References of "Crucifix, Benoît"
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See detailRethinking the Memorable Panel from Pierre Sterckx to Olivier Josso Hamel
Crucifix, Benoît ULiege

in European Comic Art (in press), 10(2), 24-47

Going back to the origins of the ‘case mémorable’ in the pages of Les Cahiers de la bande dessinée, this article revisits the debates between Pierre Sterckx and Benoît Peeters, articulated around a ... [more ▼]

Going back to the origins of the ‘case mémorable’ in the pages of Les Cahiers de la bande dessinée, this article revisits the debates between Pierre Sterckx and Benoît Peeters, articulated around a conceptual tension between linear and tabular, about the relationship between single panels and narrative. It proposes that the ‘remembered panel’ pinpoints important issues about the recirculation of single images, isolated from their contexts, and the discourse of memory that becomes associated with it. A close-reading of Olivier Josso Hamel’s Au travail, in which the cartoonist redraws his own set of remembered panels, further calls for a reconsideration of Sterckx’s concept in the light of a creative practice that intimately engages with the memory of such panels in a complex relationship to their original narratives. [less ▲]

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See detailComic strips et papier glacé. Rétro-réflexivité et pseudo-sérialité dans Little Tommy Lost
Crucifix, Benoît ULiege

in Recherches en Communication (in press)

Cet article examine la place du comic strip au sein du roman graphique contemporain à travers l'analyse de Little Tommy Lost (2013) de l'auteur américain Cole Closser. La particularité de cette œuvre ... [more ▼]

Cet article examine la place du comic strip au sein du roman graphique contemporain à travers l'analyse de Little Tommy Lost (2013) de l'auteur américain Cole Closser. La particularité de cette œuvre tient en ce qu'elle se propose comme un pastiche rigoureux de divers comic strips des années 1920 et 1930, allant jusqu'à se faire passer pour une collection d'anciens strips oubliés puis redécouverts. Little Tommy Lost creuse donc une vague "rétro-réflexive" qui interroge la façon dont la bande dessinée peut remédier ses propres identités culturelles. Il s'agira de cerner les enjeux stylistiques, sériels, narratifs et culturels d'une telle remédiation rétro-réflexive. [less ▲]

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See detailCurating Comics Canons: Daniel Clowes and Art Spiegelman’s Private Museums
Crucifix, Benoît ULiege

in Munson, Kim (Ed.) From Panels to Frames: Comics in Museums (in press)

This chapter tackles cartoonist-curated exhibitions of comics, in which cartoonists select examples from comics archives to frame their own histories of comics. Le Musée privée d’Art Spiegelman is a ... [more ▼]

This chapter tackles cartoonist-curated exhibitions of comics, in which cartoonists select examples from comics archives to frame their own histories of comics. Le Musée privée d’Art Spiegelman is a large, unique exhibition that was organized at the Musée de la bande dessinée in Angoulême, in which Spiegelman proposed his ‘vision’ of comics history, while Eye of the Cartoonist: Daniel Clowes’s Selections from Comics History was organized at the Wexner Center for the Arts in Columbus (Ohio), drawing on the collections from the Billy Ireland Cartoon Library & Museum. The analysis of exhibition design and paratexts shows how ‘their’ histories is remediated in the context of the museum, which helps framing a particular discourse on the past of comics relative to the institutional context of each exhibit. [less ▲]

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See detailLes bandes détournées de Jochen Gerner et Ilan Manouach
Crucifix, Benoît ULiege; Dozo, Björn-Olav ULiege

in Garric, Henri (Ed.) La destruction des images en bande dessinée (in press)

Occupant tout les deux une position liminale du champ de la bande dessinée, Jochen Gerner et Ilan Manouach se sont, chacun à leur manière, livrés à des expériences réflexives de destruction de l'image en ... [more ▼]

Occupant tout les deux une position liminale du champ de la bande dessinée, Jochen Gerner et Ilan Manouach se sont, chacun à leur manière, livrés à des expériences réflexives de destruction de l'image en bande dessinée par le détournement. Ainsi, avec ses projets tels que TNT en Amérique, Abstraction (1941-1968), ou Le Panorama du Feu, Jochen Gerner opère par la technique du recouvrement une relecture d'albums classiques et de petits formats populaires, attirant l'attention sur certains motifs graphiques, abstraits ou figuratifs des objets détournés. Plus en phase avec l'héritage situationniste du détournement, Ilan Manouach intervient sur les œuvres appropriées pour en questionner les principes idéologiques : Katz interroge la métaphore animale au cœur de Maus, tandis qu'avec Les Schtroumpfs noirs, il retourne au thème de la représentation en imprimant l'album de Peyo entièrement en cyan. Moins politisé dans Riki fermier, Manouach y fait disparaître les personnages d'un album de Petzi pour ne garder que celui du pélican Riki, suivant un projet d'écriture à contrainte décrit comme « lipogrammatique ». Pour Gerner comme Manouach, la pratique du détournement touche directement à la matérialité de l'objet de bande dessinée, au sens où il y a une intervention physique sur les bandes dessinées détournées – que ce soit par recouvrement, retouche ou réimpression – qui se double d'un maintien du format de l'objet détourné (48 CC, pocket, pamphlet ou roman graphique). Le lecteur se retrouve ainsi face à une dé-familiarisation d'un objet pourtant connu et reconnu dans sa matérialité. Cette expérience conscientise un acte réflexif de destruction : les images d'origine se voient recouvertes de noir, rayées, masquées, retouchées, effacées, défigurées. Tout en étant extrêmement opaque, ce rapport à la matérialité est cependant différent d'autres formes de « graphiation »1 qui attirent l'attention sur une gestuelle physique, sur les traces de la main. Au contraire, comme l'a noté Pedro Moura à propos du travail d'Ilan Manouach, il y a une volonté de se « plac[er] en dehors du domaine de l’expression auctoriale, et même humaine, afin de favoriser l’émergence d’une expression dépersonnalisée »2. Plus proches d'une écriture « non-créative » telle que l'a décrite Kenneth Goldsmith3, ces deux pratiques du détournement mettent en scène une destruction d'images, dont les livres en portent la trace, donnant lieu à une traçabilité différente d'une graphiation qui mettrait en avant la patte graphique du dessinateur. La mesure destructrice de cette acte de détournement se retrouve d'ailleurs en prises avec le dispositif juridique du copyright, comme l'atteste la réaction des ayant-droits à Katz, envoyé au pilon. Face à ces deux formes de destruction (destruction de l'œuvre détourné et, retour du bâton, pilonnage du détournement), MetaKatz s'offre une double portée réflexive qui couvre toute la portée du geste destructeur au cœur du détournement, un acte qui se veut en même temps être une forme d'engendrement, puisqu'il ouvre à de nouveaux dispositifs, à de nouvelles images, et à de nouvelles lectures. Notre chapitre mettra donc en parallèle les œuvres d'Ilan Manouach et de Jochen Gerner afin d'examiner comment la question de la destruction se trouve au cœur du détournement, et de façon plus spécifique, comment celle-ci relève d'un rapport complexe à la matérialité du médium dont nous étudierons les enjeux. [less ▲]

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See detailPoetics of Digital Comics
Crucifix, Benoît ULiege; Dozo, Björn-Olav ULiege; Rommens, Aarnoud

in The Comics Grid: Journal of Comics Scholarship (2017)

This special collection follows up on the transdisciplinary conference Poetics of the Algorithm held at the University of Liège (Belgium) in June 2016. Narrative today is undergoing a radical change in ... [more ▼]

This special collection follows up on the transdisciplinary conference Poetics of the Algorithm held at the University of Liège (Belgium) in June 2016. Narrative today is undergoing a radical change in its ‘source code’ as new technologies are changing the way texts are produced, distributed, viewed and read. Even though comics have originally been resistant to a sweeping digital translation, weary of a technological utopianism that did not bode well for its own specificities, cartoonists have increasingly adapted to this new media ecology, using it to reinvent their approach to comics making. A poetics of digital comics would aim at mapping out how comics respond to the deep technological change of the digital in complex ways, avoiding the pitfall of a new vs. old dichotomy and thus accounting for both its innovative forays into digital creation as well as its paradoxes, resistances, residues and returns. By bringing Francophone voices into English, this collection, under the editorial direction of Benoît Crucifix, Björn-Olav Dozo, Aarnoud Rommens and Ernesto Priego for The Comics Grid: Journal of Comics Scholarship, seeks to encourage international scholarship spanning from the cutting-edge of a ‘French comics theory’ that, in recent years, has paid increasing attention to digital comics. [less ▲]

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See detailHistories of Comics by its Makers. Contemporary Graphic Novels and the Heritage of Comics
Crucifix, Benoît ULiege

Conference (2017, August 03)

PhD project presentation

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See detailPanel “Quand la bande dessinée se reproduit : imitation, reprise et rétro-réflexivité”
Crucifix, Benoît ULiege; Busi-Rizzi, Giorgio

Diverse speeche and writing (2017)

Co-organisation et présidence du panel "Quand la bande dessinée se reproduit : imitation, reprise et rétro-réflexivité" – Dans une industrie culturelle basée sur les principes de série et d’imitation, les ... [more ▼]

Co-organisation et présidence du panel "Quand la bande dessinée se reproduit : imitation, reprise et rétro-réflexivité" – Dans une industrie culturelle basée sur les principes de série et d’imitation, les questions de reproduction occupent une place toute particulière, illustrée par ce terme spécifique de swipe utilisé dans l’industrie du comic book. L’imitation s’est instituée comme principe éditorial autant dans la bande dessinée nord-américaine que dans la bande dessinée franco-belge : le style graphique se constitue ainsi souvent par imitation et reproduction, comme le montre l’exemple de l’émulation des styles ‘singuliers’ d’artistes tels que Jack Kirby ou André Franquin. Les rééditions des œuvres du passé tout comme les reprises de série classique s’épanouissent aujourd’hui et, simultanément, la bande dessinée s’empare de plus en plus de son propre passé, invoquant les connaissances encyclopédiques de ses lecteurs et s’engageant dans une forme de « rétro-réflexivité » (Brett Camper). Ces pratiques de reproduction par imitation indiquent différentes manières de penser la mise-à-disposition du passé dans le présent. Elles négocient ainsi de façon spécifique et historique le rapport à la reproductibilité en bande dessinée, par le biais de diverses techniques (recopiage, décalquage, collage, dessin, détournement, réinterprétation graphique, photocopie, clins d’œil, copier/coller, etc.) : à chaque fois, elles semblent alors interroger le rapport entre dessin et reproduction, que celle-ci soit manuelle, mécanique ou numérique. Cette session portera sur la prégnance de la reproduction par imitation dans la bande dessinée afin d’en examiner les enjeux culturels et esthétiques qui la lient à son passé et à son histoire. Comment la bande dessinée se reproduit-elle elle-même ? Quelles sont les pratiques de citation qui lui sont propres ? Comment ce rapport au passé a-t-il changé ? [less ▲]

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See detailDu dessin au design. Seth comme auteur-rééditeur
Crucifix, Benoît ULiege

Conference (2017, July 13)

Depuis ces dernières années, l’édition de bande dessinée connaît un véritable boom de rééditions patrimoniales. Dans le contexte nord-américain, ce sont justement les auteurs associés au « roman ... [more ▼]

Depuis ces dernières années, l’édition de bande dessinée connaît un véritable boom de rééditions patrimoniales. Dans le contexte nord-américain, ce sont justement les auteurs associés au « roman graphique » – ceux-là même qui ont exploré le livre en tant qu’objet en réalisant eux-mêmes le design de leurs œuvres – qui sont aussi invités à prendre en charge la conception graphique de ces rééditions d’œuvres du passé qu’ils aident à faire (re)découvrir. Cette communication a pour but d’étudier les designs réalisés par l’auteur canadien Seth pour plusieurs œuvres complètes : The Complete Peanuts, The John Stanley Library et The Collected Doug Wright. Les designs de Seth se caractérisent par leur mise-en-avant d’une esthétique idiosyncratique, comme il l’a lui-même exprimé : « when I design something it really is too much about me » (Spurgeon, 143). Elles se lient donc intimement à la production « propre » de l’auteur. Dans le cas de Stanley et Doug Wright, ces rééditions sont d’ailleurs liées à des essais écrits par Seth, relevant d’un travail autant esthétique qu’historiographique. Il s’agira d’abord de comprendre la spécificité culturelle de cette pratique de réédition dans l’édition « alternative » américaine, qui diffère du contexte éditorial européen ; plus en avant, le cas de Seth permettra de comprendre comment cette pratique ressort d’un mécanisme de canonisation particulier (Heer), mais aussi de montrer à quel point ce type d’objets met en avant une « fonction-auteur » (Foucault) inextricablement liée à une activité historiographique, éditoriale et patrimoniale. [less ▲]

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See detailWhat do Comics do to Graphic Novels? Remediating Old Comics
Crucifix, Benoît ULiege

Conference (2017, June 02)

A widely debated object, the graphic novel has catalyzed anxieties about changes within the comics world, postulating something of a radical break with its past. Albeit with great nuance, Jan Baetens and ... [more ▼]

A widely debated object, the graphic novel has catalyzed anxieties about changes within the comics world, postulating something of a radical break with its past. Albeit with great nuance, Jan Baetens and Hugo Frey put forward the bold argument that graphic novels constitute not only a “special type of comics” or a genre, but perhaps even a new medium. At the same time, they also repeatedly hint at how graphic novels are traversed by references to the past of comics, at times lapsing into a constraining retromania. This talk seeks out to dig into these questions by focusing on the remediation of the comic strip within two recent American graphic novels: Daniel Clowes’s "Ice Haven" and Cole Closser’s "Little Tommy Lost". Both works recuperate the medial body of the comic strip within their structure, demonstrating a self-reflexive historical awareness that redraws ‘old’ comics into its cultural make-up. Considering the remediation of the comic strip within the graphic novel, this talk analyzes how remediation might work ‘within’ a medium, reinvigorating the concept in a historical but medium-specific perspective that accounts for the dynamically changing identities of a medium. [less ▲]

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See detailRencontre avec Pascal Matthey
Crucifix, Benoît ULiege

Speech/Talk (2017)

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See detailIntroduction: Comics and Memory
Ahmed, Maaheen; Crucifix, Benoît ULiege

Conference (2017, April 19)

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See detailFrom Loose to Boxed Fragments and Back Again. Seriality and Archive in Chris Ware's ‘Building Stories’
Crucifix, Benoît ULiege

in Journal of Graphic Novels and Comics (2017)

This article focuses on the dynamics of seriality, archive and collection in Chris Ware's graphic novel “Building Stories”. It argues that the dispersed serialization of “Building Stories” is key to ... [more ▼]

This article focuses on the dynamics of seriality, archive and collection in Chris Ware's graphic novel “Building Stories”. It argues that the dispersed serialization of “Building Stories” is key to understand its box-of- comics format as well as its fragmented narrative structure. In a self-reflexive homage to the material history of comics, Ware's graphic novel indeed appears as an archive of its own serialization, foregrounding a process of collecting/dispersing fragments. [less ▲]

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See detailL’étude des cultures populaires à l’Université de Liège
Delbouille, Julie ULiege; Guesse, Carole ULiege; Dupont, Bruno ULiege et al

Conference (2017, February 10)

La présente communication se propose de retracer l’implantation progressive des cultures populaires comme objet de recherche à l’Université de Liège. Du colloque de Cerisy consacré à la paralittérature en ... [more ▼]

La présente communication se propose de retracer l’implantation progressive des cultures populaires comme objet de recherche à l’Université de Liège. Du colloque de Cerisy consacré à la paralittérature en 1967 à l’ouverture d’une mineure consacrée à la culture populaire en 2014, en passant par le développement des études en bande dessinée (avec le groupe ACME), en paralittérature, en littérature jeunesse et en jeu vidéo (avec le récent Liège GameLab), la prise en considération de ces œuvres souvent jugées illégitimes ou indignes comporte, aujourd’hui encore, d’importants enjeux scientifiques, politiques et idéologiques. À travers l’étude d’objets et de pratiques longtemps déclassés par les élites, c’est en effet la définition de l’art en tant qu’institution qui est questionnée. [less ▲]

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See detailTransatlantic Encounters. A Review of Nicolas Labarre’s Heavy Metal, l’autre Métal Hurlant
Crucifix, Benoît ULiege

in International Journal of Comic Art [=IJOCA] (2017), 19(1), 636-640

Review of Nicolas Labarre, Heavy Metal, l'autre Métal Hurlant, Bordeaux: Presses universitaires de Bordeaux, 2017.

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See detailArtefact présente Tante Leny. L'underground hollandaise importée en France
Crucifix, Benoît ULiege

Article for general public (2017)

Brève analyse du rôle de passeur culturel joué par Artefact dans leurs traductions de la bande dessinée underground hollandaise, via le collectif Tante Leny presenteert!.

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See detailComic strips et papier glacé. Rétro-réflexivité de la bande dessinée chez Cole Closser
Crucifix, Benoît ULiege

Conference (2016, December 09)

La « rétromania » bat son plein dans le champ de la bande dessinée qui, aujourd'hui, ne compte plus les rééditions luxueuses des œuvres, canoniques ou oubliées, de son passé1. Les Sunday comics, pages ... [more ▼]

La « rétromania » bat son plein dans le champ de la bande dessinée qui, aujourd'hui, ne compte plus les rééditions luxueuses des œuvres, canoniques ou oubliées, de son passé1. Les Sunday comics, pages dominicales des quotidiens américains où paraissaient en couleur le supplément de bande dessinée, ont fait l'objet d'une attention toute particulière, comme en atteste les rééditions à l'échelle originale réalisées par Sunday Press, magnifiant ces œuvres éphémères au sein d'ouvrages monumentaux. Art Spiegelman et Chris Ware, auteurs clés du roman graphique, ont directement été impliqués dans de tels projets, manifestant une continuité entre ces Sunday pages et leurs propres expérimentations avec la forme, illustrant bien l'adage de Spiegelman, « the future of comics is in the past ». La bande dessinée contemporaine, donc, semble être crucialement située à l'intersection d'une fascination rétrospective pour son passé, et d'une réinvention de ce passé, de l'exploration de « nouvelles » formes. Partant de ce contexte précis, qu'il s'agira d'approfondir, cette présentation examinera les Sunday comics comme « objets en mouvement » à travers l'œuvre de Cole Closser2, qui manifeste une « rétro-réflexivité3 » basée sur l'imitation non seulement du style de comic strips mais aussi sur l'évocation de leurs récentes rééditions. Closser mélange outils numériques et techniques obsolètes pour produire quelque chose qui veut se faire passer pour un objet du passé. L'œuvre de Closser ainsi met en avant les aspects matériels et haptiques liés à la reproduction de « vieux » comic strips, ainsi que le fétichisme lié à cette mise en scène matérielle de ces objets telle qu'on peut la trouver dans les designs des livres de Dan Nadel ou Chip Kidd4. Le cas de Closser est paradigmatique de la manière dont cette forme de rétro-réflexivité dépasse la question d'intertextualité pour interroger comment de « vieilles » bandes dessinées re-circulent en tant qu'objets au sein de la production contemporaine et donc au-delà du marché des collectionneurs. À partir du cas de Closser, cette présentation cherchera à mettre en lumière différents usages que ces objets du passé de la bande dessinée recouvrent au cœur du roman graphique contemporain, cartographiant un mouvement simultanément rétrospectif et orienté vers le futur. [less ▲]

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See detailLes Bandes détournées de Jochen Gerner et Ilan Manouach: entre destruction et engendrement
Crucifix, Benoît ULiege; Dozo, Björn-Olav ULiege

Conference (2016, November 09)

Occupant tout les deux une position liminale du champ de la bande dessinée, Jochen Gerner et Ilan Manouach se sont, chacun à leur manière, livrés à des expériences réflexives de destruction de l'image en ... [more ▼]

Occupant tout les deux une position liminale du champ de la bande dessinée, Jochen Gerner et Ilan Manouach se sont, chacun à leur manière, livrés à des expériences réflexives de destruction de l'image en bande dessinée par le détournement. Ainsi, avec ses projets tels que TNT en Amérique, Abstraction (1941-1968), ou Le Panorama du Feu, Jochen Gerner opère par la technique du recouvrement une relecture d'albums classiques et de petits formats populaires, attirant l'attention sur certains motifs graphiques, abstraits ou figuratifs des objets détournés. Plus en phase avec l'héritage situationniste du détournement, Ilan Manouach intervient sur les œuvres appropriées pour en questionner les principes idéologiques : Katz interroge la métaphore animale au cœur de Maus, tandis qu'avec Les Schtroumpfs noirs, il retourne au thème de la représentation en imprimant l'album de Peyo entièrement en cyan. Moins politisé dans Riki fermier, Manouach y fait disparaître les personnages d'un album de Petzi pour ne garder que celui du pélican Riki, suivant un projet d'écriture à contrainte décrit comme « lipogrammatique ». Pour Gerner comme Manouach, la pratique du détournement touche directement à la matérialité de l'objet de bande dessinée, au sens où il y a une intervention physique sur les bandes dessinées détournées – que ce soit par recouvrement, retouche ou réimpression – qui se double d'un maintien du format de l'objet détourné (48 CC, pocket, pamphlet ou roman graphique). Le lecteur se retrouve ainsi face à une dé-familiarisation d'un objet pourtant connu et reconnu dans sa matérialité. Cette expérience conscientise un acte réflexif de destruction : les images d'origine se voient recouvertes de noir, rayées, masquées, retouchées, effacées, défigurées. Tout en étant extrêmement opaque, ce rapport à la matérialité est cependant différent d'autres formes de « graphiation » qui attirent l'attention sur une gestuelle physique, sur les traces de la main. Ces deux pratiques du détournement mettent en scène une destruction d'images, dont les livres en portent la trace, donnant lieu à une traçabilité différente d'une graphiation qui mettrait en avant la patte graphique du dessinateur. La mesure destructrice de cette acte de détournement se retrouve d'ailleurs en prises avec le dispositif juridique du copyright, comme l'atteste la réaction des ayant-droits à Katz, envoyé au pilon. Face à ces deux formes de destruction (destruction de l'œuvre détourné et, retour du bâton, pilonnage du détournement), MetaKatz s'offre une double portée réflexive qui couvre toute la portée du geste destructeur au cœur du détournement, un acte qui se veut en même temps être une forme d'engendrement, puisqu'il ouvre à de nouveaux dispositifs, à de nouvelles images, et à de nouvelles lectures. Notre communication mettra donc en parallèle les œuvres d'Ilan Manouach et de Jochen Gerner afin d'examiner comment la question de la destruction se trouve au cœur du détournement, et de façon plus spécifique, comment celle-ci relève d'un rapport complexe à la matérialité du médium dont nous étudierons les enjeux. [less ▲]

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See detailHybridation, intergénéricité et ironie dans “Arsène Schrauwen” d’Olivier Schrauwen
Crucifix, Benoît ULiege; Meesters, Gert

in Neuvième art 2.0. (2016)

« La vraie vie, c’est ce qui se passe dans la tête quand on fait la vaisselle », ou « J’ai souvent une idée [de ce à quoi ressemblera ma prochaine histoire], mais généralement mon subconscient a d’autres ... [more ▼]

« La vraie vie, c’est ce qui se passe dans la tête quand on fait la vaisselle », ou « J’ai souvent une idée [de ce à quoi ressemblera ma prochaine histoire], mais généralement mon subconscient a d’autres projets ». Ces citations, tirées d’un récent entretien, sont typiques de la posture d’Olivier Schrauwen et indiquent directement qu’une histoire sur le Congo belge, dans ses mains, ressemblera à toute autre chose que les récits (post)coloniaux auxquels la bande dessinée s’est habituée. Paru en français en 2015 à L’Association, Arsène Schrauwen fait le récit halluciné du voyage au Congo qu’aurait effectué, comme le titre semble l’induire, le grand-père de l’auteur. En partant d’un contexte de production où la bande dessinée documentaire et autobiographique sont désormais bien ancrés, nous nous pencherons sur la façon dont Arsène Schrauwen se distingue de telles approches, souvent par l’absurde et l’ironie, mais aussi en invoquant des thèmes et motifs typiques des genres populaires qui ont dominés l’histoire de la bande dessinée. L’ouvrage de Schrauwen revendique ainsi une portée auto-réflexive qui s’étend d’autant plus à une réflexion comique sur le « langage » de la bande dessinée, un jeu qui sert le propos du livre à des fins plus profondes qu’il ne pourrait paraître. [less ▲]

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See detailRedrawing as Reframing. Graphiation, Quotation and Comics History
Crucifix, Benoît ULiege

Scientific conference (2016, October 26)

Coining the concept of ‘graphiation’ to theorize the narrative functions of drawing in comics, Philippe Marion’s Traces en cases has become a seminal text in comics studies due to its further ... [more ▼]

Coining the concept of ‘graphiation’ to theorize the narrative functions of drawing in comics, Philippe Marion’s Traces en cases has become a seminal text in comics studies due to its further theorizations by, among, others, Jan Baetens, Jared Gardner, and Simon Grennan. This presentation hopes to make an original contribution to these discussions by focusing on the issue of quotation and redrawing in graphic narratives, practices that interrogate how the ‘graphic trace’ relates to the drawing subject. I will compare and contrast two culture-specific terms: ‘case mémorable’ in the context of Franco-Belgian comics and ‘swiping’ in the context of American comic books. Both terms point at how comics images circulate across the borders of their original formats trough different technicalities of reproduction (mechanical or hand-crafted) that split them from both their immediate and larger contexts. While these terms are frequently used by creators, fans and readers alike, they have gained no currency in comics theory. My attempt, however, is not to argue for their inclusion within that vocabulary but rather to understand how these terms articulate, within the comics world, debates about quotation and redrawing. I will briefly retrace the genealogy of these terms in fan discourses to finally show how two contemporary cartoonists–Charles Burns and Olivier Josso Hamel–revisit them in ways that foreground the cultural and narrative stakes of reusing ‘old’ comics. Comparing these two terms will shed light on distinct conceptions of copying, originality and quotation, hopefully providing fresh perspectives on the theory of graphiation [less ▲]

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See detailCurating Canons of Comics: Daniel Clowes and Art Spiegelman's 'Private' Museums
Crucifix, Benoît ULiege

Conference (2016, October 13)

As guest of honor at the 2012 International Comics Festival in Angoulême, Art Spiegelman did not only have a retrospective exhibition devoted to his work, but was also invited to act as the curator of the ... [more ▼]

As guest of honor at the 2012 International Comics Festival in Angoulême, Art Spiegelman did not only have a retrospective exhibition devoted to his work, but was also invited to act as the curator of the CIBDI museum’s archive, producing his own ‘private’ museum, as suggested by the exhibition title Le Musée privée d’Art Spiegelman. Similarly, for Daniel Clowes’s retrospective exhibit in Columbus, the Wexner Center of the Arts hosted Eye of the Cartoonist: Daniel Clowes’s Selections from Comics History, based on Clowes’s curatorial choices from the Billy Ireland Cartoon Library and Museum. In each case, the cartoonist literally frames the history of comics and exhibits his personal canon of comics. As Spiegelman put it: “I have been allowed to highjack the Centre of Bande dessinée Museum to replace what is primarily the Francophone patrimony of comics with my own perverse and private map of what comics are.” This quote clearly embodies the dual facet of such exhibitions – collective and singular, shared and idiosyncratic – foregrounding the anchorage of individual graphic novelists within traditions of comics. Articulated around personal canons, these two exhibitions offer fresh perspectives to think about canonization in the comics world. Albeit focused on two 'canonized' graphic novelists, this case study nuances the auteurism of comics scholarship: not only are these exhibitions the result of collaborative work, they also recast the author in the role of curator. The key aspect of these exhibitions lies in a canonizing act of selection that circulates in varied material forms showcasing the authors’ influences. Mapping out how Clowes and Spiegelman frame their entanglement with the past of comics within the contexts of institutions that store its archive, I will examine the specificities of these exhibitions in relation to a body and style of historiography I call ‘authors’ histories of the comics.’ [less ▲]

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