabilité des identités au profit des fonctions socioprofessionnelles ? En d’autres termes, si l’auteur ne peut se faire un nom sans publicité, (comment) peut-il exister lorsque tout n’est que publicité ? [less ▲]

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See detailLe siècle de la dystopie ? Propositions pour une histoire littéraire
Stienon, Valérie ULg

Conference (2016, January 22)

Le XIXe siècle développe bon nombre de récits de communautés en danger, sur le déclin ou soumises à la destruction. Vecteurs réflexifs sur l’actualité socioculturelle et son avenir, ces récits sont aussi ... [more ▼]

Le XIXe siècle développe bon nombre de récits de communautés en danger, sur le déclin ou soumises à la destruction. Vecteurs réflexifs sur l’actualité socioculturelle et son avenir, ces récits sont aussi des fictions autonomes et créatives. Pourtant, la dystopie occupe une place mineure et peu visible dans l’histoire littéraire française. Sa genèse dans la filiation des anti-utopies classiques n’est pas clairement établie et elle apparaît plus volontiers comme un appendice tardif de la seconde moitié du XIXe siècle . Son appellation même a pour antécédent une forgerie d’origine anglo-saxonne et non spécifiquement littéraire (« dys-topians », Stuart Mill, 1868 ). Comment dès lors considérer cet imaginaire dystopique qui traverse le long XIXe siècle ? La démarche s’apparente pour une bonne part à l’exhumation d’œuvres usuellement classées dans d’autres genres et composant un corpus hétéroclite où intervient un important substrat journalistique et politique. Pour rendre compte de ces particularités, on peut s’intéresser à la question du point de vue porté sur les communautés représentées ou imaginées. C’est en effet le point de vue narratif qui fait basculer l’utopie dans son double négatif ou qui infléchit l’histoire racontée dans un sens déceptif. C’est lui également qui régit la portée futuriste, critique ou allégorique du récit dans son premier contexte de réception. C’est lui enfin qui exprime l’essentiel des enjeux idéologiques assumés par ces fictions. Esquisser une histoire littéraire de la dystopie nécessitera donc, comme souhaite le proposer cette communication, de réfléchir aux manières de combiner une approche narrative et une perspective pluri-médiatique, la première offrant des critères de modélisation du récit (degrés de présence, de crédibilité et d’autorité des narrateurs) et la seconde embrassant un large spectre de genres et de supports, depuis la prose poétique eschatologique (Cousin de Grainville) jusqu’aux récits sériels fin-de-siècle et Belle Époque de guerres futures (Danrit, Giffard), en passant par les éphémérides humoristiques de la presse (Robida), les contes conjecturaux (Nodier, Allais) et le roman illustré (Souvestre, Henriot). [less ▲]

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See detailLa modernité des petits : panoramas, physiologies et panthéons
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2016, January 19)

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See detailLa terre creuse, de la géologie à la fiction. Postérité d’un chronotope d’anticipation à partir de Jules Verne
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, December 18)

Le voyage au centre de la Terre a été magistralement imaginé par Jules Verne en 1864 avant de devenir un véritable topos de la littérature populaire et de jeunesse. Sa postérité s’illustre dans les ... [more ▼]

Le voyage au centre de la Terre a été magistralement imaginé par Jules Verne en 1864 avant de devenir un véritable topos de la littérature populaire et de jeunesse. Sa postérité s’illustre dans les multiples déclinaisons de la terre creuse, recensées notamment par Guy Costes et Joseph Altairac dans leur bibliographie commentée en 2006. En quoi ce motif plus communément associé à une atemporalité (monde perdu, histoire secrète) ou à une régression temporelle (monde sauvage, vie des cavernes) intervient-il aussi dans une écriture de l’anticipation ? Chez Verne lui-même, il s’agit à la fois d’un voyage à rebours dans le temps, chaque strate parcourue correspondant à un recul historique, et d’une expédition scientifique déployant une technologie et des connaissances novatrices. Ce motif topique semble donc porteur d’une ambiguïté temporelle féconde. La communication proposera un parcours transversal dans le corpus d’anticipation francophone allant d’Ignis (1883) de Didier de Chousy qui traite de l’exploitation d’une nouvelle énergie géothermique, le « feu central de la Terre », jusqu’à Régis Messac dont La Cité des Asphyxiés (1937) dépeint un monde intra-terrestre dystopique. Les reprises de la terre creuse permettent d’éclairer l’importance des filiations génériques, des supports partagés et des formules éditoriales à succès, mais elles mettent aussi en évidence des œuvres atypiques, traduisant de manière spécifique le discours social et scientifique de leur époque. Si Verne, ses épigones et d’autres auteurs d’anticipation ont pu être tentés de réinvestir la terre creuse en fiction à un moment où sa réalité n’est plus perçue comme crédible dans le champ scientifique, c’est sans doute en raison de l’intrication particulièrement dense des disciplines concernées (géographie, géologie, paléontologie, sciences naturelles) et de l’importance des idéologies qui ont pu les croiser et les dynamiser : positivisme, hygiénisme, colonialisme, craintes écologiques. Cette communication voudrait montrer comment le motif fécond de la terre creuse, dans son évolution complexe du plausible à l’irréel, passe d’une croyance à une théorie scientifique avant de se développer en chronotope littéraire. [less ▲]

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See detailType, classe et catégorie : les savoirs décalés du panorama
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, December 11)

Le classement comme démarche cognitive et esthétique traverse explicitement la littérature dite « panoramique » du mitan du XIXe siècle, particulièrement dans son sous-corpus des Physiologies. Le ... [more ▼]

Le classement comme démarche cognitive et esthétique traverse explicitement la littérature dite « panoramique » du mitan du XIXe siècle, particulièrement dans son sous-corpus des Physiologies. Le classement s’y exerce principalement sur trois « objets » : des lieux publics et de sociabilité (théâtres, cafés, bals, rues et passages), des accessoires privilégiés pour leur dimension symbolique (Physiologies du Gant, de la Poire ou du Parapluie ) ou leur lien au contexte de diffusion, comme la Physiologie du Bonbon distribuée chez les confiseurs parisiens, la Physiologie de l’Omnibus et celle des Diligences et des grandes routes disponibles dans les bureaux d’omnibus. Mais surtout, des catégories humaines y sont érigées en types sociaux ou professionnels (le bourgeois, l’étudiant, l’usurier, le médecin, la lorette, le bas-bleu, le musicien, le flâneur, etc.), en se centrant généralement de manière explicite sur l’un d’eux. Si la physiologie (scientifique) des Physiologies est à plus d'un titre un leurre, sauf à l’entendre comme « physionomie » ou dans une conception comtienne de « physique sociale », par contre, il y a une influence importante des sciences naturelles, en particulier de la zoologie et de la botanique, c’est-à-dire précisément les secteurs qui encouragent et formalisent la classification. Pourtant, les manipulations physiologiques du type produisent des savoirs pour le moins décalés, dans une poétique affichée de la taxinomie dysfonctionnelle. Les perspectives mêlées laissent entrevoir trois objectifs : montrer le social, décrypter le caché et contester. [less ▲]

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See detailLa vie littéraire au kaléidoscope des Physiologies
Stienon, Valérie ULg

in Site de la Société des Études romantiques et dix-neuviémistes (SERD) (2015)

En mots et en vignettes, la Physiologie littéraire de la monarchie de Juillet élabore ses propres modalités de mise en fiction de la société. Selon un point de vue à la fois avisé et distancié, induit par ... [more ▼]

En mots et en vignettes, la Physiologie littéraire de la monarchie de Juillet élabore ses propres modalités de mise en fiction de la société. Selon un point de vue à la fois avisé et distancié, induit par l’association d’une centralité culturelle parisienne et d’une faible légitimité à l’ombre de la grande littérature, ces petites monographies réorganisent le système des valeurs à travers lesquelles est perçu le fait littéraire à leur époque. C’est l’occasion d’investiguer sur les à-côtés de la littérature, en interrogeant les manières de circonscrire le territoire des lettres et de le faire interagir avec d’autres domaines d’activités. Deux questions font plus particulièrement l’objet de cet article. D'une part, ces textes livrent-ils un traitement englobant et univoque du profil de l’homme de lettres ou s’attachent-ils au contraire à en souligner les nuances et les singularités en multipliant ses variétés, autour de la dichotomie bien connue des figures archétypales du poète et du journaliste ? D'autre part, dans quelle mesure ces textes reconduisent-ils le mythe du génie créateur et les valeurs romantiques du talent et de l’inspiration, compte tenu du fait que celles-ci sont difficilement compatibles avec les stratégies du parvenu et les expédients du jeune auteur pressé d’arriver, ruses que les Physiologies s’appliquent à débusquer, dans la foulée d’une abondante thématisation du macairisme et des fourberies du floueur ? [less ▲]

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See detailPrévoir/prévenir la contamination : récit d’anticipation et hygiénisme
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, November 07)

Au croisement de la médecine, de l’urbanisme et du réformisme social, les théories hygiénistes influencent profondément les conceptions du vivre-ensemble au XIXe siècle en France. Au même moment, les ... [more ▼]

Au croisement de la médecine, de l’urbanisme et du réformisme social, les théories hygiénistes influencent profondément les conceptions du vivre-ensemble au XIXe siècle en France. Au même moment, les romans d’anticipation développent des préoccupations similaires à travers leurs visions de la communauté : conditions fragiles de la santé publique, mesures prophylactiques contre l’épidémie, mises à l’épreuve du corps social et des infrastructures urbaines. Émile Souvestre envisage l’allaitement des enfants à la vapeur (Le Monde tel qu’il sera, 1846), Jules Verne conçoit France-Ville comme la « cité du bien-être » centrée sur la propreté (Les Cinq Cents Millions de la Bégum, 1879), Léon Daudet satirise une autocratie médicale devenue meurtrière par l’application outrancière des lois d’hygiène (Les Morticoles, 1894) et Paul Adam présente l’organisation des villes selon les cycles de la reproduction, favorisant la femme enceinte mais rendant stérile le soldat (Les Lettres de Malaisie, 1898). Les convergences entre les théories hygiénistes et les récits d’anticipation reposent non seulement sur un discours social et idéologique privilégiant certaines topiques comme la contamination, mais aussi sur des formes d’expression spécifiques, l’hygiénisme ayant généré nombre d’écrits – du traité à l’essai – caractérisés par leur propre poétique. Poser des principes, édicter des lois, recenser les composantes du corps social, réformer les mœurs, cartographier la ville et catégoriser ses habitants : ces démarches cognitives et les rhétoriques qui leur sont associées transitent aussi par la fiction romanesque, qui les fait siennes. On propose d’examiner ce double aspect : entre théorie et application, entre discours social et roman, comment la fiction d’anticipation s’approprie-t-elle l’hygiénisme pour en confirmer les principes, les critiquer ou les réinventer ? Quelles sont les modalités de ce dialogue à la fois prédictif et prescriptif (intégration, citation, transposition) ? Enfin, une évolution est-elle perceptible au long de la seconde moitié du siècle ? [less ▲]

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See detailLire entre les actes. Le théâtre mis en pièces par le récit d’anticipation
Stienon, Valérie ULg

in Tropics (2015), 2

Si les histoires de la littérature française font généralement peu de cas du roman d’anticipation, rendu invisible aux sélections de la postérité par la variété de ses désignations génériques, l’hybridité ... [more ▼]

Si les histoires de la littérature française font généralement peu de cas du roman d’anticipation, rendu invisible aux sélections de la postérité par la variété de ses désignations génériques, l’hybridité de ses formes et les discontinuités de son, ce dernier, en revanche, semble avoir des choses à dire au sujet de la littérature. Encore faut-il préciser de quel théâtre il est question dans ces anticipations, et dans quelle mesure il est possible de lire l’inscription d’un genre à travers la poétique d’un autre. Les thématisations du théâtre sont passibles d’une caractérisation multiforme impliquant des données d’ordre poétique, contextuel et historique. Plus qu’une définition de cette référence, la lecture transversale et diachronique de 1860 à 1930 qui suit entend formuler une interrogation sur les modalités de son traitement. Le théâtre participe-t-il, comme la poésie et le roman, et au même titre qu’eux, de la décadence anticipée des Lettres, signe d’un déclin général dont il prendrait acte à sa mesure ? Un genre ou un registre (drame, comédie, tragédie, boulevard, music-hall, vaudeville, opérette, etc.) est-il mis en évidence, ou ceux-ci sont-ils plutôt indifférenciés, voire présentés comme équivalents ? Ces considérations révèlent-elles une hybridation ou une remise en question des classements micro- et macro-génériques ? [less ▲]

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See detailLes futurs discontinus de l’anticipation : strates, réversions et ruptures temporelles
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, July 03)

La qualité du récit d’anticipation est souvent estimée à la mesure de ses coïncidences avec les données du monde de référence. Cette lecture factuelle tend à prévaloir pour la réception des genres de ... [more ▼]

La qualité du récit d’anticipation est souvent estimée à la mesure de ses coïncidences avec les données du monde de référence. Cette lecture factuelle tend à prévaloir pour la réception des genres de l’imaginaire du futur, dans lesquels on décèle volontiers tantôt une fonction prédictive – cognitive ou de mise en garde –, tantôt un éloignement dépaysant avec les réalités connues. On a moins considéré les temporalités internes de ces récits, tout aussi intéressantes que leur mise en relation avec les données du monde. Les chronologies diégétiques et les visions de l’Histoire sur lesquelles ils reposent montrent que ces mondes fictifs entretiennent avec leur propre temporalité – passée, présente et future – des rapports pour le moins complexes, faits de nombreux décrochages et d’emboîtements divers. Comment le roman d’anticipation les aménage-t-il, les comble-t-il, voire les justifie-t-il dans le cadre de son dispositif narratif ? À partir d’exemples empruntés à une histoire littéraire de l’anticipation française encore peu connue pour la période 1840-1940 (Souvestre, Henriot, Messac, Paulin, etc), on examinera quelques manières romanesques de questionner le cours du temps et de remettre en question une chronologie linéaire téléologique. En particulier, les cas de figures suivants seront détaillés : • strates : rétrofuturisme convoquant une double temporalité future, dont l’une contient l’autre • réversions : vision cyclique de l’Histoire associée à une involution ou un déclin • ruptures : mondes possibles hors temps, sans passé ou à la temporalité bouclée [less ▲]

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See detailLes genres médiatiques de l’anticipation : des usages comiques du futur
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, June 10)

La petite presse multiplie volontiers les usages comiques de la prédiction, tantôt en empruntant ses effets à l’almanach, tantôt en traitant au second degré les marronniers trop familiers, tantôt encore ... [more ▼]

La petite presse multiplie volontiers les usages comiques de la prédiction, tantôt en empruntant ses effets à l’almanach, tantôt en traitant au second degré les marronniers trop familiers, tantôt encore en infléchissant vers la prospective le principe de la revue de fin d’année. Ainsi, il est fréquent que les petits journaux satiriques feignent d’imaginer les événements à venir sous la forme de « prédictions pour l’année » et de « coups d’œil prophétiques ». Après certaines pages du Charivari dans les années 1830 et 1840, l’humour d’un Albert Robida dans la Caricature a contribué à populariser ces procédés dans les années 1880. Si de telles éphémérides parodiques ne bénéficient pas de la stabilité d’une rubrique spécifique, elles sont toutefois appelées, au siècle suivant, à prendre l’ampleur de numéros complets qui témoignent d’une postérité intéressante (Illustration, Lectures pour tous, VU, Sciences et voyages) et d’une créativité iconotextuelle qui peut aller jusqu’au faux reportage photographique d’anticipation. Aussi fréquentes que polymorphes et éparpillées, ces prédictions comiques composent une microforme médiatique inhérente à la modernité de la petite presse, et ce par deux aspects au moins. D’une part, leur discursivité porte sur des données socioculturelles présentées comme remarquables et novatrices, censées incarner la quintessence de leur époque tout entière tendue vers l’avenir, ce qu’appuie encore l’intertextualité avec le merveilleux scientifique issu des pages de vulgarisation scientifique. D’autre part, leur poétique affiche une temporalité méta-médiatique renvoyant aux fonctions rituelles et référentielles du périodique, occasion de déployer une fiction publicitaire qui fait double office de support fantasmatique de projection et de vecteur autopromotionnel du journal. Cette communication a proposé une première recension et des éléments de poétique historique pour mieux cerner dans sa variété un sous-genre médiatique encore peu considéré. On a examiné, outre les procédés privilégiés (numéro circonstanciel d’étrennes, éphéméride parodique, revue de fin d’année détournée, billet d’humeur, recension culturelle, déclinaison médiatique de la féérie, etc.) et les transformations discursives que leur applique le second degré de la petite presse, les réalités socioculturelles sur lesquelles porte principalement l’anticipation (mode, progrès techniques, avancées sociales, produits de l’industrie), afin de définir quels objets médiatiques sont ainsi construits en discours et en représentations par le journal dans un commentaire qui veut cerner les promesses de modernité dans l’actualité. [less ▲]

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See detail(Bé)vues du futur. Les imaginaires visuels de la dystopie (1840-1940)
Stienon, Valérie ULg; Dessy, Clément

Book published by Presses Universitaires Septentrion (2015)

Aujourd’hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d’expression qui mêle projection dans le futur et vision ... [more ▼]

Aujourd’hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d’expression qui mêle projection dans le futur et vision critique d’une société révèle les enjeux majeurs des époques qu’elle a traversées. Explorer ses caractéristiques visuelles sur un siècle, de 1840 à la Seconde Guerre mondiale, permet d’observer les lignes de forces d’un imaginaire central dans la littérature et les arts. L’imaginaire dystopique ne touche pas seulement à l’iconographie. Il concerne aussi les ressources textuelles de la description, la circulation transmédiatique des fictions et la définition même d’un univers souvent improprement qualifié par les étiquettes de fantastique et de science-fiction. Ce volume collectif abondamment illustré offre un aperçu chronologique empruntant ses approches à l’analyse de texte, à l’étude de l’image fixe ou animée, à la sociologie des auteurs et de l’édition, ainsi qu’à l’histoire des représentations. Il se centre sur les aires d’expression française, qui ont leurs propres spécificités, distinctes des réalisations anglo-saxonnes. Envisageant tant les œuvres paralittéraires que celles d’avant-garde, il met à l’honneur une production foisonnante, encore peu étudiée : de Souvestre à Bartosch, sans oublier Henriot et Robida, de l’eschatologie biblique à la poétique des ruines de la ville moderne, en passant par l’archéologie rétrofuturiste et l’imaginaire des fourmis. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailLa robinsonnade d’anticipation. Sur une forme composite et ses péripéties
Stienon, Valérie ULg

in Nineteenth Century French Studies (2015), vol. 43(n°3-4), 250-266

In nineteenth-century French literature, adventure novels and futuristic fictions share various narrative and thematic features which generate an extensive set of “science fiction adventure” novels that ... [more ▼]

In nineteenth-century French literature, adventure novels and futuristic fictions share various narrative and thematic features which generate an extensive set of “science fiction adventure” novels that have not attracted much critical attention to date. However, such hybrid narratives lead us to reconsider a certain kind of futuristic fiction as it is defined as much by a geographical shift as by time travel. The particular and prolific case of the robinsonnade, regarded as a pivotal subgenre of adventure, facilitates highlighting such generic interferences. This paper examines four novels related either to utopian travel literature or to Jules Verne’s literary and editorial paradigm of the “voyages extraordinaires” in order to shed light on the dynamics framing the earliest forms of science fiction built on the topic of remote, flying, or spatial island. (In French) [less ▲]

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See detailLecteurs truqués : sur la fabrique médiatique du lectorat au XIXe siècle
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, April 10)

Les voix du lecteur en journal semblent autant fabriquées que relayées. Faux profils, rubriques convenues, individualisation artificielle d’une catégorie de destinataires, confusion entre les récepteurs ... [more ▼]

Les voix du lecteur en journal semblent autant fabriquées que relayées. Faux profils, rubriques convenues, individualisation artificielle d’une catégorie de destinataires, confusion entre les récepteurs et l’équipe de rédaction : ce sont là des cas fréquents. C’est à ces non-coïncidences entre l’expression d’un discours présenté comme généré de l'extérieur du journal, par sa réception, et la ressaisie de ce discours dans le dispositif et la poétique du périodique de presse que sont consacrées les observations mises en évidence dans cette communication. [less ▲]

Detailed reference viewed: 24 (2 ULg)
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Peer Reviewed
See detailLa dystopie française d’Émile Souvestre à Léon Daudet. Petite traversée générique
Stienon, Valérie ULg

in Engélibert, Jean-Paul; Guidée, Raphaëlle (Eds.) Utopie et catastrophe. Revers et renaissances de l’utopie (XVIe-XXIe siècles) (2015)

Les récits anticipant des sociétés futures sous oppression ou sur le déclin sont régulièrement confondus sous les appellations non synonymiques de "dystopie", "anti-utopie" et "contre-utopie". Ces ... [more ▼]

Les récits anticipant des sociétés futures sous oppression ou sur le déclin sont régulièrement confondus sous les appellations non synonymiques de "dystopie", "anti-utopie" et "contre-utopie". Ces appariements dénotent une indécision significative à propos de tout un pan de la tradition littéraire de l’utopie. Qu’on le considère comme le double inversé ou la face cachée de l’utopie, le récit d’anticipation négatif présente au moins un invariant structurel : il développe l’histoire fictive d’une communauté dont l’organisation et les bases sociales sont menacées, fragilisées, détruites. Le présent parcours dans une fraction de la littérature française publiée entre 1840 et 1930 propose une mise au point terminologique et quelques balises formelles pour la (re)lecture du récit d’anticipation sociale négatif, dont il s’agit de souligner la cohérence et les spécificités. [less ▲]

Detailed reference viewed: 36 (3 ULg)
See detailLes voix du lecteur dans la presse française au XIXe siècle: introduction et conclusions
Stienon, Valérie ULg; Absalyamova, Elina

Conference (2015, April)

Le XIXe siècle est assurément l’âge de la lecture. Traversé par un double mouvement d’alphabétisation et de croissance démographique, il voit le lectorat s’étendre à de nouvelles catégories de personnes ... [more ▼]

Le XIXe siècle est assurément l’âge de la lecture. Traversé par un double mouvement d’alphabétisation et de croissance démographique, il voit le lectorat s’étendre à de nouvelles catégories de personnes : ouvriers, femmes, enfants. Dans les foyers, les cafés, les cercles et les cabinets de lecture, c’est l’imprimé à diffusion périodique qui attire à lui l’essentiel de ce nouveau public. Le journal offre une alternative majeure au livre, moins coûteuse et plus accessible. Plus immédiate, aussi, puisqu’il construit avec ses destinataires un système d’adresses et de réponses autour de l’actualité socioculturelle. Du courrier des lecteurs au droit de réponse, en passant par la causerie, le badinage, la note et la lettre ouverte, variés sont les moyens dont il dispose pour donner, réellement ou fictivement, la parole à ses lecteurs. Plus qu’une figure de récepteur à émouvoir, éduquer ou moraliser, le lecteur devient véritablement une « voix » qui investit les nouveaux espaces d’expression de la civilisation du journal alors en constitution en France. Commenter les faits divers, orienter l’intrigue duroman-feuilleton et réagir à la parution d’une oeuvre deviennent autant d’initiatives accessibles au plus grand nombre. En associant l’étude des imaginaires médiatiques à la poétique du support et à l’histoire culturelle, ces deux journées ont pour objectif d’éclairer les rôles et les statuts du lectorat tels qu’ils sont décelables dans la textualité du journal. Que nous apprend celle-ci sur laparticipation des lecteurs au dialogue créatif avec les producteurs, à la configuration des genres, à la promotion des oeuvres, aux définitions de l’écrivain en régime médiatique ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 34 (0 ULg)
See detailCommunautés médiatiques et lecteurs truqués au XIXe siècle
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, March 27)

La presse du XIXe siècle est attentive à instaurer un dialogue régulier et diversifié avec son lectorat, qui s’étend au fil du siècle à de nouvelles personnes : ouvrier, femmes, enfants. Or, la plupart du ... [more ▼]

La presse du XIXe siècle est attentive à instaurer un dialogue régulier et diversifié avec son lectorat, qui s’étend au fil du siècle à de nouvelles personnes : ouvrier, femmes, enfants. Or, la plupart du temps, ces voix et figures de lecteurs en journal sont fabriquées de toutes pièces : faux profils, rubriques convenues, individualisation artificielle d’une catégorie de destinataires, confusion entre les récepteurs et l’équipe de rédaction, etc. Les procédés varient entre les journaux qui donnent à voir des lettres de lecteurs, ceux qui exhibent l’interlocution elle-même et ceux qui jouent avec les discours supposés du lectorat. Ce dernier procédé conduit à examiner dans quelle mesure l’équipe de rédaction du journal se constitue, s’autodéfinit et se conforte à travers une rhétorique et une pragmatique concertées de la mention du lectorat : il s’agirait moins de donner la parole que de feindre de le faire, pour mieux s’exprimer dans l’entre-soi de l’espace déjà socialisé de la communication médiatique. Ce phénomène pose aussi la question d’une réception ressaisie à travers la textualité du journal et modulable par l’instance collective de production. Enfin, en créant son lectorat autant sinon davantage qu’il le désigne, le journal introduit de la médiation dans un discours adressé et, ce faisant, poétise les figures de destinataires et produit des effets de littérarité. On peut examiner la constitution des profils de lecteurs dans plusieurs périodiques de l’époque pour apporter des éléments de réponse à ces questions : - que nous apprennent ces stratégies discursives à propos de la collectivité du journal, attentive à programmer sa réception ? - dans quelle mesure les communautés médiatiques peuvent-elles véritablement accueillir le dialogue avec leurs lecteurs ? - y a-t-il des différences significatives entre petite et grande presses, la première étant certes davantage portée sur les logiques ludique et autoréférentielle, mais fonctionnant surtout en effectifs restreints dans sa production et sa réception ? [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailLittérature et sémiotique: histoire et épistémologie
Provenzano, François ULg; Bertrand, Jean-Pierre ULg; Stienon, Valérie ULg

in Signata. Annales des Sémiotiques = Annals of Semiotics (2015), 5(2014), 384

La question des liens entre sémiotique et littérature amène à poser un regard rétrospectif sur une période qui paraît aujourd’hui révolue. L’émergence de la sémiotique comme discipline institutionnalisée ... [more ▼]

La question des liens entre sémiotique et littérature amène à poser un regard rétrospectif sur une période qui paraît aujourd’hui révolue. L’émergence de la sémiotique comme discipline institutionnalisée est en effet contemporaine d’un profond changement de paradigme dans les approches du texte littéraire. Au cours de la décennie 1960, la rencontre entre sémiotique et littérature produit, en un temps très bref, un nombre considérable de concepts et d’instruments d’analyse, qui vont de la théorie du dialogisme et de la polyphonie à la sémanalyse en passant par la narratologie et la sémantique structurale. L'objectif de ce dossier est de saisir cette rencontre dans la perspective d’une histoire des idées, en éclairant ce qui, dans la conjoncture des années 1960, a pu favoriser la convergence, avant de la rendre caduque ou obsolète. Une place est également réservée aux témoignages pour laisser entendre, dans un souci d'historicisation, la voix d'acteurs importants de ces années sémio-littéraires: Philippe Hamon, le groupe Mu, Marc Angenot [less ▲]

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See detailLe livre au futur antérieur : les ambiguïtés d’un motif d’anticipation
Stienon, Valérie ULg; Barel-Moisan, Claire

Scientific conference (2014, November 28)

Les caractéristiques du récit d’anticipation en font un objet privilégié d’étude des enjeux culturels d’une époque dont il dépeint le tableau futur pour critiquer son état actuel ou s’en rassurer. Le ... [more ▼]

Les caractéristiques du récit d’anticipation en font un objet privilégié d’étude des enjeux culturels d’une époque dont il dépeint le tableau futur pour critiquer son état actuel ou s’en rassurer. Le genre de l’anticipation est ainsi enclin à articuler imaginaire social et extrapolations du présent, ce qui le porte à considérer, parmi d’autres aspects socio-culturels, la situation de la littérature. Il traite volontiers du modèle culturel lettré en questionnant son histoire, ses valeurs, ses acteurs et ses institutions. Le bilan qu’il en fait est généralement nuancé et négatif, prenant la forme de fictions dystopiques qui multiplient les alternatives audio-visuelles à l’objet-livre, doutent de Paris en tant que capitale des lettres et questionnent le paradigme de la France comme nation littéraire. Dès 1860, des romans et nouvelles parus pour la plupart dans la presse et les collections populaires développent de telles représentations en mots et en images. Outre l’œuvre d’anticipation d’Albert Robida, qui n’a pas seulement illustré La fin des livres d’Octave Uzanne (1895) mais aussi développé une réflexion d’ensemble sur l’avenir des pratiques littéraires et artistiques, notamment dans le Vingtième Siècle (1883) et La Vie électrique (1890), mentionnons Jules Verne et son Paris au XXe siècle (1994, écrit en 1863) ou Camille Flammarion avec La Fin du monde (La Science illustrée, 1893). Parmi les moins connus, signalons encore Joseph Méry, Les Ruines de Paris (1856) ; Alfred Franklin, Les Ruines de Paris en 4875 (1875) ; Didier De Chousy, Ignis (1883) ; Gustave Guitton, Ce que seront les hommes de l’an 3000 (1907) et Octave Béliard, Une expédition polaire aux ruines de Paris (Lecture pour tous, 1911). Dans ces œuvres encore peu considérées par la recherche universitaire, la littérature apparaît comme un bien culturel éminemment périssable et menacé, mais aussi comme un médium parmi d’autres au sein de pratiques en mutation qui réorganisent les tensions entre la création désintéressée et la production utilitaire. Si la littérature n’est pas le livre, le destin incertain de la première semble indissociablement lié à l’avenir du second. Des ambiguïtés significatives sont à examiner à ce propos : les scénarios fictifs envisagent une fin possible de la culture lettrée qui ne signe pas toujours la mort du livre et imaginent à celui-ci une survie sous des formes alternatives. Ces dernières révèlent un imaginaire médiatique du progrès et une inscription dans la société du spectacle émergente. Pour en rendre compte, on s’interrogera donc sur ce point crucial : y a-t-il disparition ou substitution du livre dans le corpus d’anticipation ? Sous cet angle, la lecture transversale permettra d’esquisser une typologie du livre au futur antérieur selon quatre aspects : (1) ses formes et supports (fragment vs volume, archive documentaire, hybride audio-visuel, objet technologique, etc.), (2) ses lieux matériels et symboliques (bibliothèques et cabinets, topographie urbaine, architecture dédiée), (3) ses usages (individuels vs collectifs, publics vs privés, informels ou ritualisés) et (4) les systèmes de classements dans lesquels il s’inscrit (hiérarchie des genres, valeurs, promotion ou contestation). Ces éléments d’analyse doivent permettre de rendre compte de l’empreinte complexe laissée au XIXe siècle par une certaine culture du livre dans une fraction de la production littéraire particulièrement perméable aux préoccupations et au discours social de son époque. Ils permettront de préciser l’importance assignée au livre dans son double aspect d’objet patrimonial et de vecteur de communication. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailLes îles (d')où fuir. Poétique croisée de la robinsonnade et de l'anticipation
Stienon, Valérie ULg

Conference (2014, October 17)

Il existe des parentés remarquables entre certaines caractéristiques du roman d’aventures et les premières fictions d’anticipation françaises. Il n'y a pas seulement que la notion d’"aventure" est floue ... [more ▼]

Il existe des parentés remarquables entre certaines caractéristiques du roman d’aventures et les premières fictions d’anticipation françaises. Il n'y a pas seulement que la notion d’"aventure" est floue, composant une catégorie infiltrante tenant de l’hypergenre ou du genre parasite, mais il existe aussi des propriétés communes formant un genre hybride de « science-fiction d’aventures» qui compose un corpus important, pourtant peu considéré par les études littéraires consacrées au récit d'anticipation. Envisagé sous cet angle, tout un pan de la production d’anticipation de la seconde moitié du XIXe siècle apparaît comme marqué par le déplacement géographique autant sinon davantage que par le voyage temporel, cultivant une plasticité qui permet dans certains cas des reprises à l’identique ou presque. Ce sont ces procédés d’hybridation qui font l'objet de cette communication, à partir d’un type de récits généralement considéré comme un sous-genre matriciel de l’aventure, la robinsonnade, considérée dans quatre romans du dernier quart du XIXe siècle: André Laurie, Les Exilés de la Terre; Georges Le Faure, Les Robinsons lunaires; Jules Verne, L'Île à hélice; Paul Adam, Lettres de Malaisie. [less ▲]

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