References of "Stienon, Valérie"
     in
Bookmark and Share    
See detailLa modernité des petits : panoramas, physiologies et panthéons
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2016, January 19)

Detailed reference viewed: 19 (2 ULg)
See detailLa terre creuse, de la géologie à la fiction. Postérité d’un chronotope d’anticipation à partir de Jules Verne
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, December 18)

Le voyage au centre de la Terre a été magistralement imaginé par Jules Verne en 1864 avant de devenir un véritable topos de la littérature populaire et de jeunesse. Sa postérité s’illustre dans les ... [more ▼]

Le voyage au centre de la Terre a été magistralement imaginé par Jules Verne en 1864 avant de devenir un véritable topos de la littérature populaire et de jeunesse. Sa postérité s’illustre dans les multiples déclinaisons de la terre creuse, recensées notamment par Guy Costes et Joseph Altairac dans leur bibliographie commentée en 2006. En quoi ce motif plus communément associé à une atemporalité (monde perdu, histoire secrète) ou à une régression temporelle (monde sauvage, vie des cavernes) intervient-il aussi dans une écriture de l’anticipation ? Chez Verne lui-même, il s’agit à la fois d’un voyage à rebours dans le temps, chaque strate parcourue correspondant à un recul historique, et d’une expédition scientifique déployant une technologie et des connaissances novatrices. Ce motif topique semble donc porteur d’une ambiguïté temporelle féconde. La communication proposera un parcours transversal dans le corpus d’anticipation francophone allant d’Ignis (1883) de Didier de Chousy qui traite de l’exploitation d’une nouvelle énergie géothermique, le « feu central de la Terre », jusqu’à Régis Messac dont La Cité des Asphyxiés (1937) dépeint un monde intra-terrestre dystopique. Les reprises de la terre creuse permettent d’éclairer l’importance des filiations génériques, des supports partagés et des formules éditoriales à succès, mais elles mettent aussi en évidence des œuvres atypiques, traduisant de manière spécifique le discours social et scientifique de leur époque. Si Verne, ses épigones et d’autres auteurs d’anticipation ont pu être tentés de réinvestir la terre creuse en fiction à un moment où sa réalité n’est plus perçue comme crédible dans le champ scientifique, c’est sans doute en raison de l’intrication particulièrement dense des disciplines concernées (géographie, géologie, paléontologie, sciences naturelles) et de l’importance des idéologies qui ont pu les croiser et les dynamiser : positivisme, hygiénisme, colonialisme, craintes écologiques. Cette communication voudrait montrer comment le motif fécond de la terre creuse, dans son évolution complexe du plausible à l’irréel, passe d’une croyance à une théorie scientifique avant de se développer en chronotope littéraire. [less ▲]

Detailed reference viewed: 79 (1 ULg)
See detailType, classe et catégorie : les savoirs décalés du panorama
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, December 11)

Le classement comme démarche cognitive et esthétique traverse explicitement la littérature dite « panoramique » du mitan du XIXe siècle, particulièrement dans son sous-corpus des Physiologies. Le ... [more ▼]

Le classement comme démarche cognitive et esthétique traverse explicitement la littérature dite « panoramique » du mitan du XIXe siècle, particulièrement dans son sous-corpus des Physiologies. Le classement s’y exerce principalement sur trois « objets » : des lieux publics et de sociabilité (théâtres, cafés, bals, rues et passages), des accessoires privilégiés pour leur dimension symbolique (Physiologies du Gant, de la Poire ou du Parapluie ) ou leur lien au contexte de diffusion, comme la Physiologie du Bonbon distribuée chez les confiseurs parisiens, la Physiologie de l’Omnibus et celle des Diligences et des grandes routes disponibles dans les bureaux d’omnibus. Mais surtout, des catégories humaines y sont érigées en types sociaux ou professionnels (le bourgeois, l’étudiant, l’usurier, le médecin, la lorette, le bas-bleu, le musicien, le flâneur, etc.), en se centrant généralement de manière explicite sur l’un d’eux. Si la physiologie (scientifique) des Physiologies est à plus d'un titre un leurre, sauf à l’entendre comme « physionomie » ou dans une conception comtienne de « physique sociale », par contre, il y a une influence importante des sciences naturelles, en particulier de la zoologie et de la botanique, c’est-à-dire précisément les secteurs qui encouragent et formalisent la classification. Pourtant, les manipulations physiologiques du type produisent des savoirs pour le moins décalés, dans une poétique affichée de la taxinomie dysfonctionnelle. Les perspectives mêlées laissent entrevoir trois objectifs : montrer le social, décrypter le caché et contester. [less ▲]

Detailed reference viewed: 26 (0 ULg)
Full Text
Peer Reviewed
See detailLa vie littéraire au kaléidoscope des Physiologies
Stienon, Valérie ULg

in Site de la Société des Études romantiques et dix-neuviémistes (SERD) (2015)

En mots et en vignettes, la Physiologie littéraire de la monarchie de Juillet élabore ses propres modalités de mise en fiction de la société. Selon un point de vue à la fois avisé et distancié, induit par ... [more ▼]

En mots et en vignettes, la Physiologie littéraire de la monarchie de Juillet élabore ses propres modalités de mise en fiction de la société. Selon un point de vue à la fois avisé et distancié, induit par l’association d’une centralité culturelle parisienne et d’une faible légitimité à l’ombre de la grande littérature, ces petites monographies réorganisent le système des valeurs à travers lesquelles est perçu le fait littéraire à leur époque. C’est l’occasion d’investiguer sur les à-côtés de la littérature, en interrogeant les manières de circonscrire le territoire des lettres et de le faire interagir avec d’autres domaines d’activités. Deux questions font plus particulièrement l’objet de cet article. D'une part, ces textes livrent-ils un traitement englobant et univoque du profil de l’homme de lettres ou s’attachent-ils au contraire à en souligner les nuances et les singularités en multipliant ses variétés, autour de la dichotomie bien connue des figures archétypales du poète et du journaliste ? D'autre part, dans quelle mesure ces textes reconduisent-ils le mythe du génie créateur et les valeurs romantiques du talent et de l’inspiration, compte tenu du fait que celles-ci sont difficilement compatibles avec les stratégies du parvenu et les expédients du jeune auteur pressé d’arriver, ruses que les Physiologies s’appliquent à débusquer, dans la foulée d’une abondante thématisation du macairisme et des fourberies du floueur ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 27 (2 ULg)
See detailPrévoir/prévenir la contamination : récit d’anticipation et hygiénisme
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, November 07)

Au croisement de la médecine, de l’urbanisme et du réformisme social, les théories hygiénistes influencent profondément les conceptions du vivre-ensemble au XIXe siècle en France. Au même moment, les ... [more ▼]

Au croisement de la médecine, de l’urbanisme et du réformisme social, les théories hygiénistes influencent profondément les conceptions du vivre-ensemble au XIXe siècle en France. Au même moment, les romans d’anticipation développent des préoccupations similaires à travers leurs visions de la communauté : conditions fragiles de la santé publique, mesures prophylactiques contre l’épidémie, mises à l’épreuve du corps social et des infrastructures urbaines. Émile Souvestre envisage l’allaitement des enfants à la vapeur (Le Monde tel qu’il sera, 1846), Jules Verne conçoit France-Ville comme la « cité du bien-être » centrée sur la propreté (Les Cinq Cents Millions de la Bégum, 1879), Léon Daudet satirise une autocratie médicale devenue meurtrière par l’application outrancière des lois d’hygiène (Les Morticoles, 1894) et Paul Adam présente l’organisation des villes selon les cycles de la reproduction, favorisant la femme enceinte mais rendant stérile le soldat (Les Lettres de Malaisie, 1898). Les convergences entre les théories hygiénistes et les récits d’anticipation reposent non seulement sur un discours social et idéologique privilégiant certaines topiques comme la contamination, mais aussi sur des formes d’expression spécifiques, l’hygiénisme ayant généré nombre d’écrits – du traité à l’essai – caractérisés par leur propre poétique. Poser des principes, édicter des lois, recenser les composantes du corps social, réformer les mœurs, cartographier la ville et catégoriser ses habitants : ces démarches cognitives et les rhétoriques qui leur sont associées transitent aussi par la fiction romanesque, qui les fait siennes. On propose d’examiner ce double aspect : entre théorie et application, entre discours social et roman, comment la fiction d’anticipation s’approprie-t-elle l’hygiénisme pour en confirmer les principes, les critiquer ou les réinventer ? Quelles sont les modalités de ce dialogue à la fois prédictif et prescriptif (intégration, citation, transposition) ? Enfin, une évolution est-elle perceptible au long de la seconde moitié du siècle ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 41 (1 ULg)
Full Text
Peer Reviewed
See detailLire entre les actes. Le théâtre mis en pièces par le récit d’anticipation
Stienon, Valérie ULg

in Tropics (2015), 2

Si les histoires de la littérature française font généralement peu de cas du roman d’anticipation, rendu invisible aux sélections de la postérité par la variété de ses désignations génériques, l’hybridité ... [more ▼]

Si les histoires de la littérature française font généralement peu de cas du roman d’anticipation, rendu invisible aux sélections de la postérité par la variété de ses désignations génériques, l’hybridité de ses formes et les discontinuités de son, ce dernier, en revanche, semble avoir des choses à dire au sujet de la littérature. Encore faut-il préciser de quel théâtre il est question dans ces anticipations, et dans quelle mesure il est possible de lire l’inscription d’un genre à travers la poétique d’un autre. Les thématisations du théâtre sont passibles d’une caractérisation multiforme impliquant des données d’ordre poétique, contextuel et historique. Plus qu’une définition de cette référence, la lecture transversale et diachronique de 1860 à 1930 qui suit entend formuler une interrogation sur les modalités de son traitement. Le théâtre participe-t-il, comme la poésie et le roman, et au même titre qu’eux, de la décadence anticipée des Lettres, signe d’un déclin général dont il prendrait acte à sa mesure ? Un genre ou un registre (drame, comédie, tragédie, boulevard, music-hall, vaudeville, opérette, etc.) est-il mis en évidence, ou ceux-ci sont-ils plutôt indifférenciés, voire présentés comme équivalents ? Ces considérations révèlent-elles une hybridation ou une remise en question des classements micro- et macro-génériques ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 33 (1 ULg)
See detailLes futurs discontinus de l’anticipation : strates, réversions et ruptures temporelles
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, July 03)

La qualité du récit d’anticipation est souvent estimée à la mesure de ses coïncidences avec les données du monde de référence. Cette lecture factuelle tend à prévaloir pour la réception des genres de ... [more ▼]

La qualité du récit d’anticipation est souvent estimée à la mesure de ses coïncidences avec les données du monde de référence. Cette lecture factuelle tend à prévaloir pour la réception des genres de l’imaginaire du futur, dans lesquels on décèle volontiers tantôt une fonction prédictive – cognitive ou de mise en garde –, tantôt un éloignement dépaysant avec les réalités connues. On a moins considéré les temporalités internes de ces récits, tout aussi intéressantes que leur mise en relation avec les données du monde. Les chronologies diégétiques et les visions de l’Histoire sur lesquelles ils reposent montrent que ces mondes fictifs entretiennent avec leur propre temporalité – passée, présente et future – des rapports pour le moins complexes, faits de nombreux décrochages et d’emboîtements divers. Comment le roman d’anticipation les aménage-t-il, les comble-t-il, voire les justifie-t-il dans le cadre de son dispositif narratif ? À partir d’exemples empruntés à une histoire littéraire de l’anticipation française encore peu connue pour la période 1840-1940 (Souvestre, Henriot, Messac, Paulin, etc), on examinera quelques manières romanesques de questionner le cours du temps et de remettre en question une chronologie linéaire téléologique. En particulier, les cas de figures suivants seront détaillés : • strates : rétrofuturisme convoquant une double temporalité future, dont l’une contient l’autre • réversions : vision cyclique de l’Histoire associée à une involution ou un déclin • ruptures : mondes possibles hors temps, sans passé ou à la temporalité bouclée [less ▲]

Detailed reference viewed: 39 (2 ULg)
Peer Reviewed
See detailLes genres médiatiques de l’anticipation : des usages comiques du futur
Stienon, Valérie ULg

Conference (2015, June 10)

La petite presse multiplie volontiers les usages comiques de la prédiction, tantôt en empruntant ses effets à l’almanach, tantôt en traitant au second degré les marronniers trop familiers, tantôt encore ... [more ▼]

La petite presse multiplie volontiers les usages comiques de la prédiction, tantôt en empruntant ses effets à l’almanach, tantôt en traitant au second degré les marronniers trop familiers, tantôt encore en infléchissant vers la prospective le principe de la revue de fin d’année. Ainsi, il est fréquent que les petits journaux satiriques feignent d’imaginer les événements à venir sous la forme de « prédictions pour l’année » et de « coups d’œil prophétiques ». Après certaines pages du Charivari dans les années 1830 et 1840, l’humour d’un Albert Robida dans la Caricature a contribué à populariser ces procédés dans les années 1880. Si de telles éphémérides parodiques ne bénéficient pas de la stabilité d’une rubrique spécifique, elles sont toutefois appelées, au siècle suivant, à prendre l’ampleur de numéros complets qui témoignent d’une postérité intéressante (Illustration, Lectures pour tous, VU, Sciences et voyages) et d’une créativité iconotextuelle qui peut aller jusqu’au faux reportage photographique d’anticipation. Aussi fréquentes que polymorphes et éparpillées, ces prédictions comiques composent une microforme médiatique inhérente à la modernité de la petite presse, et ce par deux aspects au moins. D’une part, leur discursivité porte sur des données socioculturelles présentées comme remarquables et novatrices, censées incarner la quintessence de leur époque tout entière tendue vers l’avenir, ce qu’appuie encore l’intertextualité avec le merveilleux scientifique issu des pages de vulgarisation scientifique. D’autre part, leur poétique affiche une temporalité méta-médiatique renvoyant aux fonctions rituelles et référentielles du périodique, occasion de déployer une fiction publicitaire qui fait double office de support fantasmatique de projection et de vecteur autopromotionnel du journal. Cette communication a proposé une première recension et des éléments de poétique historique pour mieux cerner dans sa variété un sous-genre médiatique encore peu considéré. On a examiné, outre les procédés privilégiés (numéro circonstanciel d’étrennes, éphéméride parodique, revue de fin d’année détournée, billet d’humeur, recension culturelle, déclinaison médiatique de la féérie, etc.) et les transformations discursives que leur applique le second degré de la petite presse, les réalités socioculturelles sur lesquelles porte principalement l’anticipation (mode, progrès techniques, avancées sociales, produits de l’industrie), afin de définir quels objets médiatiques sont ainsi construits en discours et en représentations par le journal dans un commentaire qui veut cerner les promesses de modernité dans l’actualité. [less ▲]

Detailed reference viewed: 38 (3 ULg)
Full Text
See detail(Bé)vues du futur. Les imaginaires visuels de la dystopie (1840-1940)
Stienon, Valérie ULg; Dessy, Clément

Book published by Presses Universitaires Septentrion (2015)

Aujourd’hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d’expression qui mêle projection dans le futur et vision ... [more ▼]

Aujourd’hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d’expression qui mêle projection dans le futur et vision critique d’une société révèle les enjeux majeurs des époques qu’elle a traversées. Explorer ses caractéristiques visuelles sur un siècle, de 1840 à la Seconde Guerre mondiale, permet d’observer les lignes de forces d’un imaginaire central dans la littérature et les arts. L’imaginaire dystopique ne touche pas seulement à l’iconographie. Il concerne aussi les ressources textuelles de la description, la circulation transmédiatique des fictions et la définition même d’un univers souvent improprement qualifié par les étiquettes de fantastique et de science-fiction. Ce volume collectif abondamment illustré offre un aperçu chronologique empruntant ses approches à l’analyse de texte, à l’étude de l’image fixe ou animée, à la sociologie des auteurs et de l’édition, ainsi qu’à l’histoire des représentations. Il se centre sur les aires d’expression française, qui ont leurs propres spécificités, distinctes des réalisations anglo-saxonnes. Envisageant tant les œuvres paralittéraires que celles d’avant-garde, il met à l’honneur une production foisonnante, encore peu étudiée : de Souvestre à Bartosch, sans oublier Henriot et Robida, de l’eschatologie biblique à la poétique des ruines de la ville moderne, en passant par l’archéologie rétrofuturiste et l’imaginaire des fourmis. [less ▲]

Detailed reference viewed: 181 (12 ULg)
Full Text
Peer Reviewed
See detailLa robinsonnade d’anticipation. Sur une forme composite et ses péripéties
Stienon, Valérie ULg

in Nineteenth Century French Studies (2015), vol. 43(n°3-4), 250-266

In nineteenth-century French literature, adventure novels and futuristic fictions share various narrative and thematic features which generate an extensive set of “science fiction adventure” novels that ... [more ▼]

In nineteenth-century French literature, adventure novels and futuristic fictions share various narrative and thematic features which generate an extensive set of “science fiction adventure” novels that have not attracted much critical attention to date. However, such hybrid narratives lead us to reconsider a certain kind of futuristic fiction as it is defined as much by a geographical shift as by time travel. The particular and prolific case of the robinsonnade, regarded as a pivotal subgenre of adventure, facilitates highlighting such generic interferences. This paper examines four novels related either to utopian travel literature or to Jules Verne’s literary and editorial paradigm of the “voyages extraordinaires” in order to shed light on the dynamics framing the earliest forms of science fiction built on the topic of remote, flying, or spatial island. (In French) [less ▲]

Detailed reference viewed: 58 (4 ULg)
See detailLecteurs truqués : sur la fabrique médiatique du lectorat au XIXe siècle
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, April 10)

Les voix du lecteur en journal semblent autant fabriquées que relayées. Faux profils, rubriques convenues, individualisation artificielle d’une catégorie de destinataires, confusion entre les récepteurs ... [more ▼]

Les voix du lecteur en journal semblent autant fabriquées que relayées. Faux profils, rubriques convenues, individualisation artificielle d’une catégorie de destinataires, confusion entre les récepteurs et l’équipe de rédaction : ce sont là des cas fréquents. C’est à ces non-coïncidences entre l’expression d’un discours présenté comme généré de l'extérieur du journal, par sa réception, et la ressaisie de ce discours dans le dispositif et la poétique du périodique de presse que sont consacrées les observations mises en évidence dans cette communication. [less ▲]

Detailed reference viewed: 45 (2 ULg)
Full Text
Peer Reviewed
See detailLa dystopie française d’Émile Souvestre à Léon Daudet. Petite traversée générique
Stienon, Valérie ULg

in Engélibert, Jean-Paul; Guidée, Raphaëlle (Eds.) Utopie et catastrophe. Revers et renaissances de l’utopie (XVIe-XXIe siècles) (2015)

Les récits anticipant des sociétés futures sous oppression ou sur le déclin sont régulièrement confondus sous les appellations non synonymiques de "dystopie", "anti-utopie" et "contre-utopie". Ces ... [more ▼]

Les récits anticipant des sociétés futures sous oppression ou sur le déclin sont régulièrement confondus sous les appellations non synonymiques de "dystopie", "anti-utopie" et "contre-utopie". Ces appariements dénotent une indécision significative à propos de tout un pan de la tradition littéraire de l’utopie. Qu’on le considère comme le double inversé ou la face cachée de l’utopie, le récit d’anticipation négatif présente au moins un invariant structurel : il développe l’histoire fictive d’une communauté dont l’organisation et les bases sociales sont menacées, fragilisées, détruites. Le présent parcours dans une fraction de la littérature française publiée entre 1840 et 1930 propose une mise au point terminologique et quelques balises formelles pour la (re)lecture du récit d’anticipation sociale négatif, dont il s’agit de souligner la cohérence et les spécificités. [less ▲]

Detailed reference viewed: 84 (11 ULg)
See detailLes voix du lecteur dans la presse française au XIXe siècle: introduction et conclusions
Stienon, Valérie ULg; Absalyamova, Elina

Conference (2015, April)

Le XIXe siècle est assurément l’âge de la lecture. Traversé par un double mouvement d’alphabétisation et de croissance démographique, il voit le lectorat s’étendre à de nouvelles catégories de personnes ... [more ▼]

Le XIXe siècle est assurément l’âge de la lecture. Traversé par un double mouvement d’alphabétisation et de croissance démographique, il voit le lectorat s’étendre à de nouvelles catégories de personnes : ouvriers, femmes, enfants. Dans les foyers, les cafés, les cercles et les cabinets de lecture, c’est l’imprimé à diffusion périodique qui attire à lui l’essentiel de ce nouveau public. Le journal offre une alternative majeure au livre, moins coûteuse et plus accessible. Plus immédiate, aussi, puisqu’il construit avec ses destinataires un système d’adresses et de réponses autour de l’actualité socioculturelle. Du courrier des lecteurs au droit de réponse, en passant par la causerie, le badinage, la note et la lettre ouverte, variés sont les moyens dont il dispose pour donner, réellement ou fictivement, la parole à ses lecteurs. Plus qu’une figure de récepteur à émouvoir, éduquer ou moraliser, le lecteur devient véritablement une « voix » qui investit les nouveaux espaces d’expression de la civilisation du journal alors en constitution en France. Commenter les faits divers, orienter l’intrigue duroman-feuilleton et réagir à la parution d’une oeuvre deviennent autant d’initiatives accessibles au plus grand nombre. En associant l’étude des imaginaires médiatiques à la poétique du support et à l’histoire culturelle, ces deux journées ont pour objectif d’éclairer les rôles et les statuts du lectorat tels qu’ils sont décelables dans la textualité du journal. Que nous apprend celle-ci sur laparticipation des lecteurs au dialogue créatif avec les producteurs, à la configuration des genres, à la promotion des oeuvres, aux définitions de l’écrivain en régime médiatique ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 80 (0 ULg)
See detailCommunautés médiatiques et lecteurs truqués au XIXe siècle
Stienon, Valérie ULg

Scientific conference (2015, March 27)

La presse du XIXe siècle est attentive à instaurer un dialogue régulier et diversifié avec son lectorat, qui s’étend au fil du siècle à de nouvelles personnes : ouvrier, femmes, enfants. Or, la plupart du ... [more ▼]

La presse du XIXe siècle est attentive à instaurer un dialogue régulier et diversifié avec son lectorat, qui s’étend au fil du siècle à de nouvelles personnes : ouvrier, femmes, enfants. Or, la plupart du temps, ces voix et figures de lecteurs en journal sont fabriquées de toutes pièces : faux profils, rubriques convenues, individualisation artificielle d’une catégorie de destinataires, confusion entre les récepteurs et l’équipe de rédaction, etc. Les procédés varient entre les journaux qui donnent à voir des lettres de lecteurs, ceux qui exhibent l’interlocution elle-même et ceux qui jouent avec les discours supposés du lectorat. Ce dernier procédé conduit à examiner dans quelle mesure l’équipe de rédaction du journal se constitue, s’autodéfinit et se conforte à travers une rhétorique et une pragmatique concertées de la mention du lectorat : il s’agirait moins de donner la parole que de feindre de le faire, pour mieux s’exprimer dans l’entre-soi de l’espace déjà socialisé de la communication médiatique. Ce phénomène pose aussi la question d’une réception ressaisie à travers la textualité du journal et modulable par l’instance collective de production. Enfin, en créant son lectorat autant sinon davantage qu’il le désigne, le journal introduit de la médiation dans un discours adressé et, ce faisant, poétise les figures de destinataires et produit des effets de littérarité. On peut examiner la constitution des profils de lecteurs dans plusieurs périodiques de l’époque pour apporter des éléments de réponse à ces questions : - que nous apprennent ces stratégies discursives à propos de la collectivité du journal, attentive à programmer sa réception ? - dans quelle mesure les communautés médiatiques peuvent-elles véritablement accueillir le dialogue avec leurs lecteurs ? - y a-t-il des différences significatives entre petite et grande presses, la première étant certes davantage portée sur les logiques ludique et autoréférentielle, mais fonctionnant surtout en effectifs restreints dans sa production et sa réception ? [less ▲]

Detailed reference viewed: 22 (2 ULg)
Full Text
Peer Reviewed
See detailLittérature et sémiotique: histoire et épistémologie
Provenzano, François ULg; Bertrand, Jean-Pierre ULg; Stienon, Valérie ULg

in Signata. Annales des Sémiotiques = Annals of Semiotics (2015), 5(2014), 384

La question des liens entre sémiotique et littérature amène à poser un regard rétrospectif sur une période qui paraît aujourd’hui révolue. L’émergence de la sémiotique comme discipline institutionnalisée ... [more ▼]

La question des liens entre sémiotique et littérature amène à poser un regard rétrospectif sur une période qui paraît aujourd’hui révolue. L’émergence de la sémiotique comme discipline institutionnalisée est en effet contemporaine d’un profond changement de paradigme dans les approches du texte littéraire. Au cours de la décennie 1960, la rencontre entre sémiotique et littérature produit, en un temps très bref, un nombre considérable de concepts et d’instruments d’analyse, qui vont de la théorie du dialogisme et de la polyphonie à la sémanalyse en passant par la narratologie et la sémantique structurale. L'objectif de ce dossier est de saisir cette rencontre dans la perspective d’une histoire des idées, en éclairant ce qui, dans la conjoncture des années 1960, a pu favoriser la convergence, avant de la rendre caduque ou obsolète. Une place est également réservée aux témoignages pour laisser entendre, dans un souci d'historicisation, la voix d'acteurs importants de ces années sémio-littéraires: Philippe Hamon, le groupe Mu, Marc Angenot [less ▲]

Detailed reference viewed: 126 (9 ULg)
See detailLe livre au futur antérieur : les ambiguïtés d’un motif d’anticipation
Stienon, Valérie ULg; Barel-Moisan, Claire

Scientific conference (2014, November 28)

Les caractéristiques du récit d’anticipation en font un objet privilégié d’étude des enjeux culturels d’une époque dont il dépeint le tableau futur pour critiquer son état actuel ou s’en rassurer. Le ... [more ▼]

Les caractéristiques du récit d’anticipation en font un objet privilégié d’étude des enjeux culturels d’une époque dont il dépeint le tableau futur pour critiquer son état actuel ou s’en rassurer. Le genre de l’anticipation est ainsi enclin à articuler imaginaire social et extrapolations du présent, ce qui le porte à considérer, parmi d’autres aspects socio-culturels, la situation de la littérature. Il traite volontiers du modèle culturel lettré en questionnant son histoire, ses valeurs, ses acteurs et ses institutions. Le bilan qu’il en fait est généralement nuancé et négatif, prenant la forme de fictions dystopiques qui multiplient les alternatives audio-visuelles à l’objet-livre, doutent de Paris en tant que capitale des lettres et questionnent le paradigme de la France comme nation littéraire. Dès 1860, des romans et nouvelles parus pour la plupart dans la presse et les collections populaires développent de telles représentations en mots et en images. Outre l’œuvre d’anticipation d’Albert Robida, qui n’a pas seulement illustré La fin des livres d’Octave Uzanne (1895) mais aussi développé une réflexion d’ensemble sur l’avenir des pratiques littéraires et artistiques, notamment dans le Vingtième Siècle (1883) et La Vie électrique (1890), mentionnons Jules Verne et son Paris au XXe siècle (1994, écrit en 1863) ou Camille Flammarion avec La Fin du monde (La Science illustrée, 1893). Parmi les moins connus, signalons encore Joseph Méry, Les Ruines de Paris (1856) ; Alfred Franklin, Les Ruines de Paris en 4875 (1875) ; Didier De Chousy, Ignis (1883) ; Gustave Guitton, Ce que seront les hommes de l’an 3000 (1907) et Octave Béliard, Une expédition polaire aux ruines de Paris (Lecture pour tous, 1911). Dans ces œuvres encore peu considérées par la recherche universitaire, la littérature apparaît comme un bien culturel éminemment périssable et menacé, mais aussi comme un médium parmi d’autres au sein de pratiques en mutation qui réorganisent les tensions entre la création désintéressée et la production utilitaire. Si la littérature n’est pas le livre, le destin incertain de la première semble indissociablement lié à l’avenir du second. Des ambiguïtés significatives sont à examiner à ce propos : les scénarios fictifs envisagent une fin possible de la culture lettrée qui ne signe pas toujours la mort du livre et imaginent à celui-ci une survie sous des formes alternatives. Ces dernières révèlent un imaginaire médiatique du progrès et une inscription dans la société du spectacle émergente. Pour en rendre compte, on s’interrogera donc sur ce point crucial : y a-t-il disparition ou substitution du livre dans le corpus d’anticipation ? Sous cet angle, la lecture transversale permettra d’esquisser une typologie du livre au futur antérieur selon quatre aspects : (1) ses formes et supports (fragment vs volume, archive documentaire, hybride audio-visuel, objet technologique, etc.), (2) ses lieux matériels et symboliques (bibliothèques et cabinets, topographie urbaine, architecture dédiée), (3) ses usages (individuels vs collectifs, publics vs privés, informels ou ritualisés) et (4) les systèmes de classements dans lesquels il s’inscrit (hiérarchie des genres, valeurs, promotion ou contestation). Ces éléments d’analyse doivent permettre de rendre compte de l’empreinte complexe laissée au XIXe siècle par une certaine culture du livre dans une fraction de la production littéraire particulièrement perméable aux préoccupations et au discours social de son époque. Ils permettront de préciser l’importance assignée au livre dans son double aspect d’objet patrimonial et de vecteur de communication. [less ▲]

Detailed reference viewed: 68 (1 ULg)
Peer Reviewed
See detailLes îles (d')où fuir. Poétique croisée de la robinsonnade et de l'anticipation
Stienon, Valérie ULg

Conference (2014, October 17)

Il existe des parentés remarquables entre certaines caractéristiques du roman d’aventures et les premières fictions d’anticipation françaises. Il n'y a pas seulement que la notion d’"aventure" est floue ... [more ▼]

Il existe des parentés remarquables entre certaines caractéristiques du roman d’aventures et les premières fictions d’anticipation françaises. Il n'y a pas seulement que la notion d’"aventure" est floue, composant une catégorie infiltrante tenant de l’hypergenre ou du genre parasite, mais il existe aussi des propriétés communes formant un genre hybride de « science-fiction d’aventures» qui compose un corpus important, pourtant peu considéré par les études littéraires consacrées au récit d'anticipation. Envisagé sous cet angle, tout un pan de la production d’anticipation de la seconde moitié du XIXe siècle apparaît comme marqué par le déplacement géographique autant sinon davantage que par le voyage temporel, cultivant une plasticité qui permet dans certains cas des reprises à l’identique ou presque. Ce sont ces procédés d’hybridation qui font l'objet de cette communication, à partir d’un type de récits généralement considéré comme un sous-genre matriciel de l’aventure, la robinsonnade, considérée dans quatre romans du dernier quart du XIXe siècle: André Laurie, Les Exilés de la Terre; Georges Le Faure, Les Robinsons lunaires; Jules Verne, L'Île à hélice; Paul Adam, Lettres de Malaisie. [less ▲]

Detailed reference viewed: 30 (1 ULg)
Peer Reviewed
See detailLiterature through Technology. Depicting the Future of the Book from Verne to Barjavel
Stienon, Valérie ULg

Conference (2014, July 10)

French futuristic novels tend to develop a wide range of representations regarding the book of the future as it is impacted by technical inventions, from the phone to the digital paradigm through ... [more ▼]

French futuristic novels tend to develop a wide range of representations regarding the book of the future as it is impacted by technical inventions, from the phone to the digital paradigm through photography and film: Albert Robida’s “phono-livre” (La Vie électrique, 1890), Octave Uzanne’s “storyographe” powered by electricity from the human body, Henri Allorge’s “bibliophone” (Le grand cataclysme, 1922), Léon Daudet’s “cinébiblat” and “cinélivre” (Le Napus, 1927), Maurice Renard’s telepathic book (Un homme chez les microbes, 1928) or even René Barjavel’s “télélecture” (Ravage, 1943) among others. It is well known that the historical antagonism between Science and the Humanities deeply influenced the disciplinary boundaries and the respective values of the two fields. But it also appears that such a disciplinary discussion does involve the issue of the material and tangible forms of the book considered as an object. Futuristic novels put a specific emphasis on the acoustic, visual and tactile avatars of the book within a sociocultural context characterized by the rise of Applied Sciences and media communication. Do these new media and formats compete with or complement to the former book patterns? Are such representations of the book as an audiovisual item some response to the predicted decline of the Humanities? Or are they rather a means of asserting the faith in a new forthcoming kind of literature? Although science may badly affect literature so as to produce an impoverishing mechanization of literary style (Jules Verne, Paris au XXe siècle, 1863), it also gives a valuable opportunity to create more ergonomic formats for a wider distribution and a more easily handheld book. Since the late 19th century until WWII, many futuristic novels propose to consider the book as it is located at the junction of Science and the Humanities rather than in their dichotomous opposition. Regarded as a specific leitmotiv, such a topic of technological and transmedia conversions of the book leads to reconsider the evolution of the identity paradigm of France as a “literary nation”. It also gives the opportunity to investigate the discrepancies and coincidences between the conjectural scope of these futuristic novels and the factual history of technological advances. [less ▲]

Detailed reference viewed: 53 (0 ULg)
Peer Reviewed
See detailUn panorama du temps. Robida chroniqueur des Expositions universelles
Stienon, Valérie ULg

Conference (2014, June 19)

Robida est familier des Expositions universelles. Sa carrière de dessinateur-journaliste est en grande partie rythmée par les événements sociaux qu’elles constituent. Il illustre le démontage de ... [more ▼]

Robida est familier des Expositions universelles. Sa carrière de dessinateur-journaliste est en grande partie rythmée par les événements sociaux qu’elles constituent. Il illustre le démontage de l’Exposition de Paris de 1867 dans le Journal Amusant du 9 novembre 1867. Il est envoyé à Vienne comme dessinateur-correspondant du Monde illustré pour celle de 1873. Il visite l’Exposition de 1889 et en rend compte en double-page dans La Vie Parisienne du 11 mai 1889 (« Demandez, l’inauguration officielle de la Tour ! »). Enfin, il participe activement à l’Exposition de 1900 avec la reconstitution minutieuse, pendant près de deux ans, du « Vieux Paris », une attraction à succès située entre le Pont de l’Alma et la passerelle Debilly. En tant que manifestation très fréquentée, qui fait l’objet d’une abondante publicité et qui engage l’image d’une ville à dimension internationale, l’exposition dans ses diverses formes (universelle, internationale, industrielle) constitue un nouveau mode de communication et un lieu de sociabilité spécifique dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le chroniqueur, le journaliste et le dessinateur sont amenés à commenter et à représenter ce type d’événement célébratif qui implique tout à la fois une esthétique de la monstration, une rhétorique publicitaire et une réflexivité patrimoniale sur le siècle. Lieu de présentation de l’innovation, animé par un imaginaire du progrès technique et industriel, l’exposition a pu ainsi constituer une matrice féconde pour l’œuvre d’anticipation de Robida. Cette communication propose d’examiner ce que la production de Robida doit aux discours et aux représentations liés aux Expositions universelles dans les deux décennies de 1880 et 1890. Des thématisations explicites, des visites fictives en mots et en images, ainsi qu’un abondant intertexte d’actualité témoignent de ce rapport à un discours social qui traverse une œuvre conjecturale ambiguë. Si les liens thématiques du Vingtième Siècle à l’Exposition Internationale d’Électricité de 1881 sont bien connus, il faut aussi envisager les aspects de la production de Robida qui impliquent le support journalistique. C’est le cas des dessins de presse qui préparent de manière critique la réception des Expositions, comme le montre la couverture de La Caricature du 16 juin 1886 faisant, trois ans à l’avance, l’éloge paradoxal du projet de métro aérien coupable d’encombrer le ciel parisien. C’est aussi le cas des inventions moquées dans sa correspondance fictive avec le dessinateur Christophe entre 1896 et 1901 dans « La Boîte aux lettres » du Petit Français illustré, où Robida-Théodule Asenbrouck imagine des machines telles que la « pince-scie-brosse-polissoir électrique » pour découper la Lune en douze tranches afin d’éclairer les grandes capitales, en particulier la Ville-Lumière. L’Exposition constitue également un cadre de transposition fictive créatif, comme en témoigne le récit sériel Jadis chez aujourd’hui du Petit Français illustré, imaginant Louis XIV et sa cour transportés à l’Exposition universelle de 1889 et visitant la Galerie des Machines avec un regard décalé sur l’époque contemporaine. Des éléments graphiques et stylistiques récurrents résultent de ce commentaire journalistique des Expositions, à l’image d’une tour Eiffel dont un seul pied suffit à constituer un indicateur chrono-topographique symbolisant la modernité contestée. Enfin, on peut considérer comment Robida prolonge à sa manière des inventions existantes, notamment dans l’illustration du texte d’Octave Uzanne La Locomotion future, paru dans Le Monde Moderne en 1895, ou avec la voiture aéroplane déclinée à partir du quadricycle Daimler apparu à l’Exposition de 1889. Le dialogue attentif et moqueur de Robida avec les projets et les discours des Expositions universelles permet de reconsidérer l’humour de l’anticipateur en le situant plus résolument dans les registres satirique et fantaisiste propres à prendre en charge les facéties du « feu congelé », du « poney-vapeur » ou du « perce-brouillard à hélice nasale », que dans la seule prospective pessimiste d’un génial visionnaire. Cet angle d’étude de l’œuvre d’anticipation offre aussi l’occasion d’examiner la part de l’intertexte d’actualité intervenant dans une pratique générique, graphique et éditoriale du panorama temporel. Entendons par là la littérature des guides pour visiteurs d’Expositions qui renoue avec une tradition des Petits-Paris initiée dans la littérature « panoramique » des années 1840. Ces parcours-découvertes balisés et ces bilans des curiosités urbaines ne sont pas sans évoquer ceux auxquels contribue Robida dans Le Vieux Paris. Guide historique, pittoresque et anecdotique (une cinquantaine de dessins), dans l’illustration du guide satirique L’Exposition comique (Dentu, 1889) ou encore dans le récit illustré du Dix-neuvième Siècle. S’ils s’articulent à un passé patrimonial sous la forme d’un inventaire du siècle qui se regarde réflexivement, ils ont aussi pu contribuer à l’anticipation en associant scènes dynamiques et vues d’ensemble dans un parcours temporel indissociable de ses dimensions topographiques. [less ▲]

Detailed reference viewed: 71 (1 ULg)
Peer Reviewed
See detailDéfaire le discours d'autorité. Les 'Physiologies' à la limite de l'essai
Stienon, Valérie ULg

in Glaudes, Pierre; Lyon-Caen, Boris (Eds.) Essai et essayisme en France au XIXe siècle (2014)

Les Physiologies déferlent sous la Monarchie de juillet, alimentant les dépôts de pittoresques et prolongeant les caricatures en vitrine des passages parisiens. Si, presqu’un siècle plus tard, l’emprunt ... [more ▼]

Les Physiologies déferlent sous la Monarchie de juillet, alimentant les dépôts de pittoresques et prolongeant les caricatures en vitrine des passages parisiens. Si, presqu’un siècle plus tard, l’emprunt littéraire à la «physiologie» compose encore un effet de titre pour un essai théorique tel que la Physiologie de la critique d’Albert Thibaudet (1920), le petit genre du même nom, qui présente d’autres caractéristiques formelles et thématiques, n’est pas nettement défini par rapport à une conception et une pratique de l’essai. Au mieux peut-on lui trouver certaines parentés avec la chronique sous la forme de la notation des faits-Paris et avec une fiction d’actualité féconde en savoirs culturels et sociaux. Cette indétermination générique est particulièrement intéressante en raison de la diversité des paramètres poétiques et contextuels sur lesquels elle repose. Ce sont ces aspects qui font l’objet du présent parcours synthétique dans un corpus foisonnant, en préalable à une étude plus spécifiquement dédiée aux infinies nuances qui caractérisent ces textes. [less ▲]

Detailed reference viewed: 14 (0 ULg)