References of "Despret, Vinciane"
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See detailLe rire de Méduse. Entretien avec Donna Haraway (entretien réalisé et traduit de l'américain par F. Caeymaex, V. Despret & J. Pieron)
Pieron, Julien ULiege; Caeymaex, Florence ULiege; Despret, Vinciane ULiege

in Caeymaex, Florence; Despret, Vinciane; Pieron, Julien (Eds.) Habiter le trouble, avec Donna Haraway (in press)

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See detailHabiter le trouble, avec Donna Haraway
Pieron, Julien ULiege; Caeymaex, Florence ULiege; Despret, Vinciane ULiege

Book published by Editions Dehors (in press)

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See detailPHILOSTORY : autour du spectacle d’Isabelle Pousseur « Last Exit to Brooklyn (Coda) » (Hubert Selby Jr.)
Hagelstein, Maud ULiege; Janvier, Antoine ULiege; Despret, Vinciane ULiege et al

Conference given outside the academic context (2017)

Quels liens peut-on tracer entre le retour du loup dans les forêts des Cévennes et la vie dans les communautés urbaines de Brooklyn ? Ce grand écart apparent constitue le défi pour la pensée de la ... [more ▼]

Quels liens peut-on tracer entre le retour du loup dans les forêts des Cévennes et la vie dans les communautés urbaines de Brooklyn ? Ce grand écart apparent constitue le défi pour la pensée de la prochaine soirée Philostory organisée au Théâtre de Liège (02/10). D’un côté, le spectacle d’Isabelle Pousseur, Last Exit to Brooklyn (Coda), au départ du texte que Hubert Selby Jr. consacre à la vie d’un immeuble dans une grande ville des Etats-Unis et aux rapports sociaux qui s’y nouent. De l’autre, l’expérience inédite d’un philosophe cherchant à penser le retour spontané du loup en France, et construisant à partir de là de nouvelles figures du « diplomate ». En croisant ces deux récits, on pourra envisager de nouvelles formes de cohabitation, de nouvelles façons de composer les relations, qui prennent en compte sans les nier la peur du sauvage, la violence (puissance de conflit), la promiscuité, le sens du territoire, l’inégalité des rapports, mais aussi la nécessité des alliances et de l’invention d’un langage commun. Vers un modèle différent de la diplomatie. [less ▲]

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See detailLe chez soi des animaux
Despret, Vinciane ULiege

Book published by actes sud (2017)

Le livre raconte aux enfants des histoires sur le rapport des animaux à leur habitat et à leur identité. Pour comprendre qu’au-delà des ressemblances et des différences, “ainsi va la vie sur cette terre ... [more ▼]

Le livre raconte aux enfants des histoires sur le rapport des animaux à leur habitat et à leur identité. Pour comprendre qu’au-delà des ressemblances et des différences, “ainsi va la vie sur cette terre qui est, pour chacun et pour nous tous, notre chez-nous”. [less ▲]

Detailed reference viewed: 43 (1 ULiège)
See detailComposer avec les moutons. Lorsque des brebis apprennent à leurs bergers à leur apprendre
Despret, Vinciane ULiege; Meuret, Michel

Book published by Cardère (2016)

Si les moutons traînent derrière eux une réputation d’animaux stupides, c’est la faute de Panurge. Les moutons n’adoptent de comportement « moutonnier » que lorsqu’ils sont d’accord et y trouvent de ... [more ▼]

Si les moutons traînent derrière eux une réputation d’animaux stupides, c’est la faute de Panurge. Les moutons n’adoptent de comportement « moutonnier » que lorsqu’ils sont d’accord et y trouvent de l’intérêt : il n’y a pas de moutons idiots, juste des animaux « mal élevés ». Une philosophe et un écologue ont retracé, avec une dizaine de bergers, une aventure rarement évoquée, celle où des animaux apprennent à des humains à leur apprendre. Leur objectif : comprendre comment cet apprentissage se construit. Cet ouvrage révèle un fait peu connu : bergers et brebis sont engagés dans une conversation permanente, faite d’apprentissages réciproques et de respect. Ensemble, ils créent de la cohérence et cultivent l’idée de ce que peut être la possible beauté du monde. Les moutons font mieux : ils réalisent cette idée. Et ils le font, notamment, en mangeant. Composer avec les moutons, voilà ce qu’apprennent à faire, au quotidien, ces bergers. Humains et animaux s’engagent ensemble dans la création, non seulement d’un accord, mais également d’un éthos des manières d’habiter le monde. Tout un art de reconstruire l’étoffe un peu partout abîmée des continuités sensorielles. C’est cela aussi, composer avec les moutons. [less ▲]

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See detailWhat would animals say if we asked the right questions?
Despret, Vinciane ULiege; Buchanan, Brett

Book published by University of Minnesota Press (2016)

“You are about to enter a new genre, that of scientific fables, by which I don’t mean science fiction, or false stories about science, but, on the contrary, true ways of understanding how difficult it is ... [more ▼]

“You are about to enter a new genre, that of scientific fables, by which I don’t mean science fiction, or false stories about science, but, on the contrary, true ways of understanding how difficult it is to figure out what animals are up to.” -Bruno Latour, form the Foreword Is it all right to urinate in front of animals? What does it mean when a monkey throws its feces at you? Do apes really know how to ape? Do animals form same-sex relations? Are they the new celebrities of the twenty-first century? This book poses twenty-six such questions that stretch our preconceived ideas about what animals do, what they think about, and what they want. In a delightful abecedarium of twenty-six chapters, Vinciane Despret argues that behaviors we identify as separating humans from animals do not actually properly belong to humans. She does so by exploring incredible and often funny adventures about animals and their involvements with researchers, farmers, zookeepers, handlers, and other human beings. Do animals have a sense of humor? In reading these stories it is evident that they do seem to take perverse pleasure in creating scenarios that unsettle even the greatest of experts, who in turn devise newer and riskier hypotheses that invariably lead them to conclude that animals are not nearly as dumb as previously thought. These deftly translated accounts oblige us, along the way, to engage in both ethology and philosophy. Combining serious scholarship with humor that will resonate with anyone, this book-with a foreword by noted French philosopher, anthropologist, and sociologist of science Bruno Latour-is a must not only for specialists but also for general readers, including dog owners, who will never look at their canine companions the same way again. © 2016 by the Regents of the University of Minnesota. All rights reserved. [less ▲]

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See detailBring the dead back to ethology
Despret, Vinciane ULiege

in Latour, Bruno; Leclerc, Christophe (Eds.) Reset Modernity (2016)

Which mode of existence should we confer to the deceased that continue to interfere in the life of the left behind? They do have regularity (albeit local and always in relation to a particular milieu ... [more ▼]

Which mode of existence should we confer to the deceased that continue to interfere in the life of the left behind? They do have regularity (albeit local and always in relation to a particular milieu) that we can rely on. It is therefore possible to constitute a science of the deceased that fits them; one that describes them, anticipates their behaviors, and even that can interpret (in the sense of guiding a reply to) what they want or request. The deceased thus have an ecology (milieu is a crucial issue for them, and we sometimes witness real extinction in highly unfavorable niches) and, above all, an ethology – the science that hitherto studied the behavior of animals. Provided, however – and the same also applies to animals – that we are not referring to the traditional version of what is called classical ethology, otherwise known as behavioral biology and which primarily studies specific instincts and invariants.The science of ethology is above all a practical science. It is the science of what beings do and get others to do, what they are capable of doing. Therefore, the facts that it describes should only be described using the infinitive. [less ▲]

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See detailFigures de la re-composition
Despret, Vinciane ULiege

in Krause, Bernie; Boeuf, Gilles; Albert, Bruce (Eds.) et al Le grand orchestre des animaux (2016)

Le musicien et bio accousticien Krause a rompu avec les méthodologies propres aux recherches scientifiques telles qu’elles étaient menées sur les sons chez les animaux. En effet, l’éthos culturel de type ... [more ▼]

Le musicien et bio accousticien Krause a rompu avec les méthodologies propres aux recherches scientifiques telles qu’elles étaient menées sur les sons chez les animaux. En effet, l’éthos culturel de type visuel qui avait jusqu’alors guidé les recherches conduisait les chercheurs à collecter des sons comme on collectionne des spécimens dans les musées, sans tenir compte des rapports que les différentes espèces, voire les différents règnes, pouvaient entretenir. Ce type de démarche de collection relève bien d’un éthos du visuel, c’est-à-dire du stable, de l’immobile et, surtout, du clairement différencié. Comme le sont les formes visibles. Comme un compositeur et comme un musicien, Krause a en revanche cherché comment les animaux composent ensemble, et comment ils composent avec ce qui les entoure, le vent, l’eau, les autres organismes, les mouvements de la végétation, comment ces animaux créent des silences qui vont construire l’accord, comment ils partagent des fréquences, comment ils s’accordent, à nouveau — certes, sur un régime de différenciation, mais justement très différent de régime de différenciation des formes visuelles, les sons, dans ce cadre, sont les effets d’une différenciation qui activement s’agence aux particularités des autres productions sonores. [less ▲]

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See detail"Comme si...": des récits de présence
Despret, Vinciane ULiege

in Grimaud; Taylor, Anne-Christine (Eds.) Persona, étrangement humain (2016)

Le « comme si » est souvent utilisé dans les récits de sentiment de présence d'un défunt. Il est un opérateur d’ouverture entre les possibles. Il n’est pas un retrait interprétatif, il n’est pas une ... [more ▼]

Le « comme si » est souvent utilisé dans les récits de sentiment de présence d'un défunt. Il est un opérateur d’ouverture entre les possibles. Il n’est pas un retrait interprétatif, il n’est pas une mesure de prudence, mais un artifice sémantique qui permet d’affirmer et de maintenir activement plusieurs possibilités, « c’est peut-être moi, c’est peut-être pas ». Le « comme si » fait tenir et communiquer ces possibilités. Ce qui veut dire, puisqu’il assume de faire communiquer, que le « comme si » prend acte des écarts et les connecte par petites approximations. Le « comme si » de ce fait, opère de manière semblable, quoique pas identique, à la « présence de la présence » : il performe la coexistence de deux ontologies ; il explore le passage entre deux mondes en le traversant, toujours à pas presque imperceptibles, il relie en zigzagant de l’un à l’autre deux trajets possibles, deux manières de s’y aventurer, sans sauter, sans grands élans, sans grand écart. [less ▲]

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See detailNe pas oublier les talents
Despret, Vinciane ULiege

in Englebert, Jérôme; Follet, Valérie (Eds.) Adaptation. Essai collectif à partir des partadigmes éthologiques et évolutionnistes (2016)

Accomplir une œuvre qui réclame achèvement, c’est, je crois, ce que Albert Demaret pourrait aujourd’hui souhaiter : chercher comment elle peut résonner pour nous aujourd’hui, interroger son actualité.

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Peer Reviewed
See detailCosmoecological Sheep and the Arts of Living on a Damaged Planet
Despret, Vinciane ULiege; Meuret, michel

in Environmental Humanities (2016), 8(1), 24-36

In recent decades, in the South of France some young people from urban backgrounds have chosen to become shepherds and to learn to reconnect with the herding practices that many livestock breeders had ... [more ▼]

In recent decades, in the South of France some young people from urban backgrounds have chosen to become shepherds and to learn to reconnect with the herding practices that many livestock breeders had abandoned under the pressure of agricultural modernization policies. In some cases they have found themselves entrusted with sheep that are as naive about herding as they themselves were. Before their introduction to transhumance —seasonal movement between pastures—these animals were primarily confined and fed indoors or in small fenced areas. The shepherds had to learn how to lead, how to understand other modes of living, how to teach their sheep what is edible and what is not, and how to form a flock; the sheep had to learn how to “compose with ” dogs and humans, to acquire new feeding habits, a new ethos, and moreover, new ways of living in an enlarged world. These practices cannot be reduced to a livestock economy: shepherds consider herding a work of transformation and ecological recuperation — of the land, of the sheep, of ways of being together. Learning the “ arts of living on a damaged planet ” as Anna Tsing has termed it, humans and animals are making their own contributions to a new cosmoecology, creating cosmoecological connections and contributing to what Ghassan Hage has called alter-politics. [less ▲]

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See detailAu bonheur des morts. Récits de ceux qui restent
Despret, Vinciane ULiege

Book published by La découverte (2015)

Getting through the mourning process is an almost banal imperative considered necessary after the death of a loved one. But is it really self-evident ? Is letting go of those who have died a normal and ... [more ▼]

Getting through the mourning process is an almost banal imperative considered necessary after the death of a loved one. But is it really self-evident ? Is letting go of those who have died a normal and inescapable ideal if we do not want to suffer too much ? No, says Vinciane Despret in a book of accounts from those who, on the contrary, have chosen not to completing the mourning process and invented a thousand different ways to live with their dead. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailThe enigma of the raven
Despret, Vinciane ULiege; Bussolini, Jeffrey

in Angelaki : Journal of the Theoretical Humanities (2015), 20(2), 57-72

Bernd Heinrich and Maine ravens are exemplars of Despret's concepts of politeness, "faire connaissance" and recruitment. He was dissuaded by his mentor from studying them due to their intelligence and ... [more ▼]

Bernd Heinrich and Maine ravens are exemplars of Despret's concepts of politeness, "faire connaissance" and recruitment. He was dissuaded by his mentor from studying them due to their intelligence and their recalcitrance against reductive methods. Gaining their condence would take years. Once he did so they allowed him to see an astonishing range of behaviors and they accepted him as a socius. This was research that took into account the interests of the ravens themselves to answer complicated questions about their behavior. Ravens also practice this intermingling of interests and action with wolves. © 2015 Taylor & Francis. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailThinking like a rat
Despret, Vinciane ULiege; Bussolini, Jeffrey

in Angelaki : Journal of the Theoretical Humanities (2015), 20(2), 121-134

In submitting rats to tests such as running a maze, behaviorist researchers failed to take into account the interest and point of view of the rats. As a result, the research missed important questions and ... [more ▼]

In submitting rats to tests such as running a maze, behaviorist researchers failed to take into account the interest and point of view of the rats. As a result, the research missed important questions and relations at hand. The critiques about experimenter effect and intuitive perception of researchers questions by research subjects can be more fully extended to animals as research subjects and interactants in research who perceive and interpret situations, set-ups, and questions. Taking meaning and biosemiotics into account helps give a better model of animal subjectivity as exercised in the interpretation of situations and the pursuit of interest. © 2015 Taylor & Francis. [less ▲]

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See detailDo Animals Work? Creating Pragmatic narrative
Despret, Vinciane ULiege

in Senior, Matthew; Clark, David; Freccero, Carla (Eds.) Animots: Postanimality in French Thought (2015)

Do animals work? The way in which we answer this question could bear either the best or the worst consequences for animals. This indicates the pragmatism of such an inquiry. Acknowledging the cooperation ... [more ▼]

Do animals work? The way in which we answer this question could bear either the best or the worst consequences for animals. This indicates the pragmatism of such an inquiry. Acknowledging the cooperation and involvement of lab animals in the workload, as proposed by pharmacologist Michael Robin Chance in the 40s, could have changed the entire story. However, what does “work” mean? Donna Haraway defines “work” as a process that crafts identities and “response-abilities.” She writes: “animals as workers in labs, animals in all their worlds, are response-able in the same sense people are; that is, responsibility is a relationship crafted into intra-action through which entities, subjects and objects, come into being.” Sociologists and anthropologists have been reluctant to consider the idea that other beings could claim to work, apart from a few specific cases such as herding dogs, guide dogs, etc. My colleague, the French sociologist Jocelyne Porcher believes that breeding animals actively collaborate with their breeders. In her previous surveys, she heard anecdotes that suggested that cows and pigs deliberately ease the workload, taking initiative and subjectively getting involved in the work. However, when questioned on the issue, breeders adhere to common beliefs that only humans work, not animals. Looking deeper into the issue, we have discovered that the answer to this question fluctuates depending upon the way the question is posed and to whom the question is directed. [less ▲]

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See detailWhy i"I had not read Derrida": Often too close, Always too far away
Despret, Vinciane ULiege

in Mackenzie, Lousa; Posthumus, Stephanie (Eds.) French Thinking about Animals (2015)

Ce chapitre se propose d'envisager les manières de réguler la distance avec l'animal, dans les pratiques philosophiques. Nous avons été, ceux de ma génération de chercheurs continentaux dont moi-même ... [more ▼]

Ce chapitre se propose d'envisager les manières de réguler la distance avec l'animal, dans les pratiques philosophiques. Nous avons été, ceux de ma génération de chercheurs continentaux dont moi-même, pris entre d'une part, cette tendance très francophone de n'envisager l'animal que comme support de représentations (en maximalisant la distance), et d'autre part le sentiment qu'il était nécessaire de prendre position ( et donc de réduire cette distance), en essayant de trouver des modes compatibles avec le rejet que cette attitude ne manquerait pas de provoquer. Bruno Latour et Isabelle Stengers ont apporté, à cet égard, des outils précieux, et notamment en ouvrant la question de la sociologie des sciences à la normativité, par le biais, pour le premier, de la notion d'amateur, pour la seconde de celle de "récalcitrance". L'influence de Donna Haraway, ce sera mon hypothèse, en quelque sorte prolonge (et repose sur) cette veine ouverte et nous offre une manière encore différente de travailler et de repenser la distance. [less ▲]

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See detailPenser par le milieu, cultiver l'équivocation
Despret, Vinciane ULiege

in Büttgen, Phillipe; Gendreau-Massaloux, Michèle; North, Xavier (Eds.) Les pluriels de Barbara Cassin, ou le partage des équivoques (2015)

« Gorgias, écrivait Barbara Cassin, montre comment le Poème de Parménide, loin de partir, comme il le prétend, d'un “il y a” de être (esti : es gibt Sein, dit Heidegger), fabrique bien plutôt l'être en le ... [more ▼]

« Gorgias, écrivait Barbara Cassin, montre comment le Poème de Parménide, loin de partir, comme il le prétend, d'un “il y a” de être (esti : es gibt Sein, dit Heidegger), fabrique bien plutôt l'être en le disant, le fait être ; on ne va pas de l'être au dire de l'être, en toute fidélité et adéquation, mais, à l'inverse, l'être est un effet de dire, un produit du poème, la conséquence d'une performance discursive. C'est de là que je suis repartie. » Au cœur de sa réflexion sur la performativité du langage se déploie, chez Cassin, la question de l’efficace créatif de la traduction. Cette question peut être mise en rapport avec la notion développée par l’anthropologue Eduardo Viveiros de Castro sous le terme d’« équivocation ». Traduire, dit-il, c’est présumer qu’une équivocation existe toujours ; c’est communiquer par différences, différences dans sa langue — sous le même terme, quantité de choses peuvent revendiquer répondre de ce terme—, différences dans la langue de l’autre, et différences dans l’opération même de traduction— car les deux équivocités ne sont pas superposables. C’est ce qui conduit Viveiros de Castro à dire que « la comparaison est au service de la traduction », et non l’inverse. On ne traduit pas pour comparer, on compare à la seule fin de réussir à traduire. Et on compare des différences, des équivoques, des homonymes. L’équivocation est, en ce sens, le déploiement des versions. Dans une traduction, explique Cassin, non seulement chaque terme et chaque opération syntaxique de la langue source peuvent recevoir plusieurs sens, mais ils vont être traduits, dans la langue d’arrivée par des termes et des opérateurs syntaxiques qui, eux-mêmes, peuvent en avoir plusieurs. La version cultive ces divergences et ces bifurcations, de manière contrôlée— mais comme on dit que marcher est une manière contrôlée de tomber. Cette pratique de l’équivocation comme volonté de maintien de la contradiction est à l’œuvre dans les travaux les plus divers de la philosophe. Je m’attacherai plus particulièrement à la partie plus littéraire de ceux-ci. Au départ de la nouvelle « Les mots de tous les jours et l’orchidée de la nuit », que je mettrai en rapport avec une analyse de la thématique de la transmission, de l’identité et du deuil proposée par le psychanalyste Jean Allouch, je souhaiterais dégager les effets pragmatiques et féconds d’une traduction assumant et cultivant la possibilité de faire tenir des traductions divergentes et contradictoires d’un même énoncé. [less ▲]

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See detailLe mode mineur comme régime d'instruction et d'enquête
Despret, Vinciane ULiege

in Rémy, Catherine; Denizeau, Laurent (Eds.) La vie, mode mineur (2015)

Quelques chercheurs (notamment Bennet et Bennett 2000 ; Hagerty, 2012 ) ont récemment noté, lors de leurs enquêtes auprès de personnes ayant perdu un proche, le régime très particulier par lequel ces ... [more ▼]

Quelques chercheurs (notamment Bennet et Bennett 2000 ; Hagerty, 2012 ) ont récemment noté, lors de leurs enquêtes auprès de personnes ayant perdu un proche, le régime très particulier par lequel ces personnes décrivent leurs relations avec leurs défunts. Celui-ci pourrait être caractérisé, en référence au rapport mode mineur/mode majeur, comme un régime par lequel elles induisent activement un relâchement à l’égard du souci de cohérence qui guide les narrations, proposant des énoncés simultanément contradictoires. Ces narrations font alterner des types d’explications qui tantôt obéissent aux règles de la rationalité, tantôt les transgressent ouvertement, souvent au sein du même énoncé. Ces modes de présence « alternés » de soi-même eu égard à deux types de discours qui mobilisent chacun de manière différente leur expérience me semblent pouvoir être considérés comme relevant de modes successifs, et probablement délibérés, de relâchement, de jeu, avec le mode majeur — à la fois relâchement par rapport à la cohérence et relâchement par rapport à la rationalité tout en se maintenant en rapport avec elle. Non seulement ces énoncés traduisent l’expérience elle-même comme une expérience d’alternance de modes de présence différents, mais on constatera, en outre, que ces personnes décrivent cette expérience en veillant soigneusement à rendre chacun de ces régimes très perceptibles, à les restituer dans leur vitalité propre : on est dans le rêve et dans la réalité. Simultanément. On reçoit un signe et on le cherche activement. Simultanément. On fait l’objet d’une requête et on appelle délibérément le défunt à requérir . La contradiction volontairement assumée traduit ce régime de vitalité singulier de l’expérience, tant le jeu avec de multiples modes de présence, que l’alternance complexe d’adhésion et de doute qui l’accompagne et qui l’autorise. [less ▲]

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See detailLes morts utiles
Despret, Vinciane ULiege

in Terrain : Revue d'Ethnologie de l'Europe (2014), 62

It is not unusual nowadays to hear of people telling us that individuals who had been close to them have helped them after death. These people may have told them what to do when they were faced with ... [more ▼]

It is not unusual nowadays to hear of people telling us that individuals who had been close to them have helped them after death. These people may have told them what to do when they were faced with difficulties, comforted them, sent them messages of reassurance or even have given them advice. We find this kind of phenomenon in a remarkable number of cultures throughout the world. In this way then it is possible for the dead to continue to help and to engage in fruitful post mortem careers which enrich the lives of living people who may have been close to them and in some cases of strangers who can become the channels for this unexpected help. In this way vocations may be created, whether these be those of the departed or those who benefit from the received guidance acting either as experts or merely as helpers. These post mortem destinies do not simply follow from the realisation of such a vocation. All sorts of careers are open to the dead, whether these result from their own free will or not. They are called upon to participate in exchanges of services or of goods; they may be asked to reorganise solidarities. Sometimes the dead may even be expected to participate in political projects. [less ▲]

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See detailDomesticating Practices: The Case of Arabian Babblers
Despret, Vinciane ULiege

in McHugh, Susan; Marvin, Garry (Eds.) Routledge Handbook of Human–Animal Studies (2014)

The “Arabian babblers” are observed in the Neguev desert for more than 40 years. These birds live in cooperative groups. They offer presents to feed each other, they endanger themselves by mobbing raptors ... [more ▼]

The “Arabian babblers” are observed in the Neguev desert for more than 40 years. These birds live in cooperative groups. They offer presents to feed each other, they endanger themselves by mobbing raptors or by coming to the rescue of group members. They play and they also often dance together. All these behaviors have received various and controversial interpretations in the scientific literature. Following the actual field’s work, one may observe that these interpretations are closely linked to the way scientists observe the birds, or even deal with them. Different practices not only construe but actually “produce” different birds. Roughly said, some of the observers take a “subjectivist” stance and interact with the birds, the other one takes an “objectivist” stance, and keeps distance from them. Each of these practices has different effects, on the birds, and on the theories. These birds therefore appear just at the edge of the categories of wild/domesticated/feral, their identity seeming to change accordingly to the ethologist who observes them. [less ▲]

Detailed reference viewed: 112 (1 ULiège)