References of "Bejbouji, Jihane"
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See detailL’Arganeraie des Haha : droits réels, inégalités d’accès aux ressources naturelles et principales dynamiques (Sud Ouest du Maroc)
Bejbouji, Jihane ULg

Doctoral thesis (2013)

Véritable spécificité du Sud-Ouest marocain, l’arganeraie est l’ensemble des écosystèmes dont l’espèce caractéristique est l’arganier, relique de la végétation subtropicale de l’ère tertiaire. Outre son ... [more ▼]

Véritable spécificité du Sud-Ouest marocain, l’arganeraie est l’ensemble des écosystèmes dont l’espèce caractéristique est l’arganier, relique de la végétation subtropicale de l’ère tertiaire. Outre son originalité historique et géographique, l’arganeraie assure de multiples fonctions écologiques et procure de nombreux biens à une population pauvre et vivant dans des conditions précaires. Toutefois, cet espace intrigue. Alors que dans les autres forêts marocaines, les riverains ne disposent que de deux droits (la récolte de bois mort gisant et le parcours), la population de l’arganeraie bénéficie depuis 1925 d’une législation spéciale lui assurant une large gamme d’utilisations et d’exploitations des ressources forestières. Cette thèse, menée dans l’arganeraie des Haha (province d’Essaouira) se propose de contribuer à la gestion durable d’un territoire partagé dans un contexte caractérisé par de nombreuses mutations. Pour appréhender les évolutions de cet éco-socio-système, nous avons privilégié une entrée par l’étude des droits réels, d’accès et d’usage, en accordant une attention particulière aux inégalités qui les caractérisent. Nous nous sommes fixé trois objectifs : identifier les modes de gestion, analyser les dynamiques actuelles des usages et pratiques dans ces écosystèmes à arganier et proposer des scénarios de gestion. Pour ce faire, nous avons mené une enquête qualitative et quantitative auprès de 100 ménages au niveau de trois communes rurales, Smimou, Ida ou Azza et Imgrade, situées autour du massif du Jbel Amsitten, l’une des zones centrales de la Réserve de Biosphère de l’arganier. Notre travail de recherche a d’abord dressé le portrait actuel de l’espace et de l’ensemble des droits qui le régissent. Il montre que leur appropriation s’est faite progressivement par une population en majorité issue d’un brassage récent d’émigrants provenant du sud. Il en résulte une trame de droits récemment forgée et très diversifiée. Ensuite, en partant des représentations que se font les populations de leur patrimoine, nous avons identifié trois grands types de propriétaires se comportant selon des logiques différentes : d’abord des ménages, qui sont les plus nombreux, dont les ressources sont rares ou limitées et qui cherchent avant tout à survivre. Ensuite des ménages dont les ressources sont modérées et qui développent une logique de gestionnaire et finalement, quelques ménages dont les ressources sont importantes et qui poursuivent une logique d’entrepreneur. Par ailleurs, l’étude du compartiment agdal, son concept, ses configurations sociales et spatiales et ses types de gestion a montré l’évolution d’une pratique de mise en défens à celle d’un terroir se révélant comme un agrégat de droits. Et contrairement à ce qu’on croit, la détention de l’agdal ne concerne pas toute la population, mais elle semble plutôt liée à la disponibilité des ressources aux différentes périodes d’arrivée des ménages immigrants. Quant à sa gestion, deux types ont été identifiés : individuel et commun. En ayant recours à une étude monographique, nous avons alors montré que la gestion de cet espace-ressources est complexe. Elle résulte à la fois de l’histoire de l’appropriation des droits, de la délimitation forestière et des stratégies de gestion intergénérationnelle individuelles et collectives adoptées par la population pour mettre en valeur ces ressources. Enfin, moyennant la systémique, nous avons identifié quatre principales dynamiques qui traversent ce système : une dynamique de déprise, de maintien/résistance, de marché et de projet. Ce travail de recherche a mis en lumière le fait que l’arganeraie n’est pas un tout, approprié par un groupe homogène, mais qu’elle renvoie plutôt à un ensemble d’éléments en osmose : une population diversifiée, des patrimoines inégaux et des rapports au territoire variés. Par ailleurs, les formes de gestion en commun dans cet espace déclinent tandis que la tendance à la gestion privée se renforce. La prise en compte de cette complexité, des inégalités d’accès aux ressources naturelles, des stratégies anticipatives adoptées par la population et de la diversité des compartiments et des pratiques, s’avère nécessaire pour la réussite de tout projet d’aménagement, mais aussi pour la durabilité de l’approvisionnement en fruits. C’est ainsi que nous avons construit trois scénarios de gestion qui sont, à notre avis, les plus plausibles : un scénario tendanciel ou de statu quo, un scénario optimiste ou de gestion partagée entre l’Etat et les communautés et un scénario modéré ou de gestion privée. La gestion patrimoniale et intégrée de l’arganeraie serait en mesure de contribuer à sa gestion durable. Renouer avec le corpus de règles qu’entretenait la population avec cet espace-ressources peut être, à notre avis, une des principales portes d’entrée de sa conservation. [less ▲]

Detailed reference viewed: 75 (16 ULg)
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Peer Reviewed
See detailAppropriation progressive de l'arganeraie: exploration de l'histoire depuis la genèse des droits jusqu'à leur refonte
Bejbouji, Jihane ULg; Mougenot, Catherine ULg; Mormont, Marc ULg et al

in Farcy, Christine; Peyron, Jean-Luc; Poss, Yves (Eds.) Forêts et Foresterie. Mutations et décloisonnements (2013)

L’arganeraie, spécificité du Sud-Ouest marocain, est l’ensemble des écosystèmes dont l’espèce caractéristique est l’arganier ou Argania spinosa. Outre leurs multiples fonctions écologiques, ces ... [more ▼]

L’arganeraie, spécificité du Sud-Ouest marocain, est l’ensemble des écosystèmes dont l’espèce caractéristique est l’arganier ou Argania spinosa. Outre leurs multiples fonctions écologiques, ces écosystèmes procurent de nombreux biens pour une population pauvre vivant dans des conditions précaires. Toutefois, cet espace intrigue. En effet, à la différence des autres forêts marocaines dont les riverains ne disposent que de deux droits (la récolte de bois mort gisant et le parcours), la population de l’arganeraie a bénéficié d’une législation spéciale depuis 1925, jouissant ainsi d’une large gamme d’utilisation et d’exploitation des ressources forestières. L’image classique véhiculée de cet espace est celle d’une population autochtone, connue pour son élevage caprin, poursuivant des pratiques ancestrales, notamment l’agdal, et gérant des terrains d’arganiers dont elle tire depuis toujours une huile, aujourd’hui très prisée à l’échelle internationale, et devenue emblématique du Maroc. Les historiens nous livrent pourtant une image contrastée entre recherche de la sécurité et de terrains fertiles et fuite de l’insécurité. Parmi les différentes étapes qui ont jalonné son histoire, nous distinguons pour notre propos deux étapes principales : une première période se situe avant la délimitation des forêts et est marquée par des vagues d’immigration successives venant du sud ; la seconde, à la suite de la colonisation, a remodelé et déstabilisé la situation foncière traditionnelle dans la zone en délimitant un espace domanial. Dans cet article, nous dressons le portrait actuel de l’espace et l’ensemble des droits qui le régissent. Cette construction sociale résulte d’une histoire riche et tourmentée, ayant affecté les modes de gestion des territoires. Pour ce faire, nous avons mobilisé des données d’historiens et d’enquêtes qualitatives et quantitatives réalisées dans le cadre de ce travail ; ces dernières se sont déroulées auprès de 100 ménages, principalement au niveau de trois communes rurales autour du massif du Jbel Amsitten. Il constitue l’une des dix-huit zones centrales de la Réserve de Biosphère de l’arganier, dans le Sud-Ouest marocain. Etant donné que les enquêtes s’intéressent aux usages et pratiques des ménages enquêtés, mais aussi de leurs aïeuls et ascendants, ce travail de recherche pourrait contribuer à reconstruire l’histoire de la zone à partir de celle des personnes interviewées via la compréhension de leur implantation spatiale ou temporelle. Nos enquêtes nous montrent que la population est issue d’un brassage récent d’émigrants du sud. Il s’en suit une trame de droits récemment forgée ; le domanial étant bien distinct du privé avec un rétrécissement des droits concédés par les Français. Renouer avec le corpus de règles qu’entretenait la population avec cet espace-ressources, pourrait être à notre avis, une des principales portes d’entrées à leur conservation. [less ▲]

Detailed reference viewed: 55 (7 ULg)
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Peer Reviewed
See detailExploitation de la forêt de l’arganier, du passé au présent, et perspectives pour l’avenir
Aziz, Larbi ULg; Bejbouji, Jihane ULg

in Exploitation des ressources naturelles (2012)

L'article traite de l'évolution dans le temps des formes d’exploitation de l'arganier par les populations locales au niveau de la région d'Essaouira (Maroc). Les principaux résultats montrent que la ... [more ▼]

L'article traite de l'évolution dans le temps des formes d’exploitation de l'arganier par les populations locales au niveau de la région d'Essaouira (Maroc). Les principaux résultats montrent que la découverte de la valeur marchande de l’arganier, par les locaux, a entrainé un changement au niveau de leurs représentations vis-à-vis de cet arbre. En conséquence, de nouvelles formes d’exploitation de cette ressource sont en train de prendre place engendrant de nouvelles relations à l’arbre et à ses produits. Dans de nombreux cas, ces nouvelles formes d’exploitation risquent de porter préjudices à ces ressources et même à leur gestion communautaire si cette exploitation n’est pas repensée dans le cadre d’une gestion et utilisation durable de l’écosystème en entier. [less ▲]

Detailed reference viewed: 60 (14 ULg)