References of "Bechet, Christophe"
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Peer Reviewed
See detailPre-war Military Planning (Belgium)
Bechet, Christophe ULg

in Daniel, Ute; Gatrell, Peter; Janz, Oliver (Eds.) et al 1914-1918-online. International Encyclopedia of the First World War (2014)

Abstract: Since the Treaty of London in 1839, pre-war planning theories in Belgium oscillated between two positions: on one hand secure and defend which border would be endangered, on the other hand ... [more ▼]

Abstract: Since the Treaty of London in 1839, pre-war planning theories in Belgium oscillated between two positions: on one hand secure and defend which border would be endangered, on the other hand constitute in Antwerp a powerful national sanctuary. This concentration of most of the available military means in Antwerp was far more appropriate in the event of a French invasion. But this perspective decreased after the Franco-Prussian war in 1870, while the possibility of a trespassing by the two belligerents became greater and greater. The fortifications of Namur and Liège were voted by the Chambers in 1887 as a deterrent to both France and Germany. Nevertheless, without totally putting aside the defence of the Belgian southwestern border, high-ranking officers seemed to fear more and more a violation of the eastern border. Due to the completion of fortifications on the Meuse in 1892, German columns were supposed to move forward south of the river, through the Belgian Ardennes. On the eve of the Great War, King Albert I would have preferred to concentrate the army on the Meuse but his Chief of Staff selected a central position in order to maintain and secure his line of communication with Antwerp. The lack of a determined and “standardized” doctrine at the highest level of the army led to a “mixed” or compromise plan adopted in a hurry during the first days of mobilization in August 1914. [less ▲]

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See detailLe rôle des chemins de fer. La ligne de chemin de fer Stavelot-Malmedy : construction, inauguration et expérience de guerre
Bechet, Christophe ULg

in Lensen, Jean-Pierre (Ed.) 1914-1918. Visé. Une Cité Martyre au coeur de la Grande Guerre (2014)

Cet article s'attarde non seulement sur les préparatifs belges de sabotage des lignes de chemin de fer en 1914, mais également sur les conséquences de ces destructions pour la logistique allemande. L ... [more ▼]

Cet article s'attarde non seulement sur les préparatifs belges de sabotage des lignes de chemin de fer en 1914, mais également sur les conséquences de ces destructions pour la logistique allemande. L'auteur se focalise notamment sur la ligne de chemin de fer Stavelot-Malmedy à proximité du camp d'Elsenborn dont le sabotage ne fut pas à la hauteur des espérances belges. Pendant la guerre ce débouché ferroviaire fut particulièrement surveillé par le réseau d'espionnage de Dieudonné Lambrecht. [less ▲]

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See detailFonck meurt premier comme devant
Bechet, Christophe ULg

E-print/Working paper (2014)

Cet article revient sur le mythe du cavalier Fonck, premier soldat belge tué le 4 août 1914, sur la route Thimister-Battice

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See detailL’Université de Liège pendant la guerre 1914-1918
Bechet, Christophe ULg

E-print/Working paper (2014)

Histoire de l'Université de Liège pendant la Grande Guerre, axée principalement sur le drame de la place du 20 août et l'occupation des locaux par l'armée allemande.

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See detailLa défense de Liège (1914)
Bechet, Christophe ULg

in Maréchal, Christine; Schloss, Claudine (Eds.) 1914-1918 : Vivre la guerre à Liège et en Wallonie (2014)

Christophe Bechet explique aux lecteurs le système de défense mis en place autour de Liège et la manière dont les Allemands vont s’en emparer. Il rappelle ainsi fort à propos que le point faible de cette ... [more ▼]

Christophe Bechet explique aux lecteurs le système de défense mis en place autour de Liège et la manière dont les Allemands vont s’en emparer. Il rappelle ainsi fort à propos que le point faible de cette défense est l’intervalle entre les forts. Et que Moltke, le chef d’état-major allemand qui a succédé à Schlieffen, conçoit dès lors l’idée de prendre Liège rapidement, par un coup de main, spéculant sur le fait qu’une fois la ville prise, les forts se rendraient. Mais les forts eux-mêmes ne sont pas exempts de défauts (à dire vrai plutôt nombreux !) sans compter la démoralisation des troupes qui se sentaient prises au piège. L’agonie des forts, que raconte Christophe Bechet par le détail, allait durer jusqu’au 16 août. [less ▲]

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See detailCent ans après : comprendre les événements d'août 1914
Bechet, Christophe ULg; Brüll, Christoph ULg; Lanneau, Catherine ULg

in Bulletin d'Information du Centre Liégeois d'Histoire et d'Archéologie Militaires (2014), 137

Le 20 août 1914, des soldats allemands fusillent quinze Liégeois sur la place de l’Université. Au cours de la nuit, deux Liégeoises meurent également à la suite de l’incendie de leur immeuble. Dans les ... [more ▼]

Le 20 août 1914, des soldats allemands fusillent quinze Liégeois sur la place de l’Université. Au cours de la nuit, deux Liégeoises meurent également à la suite de l’incendie de leur immeuble. Dans les quartiers voisins, soixante-cinq personnes trouvent la mort sous les balles allemandes. Plus de quatre cents personnes sont déportées dans des camps allemands dans les environs de Münster. Ces faits violents n’avaient alors aucun lien avec les opérations militaires allemandes en Belgique. En revanche, ils sont à placer dans le contexte des atrocités allemandes, cette violence contre la population civile belge dont la mémoire pèsera lourdement sur les relations belgo-allemandes de l’entre-deux-guerres. Pour le centenaire de ces événements, des historiens de l’Université de Liège se sont penchés sur cet épisode tragique à l’occasion d’un colloque public, en le replaçant dans son contexte historique, à travers les recherches les plus récentes sur les atrocités allemandes, mais également en analysant son impact politique et mémoriel. Il s’agissait d’étudier aussi bien l’événement en tant que tel que ses conséquences pour la mémoire politique liégeoise et de s’interroger in fine sur la signification de la commémoration d’un tel événement cent ans après. [less ▲]

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See detailEine lästige Garantie. Die belgische Neutralität in den deutschen und französischen Kriegsszenarien
Bechet, Christophe ULg; Brüll, Christoph ULg

in Angelow, Jürgen; Großmann, Johannes (Eds.) Wandel, Umbruch, Absturz (2014)

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See detailDe la guerre jouée à la guerre vécue. Le cas du "plan Schlieffen"
Bechet, Christophe ULg; Brüll, Christoph ULg

in Küpper, Achim; Vanden Berghe, Kristine (Eds.) Guerre & jeu. Cultures d'un paradoxe à l'ère moderne (2014)

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See detailAlfred von Schlieffen : L'homme qui devait gagner la Grande Guerre
Bechet, Christophe ULg

Book published by Argos (2013)

Dans l’imaginaire collectif, les origines du premier conflit mondial sont indissociablement liées au plan de guerre du général allemand Alfred von Schlieffen (1833-1913). Jamais un plan de guerre ne fut ... [more ▼]

Dans l’imaginaire collectif, les origines du premier conflit mondial sont indissociablement liées au plan de guerre du général allemand Alfred von Schlieffen (1833-1913). Jamais un plan de guerre ne fut sans doute autant commenté dans l’historiographie militaire contemporaine ; à tel point que la pensée stratégique réelle de Schlieffen fut rapidement occultée après sa mort par une pléthore d’exégètes, partisans ou détracteurs plus ou moins éclairés du général allemand et de ses idées. Au tournant du troisième millénaire, l’exhumation de documents inexploités dans les archives militaires allemandes a contribué à attirer une nouvelle fois l’attention des historiens sur des aspects jusqu’alors peu connus de la pensée de Schlieffen, notamment sur sa façon si singulière de conduire les Kriegsspiele. Les débats passionnants qui ont découlé de ces découvertes archivistiques ont contribué à rajeunir complètement l’image que l’on se faisait du stratège. En revanche, le revers de la médaille est qu’ils ont complexifié la compréhension de ses écrits et transformer le débat historique autour de sa personne en un dialogue de techniciens. Ainsi, l’étudiant ou le simple amateur, qui souhaiterait aujourd’hui se familiariser avec les réflexions stratégiques du chef du Grand État-major, est forcé de tracer son chemin dans un dédale de publications polémiques, de monographies ou articles scientifiques, qui l’empêcheront d’acquérir rapidement une juste idée du « plan Schlieffen ». L’ambition de ce numéro des Maîtres de la Stratégie est de surmonter ces difficultés heuristiques. Christophe Bechet y synthétise les résultats scientifiques les plus récents au sujet du plan allemand. Il propose par ailleurs au lecteur une approche pédagogique des théories les plus emblématiques du général von Schlieffen. Deux chapitres consacrés à sa vie et sa carrière militaire et un chapitre conclusif relatif à son héritage posthume au sein de l’armée allemande finissent de brosser le portrait du « maître ». Nul doute qu’à l’aube du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, cette synthèse viendra à point nommé pour permettre au plus grand nombre de découvrir le testament stratégique du planificateur de la première guerre de masse. [less ▲]

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See detailL'importance stratégique de la Belgique avant la Première Guerre mondiale
Bechet, Christophe ULg

Scientific conference (2013, November 12)

Présentation des principaux résultats de notre thèse à un groupe d'étudiants de master en Histoire

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See detailLa résistance de Liège et son incidence sur le plan d’opérations allemand
Bechet, Christophe ULg

Conference given outside the academic context (2013)

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See detailPenser la frontière entre Meuse et Rhin. Actes des deux premières journées "frontières" (Liège, 29 avril 2011 et 14 mai 2012).
Bechet, Christophe ULg; Brüll, Christoph ULg; Close, Florence ULg et al

Book published by Société pour le prorgrès des études philologiques et historiques - extrait de Revue Belge de Philologie et d'Histoire (2013, fasc. 4) (2013)

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Peer Reviewed
See detailIntroduction
Bechet, Christophe ULg; Brüll, Christoph ULg; Close, Florence ULg et al

in Revue Belge de Philologie et d'Histoire (2013), 91(4), 1115-1122

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See detailA la recherche d’une doctrine stratégique : L’invasion de la Belgique en 1914 à la lumière de l’environnement intellectuel des stratèges belges depuis 1839
Bechet, Christophe ULg

in Cochet, François (Ed.) Expériences combattantes XIXe - XXIe siècles. Tome 3 : Les environnements du combattant (2013)

L’environnement intellectuel des stratèges belges présenté dans cet article ne doit donc pas être considéré comme un corpus doctrinal précis mais plutôt comme une série d’interrogations géopolitiques ... [more ▼]

L’environnement intellectuel des stratèges belges présenté dans cet article ne doit donc pas être considéré comme un corpus doctrinal précis mais plutôt comme une série d’interrogations géopolitiques propres à l’espace belge, son statut de neutralité et ses fortifications. Ainsi, les choix posés par le Roi Albert I depuis l’ordre de mobilisation le 31 juillet 1914 jusqu’au repli de l’armée belge sur Anvers dans la nuit du 18-19 août peuvent être mis en parallèle avec les divers débats, polémiques ou études stratégiques antérieurs concernant la défense de la Belgique. Au cours de ces trois premières semaines de conflit, le souverain belge est en effet confronté à trois dilemmes majeurs : 1)Quand mobiliser ? Faut-il mobiliser avant la France et l’Allemagne ? 2) Quelle attitude adopter après la phase de mobilisation ? Faut-il concentrer les troupes vers la frontière menacée ou au centre du pays ? 3) En cas d’invasion, la jonction de l’armée belge avec une armée de secours est-elle prioritaire ? [less ▲]

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See detailIntroduction à la biographie de Joseph Lebeau
Bechet, Christophe ULg

Conference given outside the academic context (2012)

Le 19 avril 1839, l’acceptation par les Pays-Bas du traité des 24 articles marque une nouvelle étape dans l’Histoire de Belgique. La Belgique ne vit plus sous la menace d’un retour de l’armée hollandaise ... [more ▼]

Le 19 avril 1839, l’acceptation par les Pays-Bas du traité des 24 articles marque une nouvelle étape dans l’Histoire de Belgique. La Belgique ne vit plus sous la menace d’un retour de l’armée hollandaise. Malgré cet apaisement avec son voisin du nord, le pays n’en est pas moins rapidement confronté à de nouvelles difficultés : d’une part les premières tensions entre libéraux et catholiques apparaissent et commencent à déstabiliser le Gouvernement ; d’autre part la crise d’Orient menace de dégénérer en guerre européenne. C’est dans ce contexte houleux que Joseph Lebeau est rappelé à la tête de l’exécutif par le Roi (18 avril 1840 – 13 avril 1841). Il s’y illustre à nouveau comme chef de cabinet et ministre des Affaires étrangères. Cet épisode de la carrière de Lebeau est généralement moins connu du grand public. Pourtant, son action à cette époque est parfaitement révélatrice de la définition que l’homme d’Etat possède de la direction politique belge et de ce qu’elle doit être tant sur le plan national qu’international. Une fois le contexte historique planté, la conférence donnée le 8 septembre dans le cadre des journées du patrimoine se concentre sur le tournant des années 1840 en Belgique, parce qu’il constitue une étape importante pour la compréhension de la personnalité de Joseph Lebeau et plus largement pour l’histoire de notre pays. [less ▲]

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See detailRésumé de la thèse de Christophe BECHET, Traverser la Belgique ? De l’Indépendance au Plan Schlieffen (1839-1905)
Bechet, Christophe ULg

in Revue Belge d'Histoire Contemporaine = Belgisch Tijdschrift voor Nieuwste Geschiedenis (2012), 2-3

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See detailLa résistance de Liège en août 14 et la reconnaissance française : histoire, mythe et mémoire
Bechet, Christophe ULg

Conference (2012, August 24)

Il n’est pas exagéré de dire que la décision belge de refuser l’ultimatum allemand du 2 août et la résistance consécutive de la position de Liège furent pour la France une « divine surprise ». Les ... [more ▼]

Il n’est pas exagéré de dire que la décision belge de refuser l’ultimatum allemand du 2 août et la résistance consécutive de la position de Liège furent pour la France une « divine surprise ». Les rapports de l’ambassade française à Bruxelles au cours des mois et même des années précédentes n’avaient en effet guère préparé le Quai d’Orsay au respect par le Gouvernement belge d’une stricte neutralité en cas de conflit. L’impact dans l’opinion publique française fut considérable au point que dès le 7 août 1914, la Ville de Liège se voit remettre la plus haute distinction de la République : La Légion d’Honneur. Décoration méritée car résistance il y a bien eu… Néanmoins, autour de cet événement qui aurait pu comme beaucoup d’autres histoires militaires tomber après quelques années dans les oubliettes de l’Histoire, sont venues se greffer rapidement de nombreuses implications historiographiques, politiques et culturelles. Sur le plan historiographique, il fut de bon ton de magnifier cette résistance à l’excès jusqu’à déclarer que la résistance de Liège avait permis à l’armée française de gagner du temps pour réaliser la manœuvre salvatrice de la Marne : la Ville de Liège connue pour sa francophilie séculaire avait donc permis à elle seule de sauver la République d’un désastre militaire ! Cette version de l’histoire bataille fut enseignée à des générations d’écoliers et jusqu’à l’Ecole de guerre à Bruxelles. Sur le plan politique, les cérémonies de commémoration magnifiant la résistance liégeoise constituent des occasions récurrentes de rapprochement franco-belge saluées d’ailleurs par les militants wallons et francophiles. [less ▲]

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See detailLa Barrière de la Meuse avant la Première Guerre mondiale (1870-1914)
Bechet, Christophe ULg

Scientific conference (2012, May 14)

Depuis l’achèvement du camp retranché d’Anvers au milieu des années 1860, l’armée belge est appelée à se mobiliser et à se concentrer au cœur du pays. Elle doit en effet conserver intactes ses lignes de ... [more ▼]

Depuis l’achèvement du camp retranché d’Anvers au milieu des années 1860, l’armée belge est appelée à se mobiliser et à se concentrer au cœur du pays. Elle doit en effet conserver intactes ses lignes de communication avec le principal port national, qui sert également de réduit défensif et de dépôt en vivres et munitions. Ce principe de concentration des forces est fixé dès la fin des années 1850 par Léopold Ier et son ministre de la Guerre le général Chazal. Deux raisons guident le souverain et son ministre. Premièrement, le faible nombre d’hommes appelés à servir sous les drapeaux ne permet pas d’entretenir une armée suffisamment puissante pour garnir les murs des anciennes forteresses des Pays-Bas méridionaux et défendre en même temps toutes les frontières du Royaume. A ce titre, la concentration au cœur du pays entraîne des économies d’échelle. Deuxième avantage, ce choix permet d’éviter à la Belgique des remontrances de la part de la France ou de l’Allemagne en cas de préparatifs militaires belges trop appuyés le long des frontières. Une fois rassemblée dans une position centrale, l’armée est en mesure de se porter ensuite vers la frontière menacée. Durant la guerre de 1870, le roi Léopold II est forcé de déployer l’armée belge jusque dans la pointe sud du Luxembourg afin de désarmer tous les soldats étrangers pénétrant sur le sol belge. Ce choix militaire ne va pas forcément de soi. Il découle d’une conception très pointilleuse de la neutralité belge selon laquelle tout franchissement de frontière, aussi léger soit-il, doit entraîner une réaction immédiate de la part de la Belgique. Si sur le plan du droit international, le principe d’une défense « à la frontière » paraît parfaitement légitime, il l’est beaucoup moins sur le plan stratégique. En effet, un dilemme de taille se pose aux autorités belges : en s’aventurant aussi loin du coude de l’Escaut, le risque est grand que l’armée belge ne soit coupée de sa base et encerclée au cours des combats par une percée massive de l’un des belligérants ; d’un autre côté, une projection peu audacieuse de l’armée belge risque de créer un vacuum très tentant pour les deux adversaires. Peu de temps avant le désastre de Sedan, à mesure que les combats se rapprochent de la frontière belge, la décision d’envoyer l’armée dans le sud Luxembourg n’est pas unanimement partagée. Mais la Belgique est pour ainsi dire acculée à ce choix en raison du droit international : elle doit prouver à la France et à l’Allemagne sa capacité à faire respecter sa neutralité par les armes, au risque de se voir reprocher après le conflit une passivité coupable. La Belgique doit en somme prouver qu’elle demeure bien une Barrière entre la France et l’Allemagne. C’est cette conception qui va guider la politique défensive belge à l’avenir. Sous l’impulsion de l’Inspecteur général des Fortifications et du corps du Génie Alexis Brialmont, deux ceintures de forts sont élevées autour de Liège et Namur (1887-1892). Les cités wallonnes sont en effet considérées comme les clefs stratégiques de la Meuse. En étudiant l’argumentaire belge utilisé au cours des débats précédant la construction des forts, nous constatons que la vallée de la Meuse y est présentée, tant par les milieux militaires que par les hommes politiques, comme un couloir à double porte – Liège et Namur – qu’il suffira de fermer au moment opportun. Une fois les fortifications achevées en 1892, Gouvernement et Armée paraissent convaincus que deux verrous infranchissables interdisent désormais l’accès au couloir mosan. Dans l’esprit de ses concepteurs, cette nouvelle barrière est suffisamment dissuasive pour inciter l’Allemagne et la France à ne pas violer la neutralité belge. Sur le plan diplomatique, les nouvelles fortifications sont présentées comme totalement impartiales et neutres puisque le verrou est censé être tiré autant face au sud que face à l’est ; ce qui n’était pas le cas de l’ancienne ligne de forteresses héritée des Pays-Bas, exclusivement dirigée contre la France. Notre exposé consistera dans un premier temps à rappeler ce contexte stratégique essentiel pour la bonne compréhension de notre communication. Dans un deuxième temps, à l’aide de citations choisies, nous présenterons l’image idéale véhiculée par les autorités belges concernant la frontière militaire de la Meuse. Enfin, dans un troisième temps, nous démontrerons en élargissant notre corpus de sources que cette image d’une frontière militaire parfaite – parfaite car étanche, impartiale et dissuasive – est loin d’être unanimement partagée, tant en Belgique qu’à l’étranger. La Barrière de la Meuse est-elle étanche ? Ni les opposants belges aux fortifications de la Meuse – à la tête desquels on trouve le leader libéral Frère-Orban – ni les commentateurs internationaux ne le pensent. La Barrière de la Meuse est-elle impartiale ? Elle a été conçue comme telle mais des doutes naissent rapidement en France ou en Allemagne à cet égard. La Barrière de la Meuse est-elle dissuasive ? Pas tant que cela si l’on songe qu’en dehors de la fortification du « couloir mosan », rien n’a été entrepris pour obstruer les deux autres grandes voies de communication belges entre l’Allemagne et la France : l’antique trouée du Limbourg et la nouvelle trouée du Luxembourg. C’est la raison pour laquelle, nombreux sont les commentateurs militaires – qu’ils soient anglais, français, allemands ou belges – qui continuent à spéculer sur une traversée probable de la Belgique. D’aucuns affirment même que loin de jouer un rôle de repoussoir, les nouvelles fortifications pourraient conférer à la vallée de la Meuse un intérêt stratégique qu’elle ne possédait pas auparavant. [less ▲]

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