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See detailLe Caire : carrefour des ambassades. Étude historique et diplomatique de la correspondance échangée entre les sultans mamlouks circassiens et les souverains timourides et turcomans (Qara Qoyunlu-Qaramanides) au XVes. d’après le BnF ms.ar. 4440.
Dekkiche, Malika ULg

Doctoral thesis (2011)

Pendant près de 250 ans, les sultans Mamlouks d’Égypte (1250) et de Syrie (1260) furent les représentants suprêmes de l’Islam aussi bien aux yeux des Musulmans que des Chrétiens d’Occident. Leur capitale ... [more ▼]

Pendant près de 250 ans, les sultans Mamlouks d’Égypte (1250) et de Syrie (1260) furent les représentants suprêmes de l’Islam aussi bien aux yeux des Musulmans que des Chrétiens d’Occident. Leur capitale, Le Caire, s’érigea en véritable carrefour des ambassades venues des quatre coins du monde connu alors. Cependant, presque rien des archives de cette dynastie ne nous est parvenu sous sa forme originale. Heureusement, les secrétaires de chancellerie de cette époque nous ont laissé un nombre non négligeable d’ouvrages, manuels de chancellerie et Formulaires, dans lesquelles ils nous révèlent les pratiques de chancellerie en cours alors et nous présentent de nombreuses copies de lettres qui furent échangées entre les sultans mamlouks et d’autres dynasties, musulmanes, chrétiennes ou autres. La présente thèse de doctorat se fonde sur l’un de ces formulaires, conservé sous sa forme manuscrite à la Bibliothèque Nationale de France, Paris, sous la cote ms. ar. 4440. Nous avons extrait de ce manuscrit un corpus de 19 lettres échangées entre les sultans mamlouks et trois autres dynasties musulmanes du XVes. régnant sur un territoire allant de l’Anatolie à l’Iran en passant par l’Iraq: les Timourides, les Qara Qoyunlu et les Qaramanides. Après l’édition critique de ce corpus, nous nous sommes concentrée sur l’étude historique et diplomatique de celui-ci. La première partie de la thèse concerne l’étude historique du corpus et de ce que nous avons appelé « la réalité de l’ambassade ». Le protocole de réception des ambassades au Caire par les sultans mamlouks, est assez bien renseigné à travers les chroniques des historiens de l’époque. Il est important de bien connaître ces règles afin de mesurer l’importance que le souverain accordait à son correspondant. Après énonciation de ces règles protocolaires, nous proposons, pour chaque dynastie en question, un aperçu de l’état des relations qui étaient établies entre elles et les sultans mamlouks, avant de nous atteler à l’étude historique du corpus proprement dite. Pour ce faire, nous avons dépouillé années après années les chroniques mamloukes et tenté de remettre chacune des lettres du corpus dans le contexte de l’ambassade qui lui était propre. Enfin, nous nous sommes concentrée sur le contenu des messages de ces lettres et avons analysé les raisons qui étaient à l’origine de l’envoi de l’ambassade. Nous nous sommes rendue compte de l’importance que ces lettres possèdent en tant que sources historiques de la période couverte, car elles nous révèlent un grand nombre de détails omis par les historiens contemporains des faits, ce qui nous permet de réévaluer avec plus de précision le rôle que la dynastie mamlouke jouait encore à cette époque notamment en tant que représentant suprême de la communauté musulmane et ce malgré les affronts subis par les différents pouvoirs montants, comme les Timourides. Nous avons grâce à l’analyse du protocole de cérémonie et du contenu des messages deux grilles de lecture nous permettant d’évaluer l’état des relations établies entre les Mamlouks et les trois autres dynasties, mais pour que l’étude soit complète, il est une troisième grille qui doit être prise en compte. Elle nous est fournie par la diplomatique et elle fait l’objet de la seconde partie de notre thèse. Dans cette partie, nous nous sommes concentrée, outre sur notre corpus, sur l’étude des manuels de chancellerie de l’époque mamlouke et nous avons tenté, grâce à eux, de reconstituer les règles de chancellerie propres à la rédaction de la correspondance entre les sultans mamlouks et les souverains musulmans afin de mesurer de façon certaine les liens qui sous-tendaient les relations établies entre les différents correspondants. Une telle étude vient à point lorsque l’on sait le retard que la discipline diplomatique a pris dans le cadre des études arabo-musulmanes. Enfin, la mise en parallèle de cette partie avec la première nous permet de dresser un tableau assez complet de la perception que les Mamlouks avaient des autres dynasties avec lesquelles ils étaient en contact. [less ▲]

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